REFLEXION BUJINKAN

Les réflexions d'un Shidoshi-Hô


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Discussion sur « les Kamae »

Il y a quelque temps, j’avais posté un article sur les « Sanshi no Kata ». Dans cet article, les commentaires, ont glissé sur une discussion à propos des Kamae (postures). C’est pourquoi, je vais remettre ici, les commentaires concernés, afin que tous le monde puisse y avoir accès facilement.

Et éventuellement continuer la discussion avec des points de vues différents.

CLAUDE :

[…]

J’aimerais connaître votre point de vue sur les Kamae. Personnellement, je les vois comme des transitions dans l’exécution des techniques. Par exemple, le SanShin Sui no Kata peut s’exécuter en enchaînant Shizen no Kamae –> Hidari Bobi no Kamae –> Hidari Dokko no Kamae –> Migi Bobi no Kamae. Il est important de maîtriser les kamae afin d’avoir une posture et un équilibre solide, mais il faut en même temps être capable de les enchaîner avec fluidité, sans pause dans la séquence des mouvements et des déplacements.

Qu’est-ce que vous en pensez?

CEDRIC :

[…]

A mon sens, les Kamae ne sont pas figés. Ce sont des points de passages (un peu comme une photographie) à un moment T d’une technique et c’est pourquoi il est important de pouvoir les enchaîner avec fluidités.

L’apport des Kamae permets, en plus de la maîtrise/gestion de l’équilibre, d’apprendre à bouger et à se déplacer de manière efficace.

Au début de l’apprentissage, il est normal de grossir/styliser les Kamae (et même important), pour prendre les bons plis (un peu à l’idée d’un pantalon de costume que l’on met bien plier sur un cintre).

Arrivé à un certain niveau, je pense, qu’il faut réussir à passer les Kamae en les gommant, mais en gardant toutes leurs essences (se les approprier). Ceci afin de toujours être efficace. Et pour que lorsque l’on passe des techniques, elles soient facilitées par la mémoire corporelle (enregistrement moteur à force de répéter des séries de mouvements lors des entraînements).

Le fait de démarrer une technique dans tel ou tel Kamae, ne doit pas être un élément perturbant. C’est l’esprit ou l’attitude à avoir qui compte. C’est à dire, est-ce une technique que je dois pouvoir passer naturellement en marchant, donc en étant au neutre (Shizen no Kamae) ? Est-ce que mon attitude doit être défensive (Hichimonji no Kamae) ? Est-ce que je dois être sur mes gardes, prêt à réagir, mais sans être défensif pour autant (Gaisho no Kamae) ? Ou est-ce que je dois être dans une attitude de combat déjà engagé, donc offensif (Dokko no Kamae) ?

Bien sûr, les citations des Kamae ci-dessus, ne sont ni exhaustives, ni forcement à définir dans une attitude pré-définie. Ce ne sont que des exemples.

Bref, c’est ma façon de voir les Kamae […].

CLAUDE :

Très intéressant! J’apprécie particulièrement l’idée de considérer les kamae comme des « points de passage ». C’est une très belle image qui illustre à merveille ce qu’est un kamae! J’aime également l’idée d’exagérer les kamae au début de l’apprentissage afin de parvenir à s’imprégner de leur essence.

Vous mentionnez l’importance d’adopter une attitude de combat appropriée au kamae. C’est un aspect du Bujinkan que je ne connais pas très bien. Par ailleurs, j’ai l’impression que le lien entre l’attitude de combat et le kamae peut être subjectif, en particulier lorsqu’on parle « d’être sur ses gardes sans être défensif ». Au delà des attitudes franchement offensive ou défensive, dans quelle mesure est-il important de développer et cultiver des attitudes plus nuancées? Comment ces nuances influencent-elles l’efficacité d’une technique?

[…]

CEDRIC :

Effectivement, c’est complétement subjectif et à voir au cas par cas.

Après, pourquoi travailler des attitudes plus nuancées ? C’est une bonne question !

Pour répondre, je suis tenté de dire, que c’est pour habituer le corps à réagir, le plus naturellement possible en toutes occasions.

Que l’utilité se voit surtout à partir d’un certain niveau. Quand on commence à ressentir des choses et à voir la corrélation de tout ce que l’on a vu (dans nos bases), avec des applications pouvant être mis en pratique sur de la self-defense.

En self-defense, à mon sens, il est important d’apprendre quelques moyens de préventions élémentaires et les différentes façons physiques/verbales d’éviter que les situations de conflits s’enveniment en agressions physiques. Mais aussi comment réagir si nous n’avons pas le choix, pour tenter de sauver notre vie (beaucoup, ne se contente que de ce dernier aspect). Touts les actes, dans ces moments là, seront purement instinctifs et irréfléchis, avec un brin d’adrénaline.

C’est pourquoi dans la partie pratique, il est à mon sens important d’apprendre à bouger à partir d’une position naturelle neutre (comme Shizen no Kamae), pour faire suite par exemple à une agression inopinée lorsque l’on marche dans la rue. Ou encore, d’être sur une position d’attente ou de vigilance (comme Gaisho no Kamae) pour faire face à quelqu’un que l’on trouve agressif ou bizarre et qui nous interpelle (ou non). Sans pour autant envenimer les choses (ce qui pourrait être le cas d’une position défensive ou agressive), mais en restant prêt à réagir.

Puis je dirais, que ces Kamae, ont l’avantage de permettre de réagir assez vite à droite, comme à gauche. Et que l’instinct se fixant sur ce que l’on connait, les drills dans ces positions peuvent être utiles. En tout cas, une fois devenue naturelle dans la forme de corps et intégré dans la mémoire corporelle. C’est un peu la même chose que les militaires qui font des drills de combat pour pouvoir être prêt sur le terrain en opération. D’expérience, on ne réfléchit pas, on fait ce que l’on c’est entrainé à faire et à répéter sans relâche. Ce sont des automatismes.

Si l’on reste sur une pratique plus traditionnelle (ce qui est mon cas au dojo), ça me parait bien de commencer dès le début à travailler aussi à partir de ces positions. Afin que les acquis soient déjà présents dans la mémoire du corps, qu’il ne reste plus qu’aux pratiquants à murir et à s’apercevoir de toutes les possibilités offertes par la suite.

Mais attention, comme je le dis toujours, ce n’est que ma façon très personnelle de voir les choses.

Je ne crois pas que sur ce sujet, il y est quelqu’un qui soit plus dans le vrai ou le faux qu’un autre, mais que nous prenons tous des chemins différents suivant nos vécus et notre recherche dans la pratique.

CLAUDE :

Effectivement, l’intégration des kamae dans la pratique est très personnelle. De mon côté, j’attache moins d’importance à l’attitude inspirée par les kamae et plus à leur utilisation comme moyens de diriger l’apprentissage des mouvements.

Vous avez peut-être déjà lu l’article suivant tiré d’un autre blog: http://bujinkangard.wordpress.com/2011/03/14/kamae/ Il présenterait, selon l’auteur, le point de vue de Soke Hatsumi sur le sujet. Il dit notamment: « (…) The kamae themselves are mere guides or suggestions for the most effective use of the body weapon. As such, they are physical attitudes, and are by no means to be adhered to in precise imitation. Each individual body, with its unique configuration of muscle and bone alignments will naturally determine it’s own pragmatic and comfortable variations of the basic fighting postures. As the student progresses, the kamae become less and less significant as specific poses, as they are gradually assimilated into the character of the individual. Once these fundamentals are internalized, the most advanced fighting posture becomes a “no fighting posture.” « 

Votre point de vue rejoint donc celui de Soke Hatsumi.

CEDRIC :

Oui je connais cette article… depuis hier.

N’étant pas anglophone j’en ai fait une traduction via le traducteur google, et je me suis dit, que ça coller avec mon point de vue.

Que l’on y retrouvait pas mal d’éléments déjà cités sur mes précédents commentaires.

Merci Claude, pour la citation de Soke.

SEBASTIEN :

Avec un brin d’imagination, je suis convaincu qu’on peut prendre n’importe quel kamae et l’adapter à une situation afin de prendre une posture défensive sans avoir l’air menaçant!

Par exemple, on peut modifier juumonji no kamae en rentrant les poings sous les bras comme tout occidentaux fait couramment. Ce qui permet d’avoir une posture de défense sans avoir l’air sur ses gardes.

Un petit lien exemple :

http://www.youtube.com/watch?v=OZW7Bg6Uf4w

CEDRIC :

C’est aussi une solution que j’aime bien, mais que je travail moins souvent.

On est énormément à avoir un jour croisé les bras en attendant à un arrêt de bus ou ailleurs. C’est totalement naturel comme position pour beaucoup. Alors pourquoi pas la travailler pour habituer le corps… ;)

L’avantage de cette position à mon sens et de pouvoir déplacer les mains, avec rapidité et instinctivement, autant vers les parties basses, que vers le haut de l’adversaire.

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L’apprentissage des techniques

Aujourd’hui, nous allons essayer de mettre des mots sur ma vision de l’étude des enchainements techniques.

Dans le Bujinkan Budô Taijutsu (et les arts martiaux en général), nous voyons des gestes de bases (clés, torsions, déplacements, blocages,…). Quand chacun de ces gestes est mis bouts à bout on aboutit à une technique.

C’est à partir de là, que selon notre niveau d’apprentissage (avancé ou débutant), il peut exister deux stades d’étude et de compréhension à mon sens.

  • Le premier stade d’étude, concerne le travail du geste lui-même. Geste par geste, l’on doit apprendre sa maîtrise et quelque soit son niveau, on arrive toujours à apprendre des choses en passant l’enchaînement technique (selon un placement ou une orientation différente, un approfondissement de la connaissance mécanique, la réaction provoquer,…).
  • Le second stade d’étude, lui concerne les plus avancés (même s’ils doivent continuer à travailler le premier). Une fois que les gestes de bases sont maîtrisés, de façon à pouvoir réaliser les enchaînements techniques sans focaliser dessus. La recherche tient plutôt du principe. Celui de faire la technique en partie seulement, et de pouvoir passer sur une autre, selon les réactions de celui qu’ils ont en face d’eux. Savoir détecter les différentes possibilités qui s’offrent.

A termes, quelque soit la technique, il faut savoir s’adapter et en changer.

Lors d’un cours, il est important que les étudiants débutants, restent sur l’étude de la technique proprement dites. Qu’ils étudient, le geste principal contenu dans celle-ci, les déplacements, les postures de bases, la hauteur du centre de gravité, qui feront la réussite de l’enchaînement technique. Il faut qu’ils cherchent uniquement à s’adapter aux différentes morphologies de leurs partenaires.

Le fait de vous forcer à passer les enchaînements techniques en utilisant les positions de bases (kamae), un peu plus rigide dans l’apprentissage, vont faire acquérir à votre corps les bons automatismes pour vos déplacements.

Pour les pratiquants plus avancés, après avoir appris la maîtrise du geste. Il faut qu’ils travaillent sur une recherche de leurs propres sensations et celles qu’ils transmettent à leurs partenaires. Qu’ils effectuent un travail, sur comment, améliorer défensivement et offensivement leurs techniques (en réajustant simplement l’axe d’un coude, en replaçant une jambe dans un axe non dangereux,…). Et qu’ils travaillent le changement d’une technique à l’autre selon les réactions de celui qui est devant eux,

Cela, parce-qu’aucun enchainement ou geste technique n’est sûr à 100%. Ce qui marche sur quelqu’un, ne marchera pas sur d’autres. Même si une technique passent dans un grand nombre de cas, il y aura toujours des exceptions. Chaque individu, chaque situation est différente.

Le Bujinkan Budô Taijutsu est une école d’adaptation.  Au fur et à mesure que vous progresserez, vos postures et vos gestes deviendront de plus en plus inexistantes, ils s’effaceront pour ne contenir que l’essentiel. C’est à partir de là, que vous pourrez passer des gestes sans réfléchir et quitterai réellement une étude traditionnelle, pour aller à une étude plus pragmatique et efficace.

Il ne faut pas voir les techniques, comme des applications strictes devant être efficaces. Elles ne servent qu’à apprendre, habituer nos corps et étudier les différentes possibilités qui s’offrent sur une réaction/une position dans l’espace prédéterminée. L’efficacité, viendra plus tard, avec le fait de pouvoir vous adapter aux différentes réactions instantanément.

Malgré tout ça, il ne faut pas vouloir aller trop vite dans l’apprentissage et laisser le temps faire. Ce n’est pas vous ou votre instructeur, qui choisirez où vous en êtes dans votre apprentissage, c’est votre corps et votre cerveau.

Le Bujinkan Budô Taijutsu, c’est aussi, une école de persévérance, dont le temps d’apprentissage peut être très long selon les pratiquants et qui peut durer toute une vie.

Cédric VARESANO
Shidoshi-hô du Bujinkan Budô Taijutsu


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Le livre « Buki Waza »

Cet article a été retiré suite à la demande des Auteurs.

[…] Le Buki Waza a été retiré des ventes depuis plus d’un an maintenant et Budomart n’est pas autorisé à le vendre. […]

[…] Si nous avons retiré des ventes le Buki Waza c’est parceque nous ne sommes plus d’accord avec sont contenu […]

Estelle Padeloup
Bujinkan Dojo Montréal


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Les livres du « Bujinkan Budô Densho »

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Il s’agit d’une série de 7 livres fait par le « Bujinkan Budô Densho » et plus particulièrement Carsten Kühn (textes) et Tommy James Peters (planches).

Ils présentent les différentes techniques de chaque école avec un petit descriptif et une série de planches de dessins. On y trouve aussi l’historique des écoles, les kamae et les différentes frappes rattachés à chacune d’elles.

A mon sens, ils sont pas mal fait et intéressant comme aide-mémoire. Je m’en aide assez souvent pour trouver des idées lors de mes sessions de cours un peu plus technique. D’ailleurs, je pense qu’il s’agit plus de cahiers de travail que de livres.

Pour les débutants, ces livres ne serviront pas à grand chose, à part s’instruire un peu. Il faudra déjà avoir travaillé les bases, voir les techniques, pour pouvoir avoir une idée de comment les interpréter.

Les 7 livres se répartissent ainsi :

  • volume 1 = Gyokko Ryû Kosshijutsu
  • volume 2 = Kukishinden Ryû
  • volume 3 = Togakure Ryû Ninpô, Gyokushin Ryû Ninpô, Kumogakure Ryû Ninpô
  • volume 4 = Kôtô Ryû Koppojutsu
  • volume 5 = Shinden Fûdo Ryû – Jûtaijutsu
  • volume 6 = Shinden Fûdo Ryû – Dakentaijutsu
  • volume 7 = Takagi Yoshin Ryû

Ces livres existent en version : anglaise, allemande, italienne, espagnol

Comme d’habitude, et ce que je déplore souvent pour les livres et DVD, il n’y a pas de traduction française existante.

Vous pouvez trouver ces cahiers de travail, sur les sites Amazon des pays concernés (Royaume-Unis, Etats-Unis, Allemagne, Italie, Espagne) en fonction de la langue qui vous intéresse.

Cédric VARESANO
Shidoshi-hô du Bujinkan Budô Taijutsu