REFLEXION BUJINKAN

Les réflexions d'un Shidoshi-Hô


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Le livre « L’esprit du geste, petite sagesse des arts martiaux »

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Ce livre écrit par Arnaud Cousergue est une autobiographie, où il essaye de mettre noir sur blanc quelques ressentis au travers de sa pratique des arts martiaux et présente ce qu’il a connu du Bujinkan (sans être précis pour autant).

Il est moins tranché que ce que l’on voit généralement de l’auteur lors de ses actes/paroles dans les séminaires/stages du Bujinkan, ou les « on dit » que nous avons entre pratiquants. Ce qui en fait un livre intéressant, d’une lecture facile et rapide !

L’auteur précise que dans les années 90, il a bien changé de nom au niveau de la discipline. En allant dans le sens de la demande de Soke Hatsumi Masaaki, le nom changea de « Bujinkan Ninpô Taijutsu » en « Bujinkan Budô Taijutsu ». Mais que le fait de ne plus avoir de relation avec le ninjutsu, lui a fait perdre plus de la moitié de ses élèves d’une saison à l’autre. (Voir l’article « Le Bujinkan et le Ninjutsu »).

Il y a aussi une partie du livre que j’ai particulièrement aimé, qui parle d’une vision stratégique à partir du Ten, du Chi et du Jin… mais je vous laisse découvrir tout ça de vous même, en parcourant ce livre.

Volontairement, j’ai éviter au maximum, de porter un avis personnel à propos de l’auteur et j’ai essayé de jugé seulement son livre.

Je vous demande de ne traité que de cet ouvrage dans vos commentaires et de ne pas émettre de jugement sur l’auteur, afin d’éviter les polémiques.

Vous pouvez trouver ce livre sur Amazon.fr

Cédric VARESANO
Shidoshi-hô du Bujinkan Budô Taijutsu

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Le Taijutsu

Ce mot de « Taijutsu », que vous évoque-t-il ?

Les techniques de combats à mains nues me direz-vous ?!
Et bien vous aurez raison !

Essayons de pousser un peu plus notre réflexion sur ce mot.

C’est donc un terme générique, qui désigne les techniques à mains nues. Il faut savoir, que les mots « Taijitsu » et « Tai-Jitsu » sont exactement la même chose. L’origine de cette différence, viens simplement d’un défaut de prononciation des caractères Japonais, lors de leurs diffusions dans le monde. Ces trois mots s’écrivent de la même façon (au Japon).

Donc dans d’autres disciplines que le Bujinkan Budô Taijutsu, si vous entendez ces mots, ne soyez pas perdu. Il s’agit des techniques de combats à mains nues. Qui à l’origine étaient rattachées à chaque Ryu-Hâ (école traditionnelle).

Ce défaut de prononciation, se retrouve dans d’autres mots, comme par exemples Jûjutsu, Jûjitsu, Jû-jitsu ou de Jiû-jitsu. Si vous entendez un de ces quatres mots, il s’agira du combat rapproché.

Le Taijutsu se composent de trois groupes de techniques :

  • Le Dakentaijutsu
  • Le Jutaijutsu
  • Le Taihenjutsu

Le « Dakentaijutsu » est l’ensemble des techniques, à bases de blocages et de coups frappés sur certaines localisations du corps humain. Ces localisations peuvent être osseuses (Koppōjutsu), musculaires (Koshijutsu) ou sur le circuit énergétique/nerveux (Kyushojutsu).

Le « Jutaijutsu », rassemble les techniques de projections, de contrôle, de clefs et de luxations.

Et enfin, le « Taihenjutsu » comprend tous ce qui concerne le corps en lui-même. C’est à dire les déplacements, les roulades et les brises chutes, les évasions, les postures, etc.

On remarque lorsque l’on décrit ces différents groupes, que le Dakentaijutsu se rapproche du Kenpô (combat pied-poing, ancêtre du Karaté). Le Jutaijutsu se rapproche du JûJutsu (combat rapproché, ancêtre du Judo) et que le Taihenjutsu concerne tous ce qui est en rapport étroit avec le pratiquant et son corps.

Mais alors pourquoi notre discipline, qui s’appelle « Bujinkan Budô Taijutsu », ne comporte-t-elle pas que du combat à mains nues ? Pourquoi ce nom de Taijutsu dans la nomination de notre discipline ?

Voici une bonne question, à laquelle, je ne peux qu’élaborer des théories (en tout cas, à mon niveau).

Le « Ten Chi Jin » (programme technique officiel de Soke Masaaki Hatsumi) quand on le regarde, ne comporte que des techniques à mains nues. C’est ce programme, qui fait référence pour l’apprentissage des bases du Bujinkan jusqu’au 1° Dan. D’où, je suppose le nom de Taijutsu ?!

Bien qu’il est courant d’étudier les différentes armes, dès le début de notre pratique et avant de maîtriser les bases du Ten Chi Jin correctement. Il ne faut pas perdre de vue, que les armes se travaillent avec les mêmes principes que le Taijutsu. Il est donc important de les connaître pour pouvoir pratiquer correctement avec. Il faut noter, malgré tout, que chaque arme à sa propre spécificité lorsqu’on l’utilise (distance, postures,…).

Mais pourquoi, n’y a-t-il pas d’enseignement avec les armes dans le programme officiel de Soke ? Peut-être que dans son esprit, les armes ne sont qu’un outil servant à améliorer notre Taijutsu ou bien il estime, que c’est un travail qui doit venir plus tard, une fois les bases suffisamment acquises ?

Voilà, une courte réflexion et quelques questionnements, qui me semblent intéressants…
Peut-être que quelqu’un sera en mesure de nous donner des réponses ?!

Cédric VARESANO
Shidoshi-hô du Bujinkan Budô Taijutsu


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Le livre « Buki Waza »

Cet article a été retiré suite à la demande des Auteurs.

[…] Le Buki Waza a été retiré des ventes depuis plus d’un an maintenant et Budomart n’est pas autorisé à le vendre. […]

[…] Si nous avons retiré des ventes le Buki Waza c’est parceque nous ne sommes plus d’accord avec sont contenu […]

Estelle Padeloup
Bujinkan Dojo Montréal


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Qu’apporte le Bujinkan ?

C’est une question, que j’avoue m’être posé que de façon succincte. Sans vraiment cherché de réponse précise à cette question, depuis les quelques années que je pratique. Je me suis, simplement, laissé porter par le bien être que je pouvais ressentir.

Au mois d’octobre l’année dernière, c’est une question qui m’a été posé lors d’une interview radio et rebelotte la semaine dernière par une journaliste du Dauphiné Libéré.

C’est suite à cela, que j’ai décidé d’y réfléchir sérieusement et c’est le pourquoi de cet article.

Je pense, que le Bujinkan Budô Taijutsu, apporte des choses différentes d’une personne à l’autre.
Selon la façon de pratiquer, la régularité des entraînements, la propre sensibilité du pratiquant et les raisons qui l’on emmener vers la discipline.

C’est pourquoi j’essayerai de faire le tour de la question d’une façon global.

Nous pratiquons un art martial, qui n’a pas dégénéré en sports de combats (comme le Karaté ou le Judo), grâce à l’absence de compétition. Ce qui à pour conséquence, un entraînement physique peu poussé. Il s’agit principalement d’entretien physique et rarement de véritable renforcement musculaire.

Toutefois, les quelques abdos, pompes, gainages et autres joyeusetés physiques que nous effectuons, suffisent à nous sentir bien physiquement. Lors des cours, nous avons aussi quelques étirements/assouplissements, qui nous aident à garder le minimum de souplesse dont le corps a besoin. Le but rechercher par l’entretien physique est le bien être !

Dans l’entraînement technique, nous interagissons avec uke, en recherchant la meilleure manière de nous mouvoir. Nous avons parfois mal (par exemple sur les clés/torsions, les frappes sur certains kyusho). Nous recherchons, parfois, à créer une désorientation (sensorielle, psychologique).

On peut alors dire, que le Bujinkan nous apporte, une meilleure compréhension et gestion de l’espace, une maîtrise du geste, un apprentissage de la douleur et un dépassement de ses limites physiques et psychologiques.

Au fur et mesures des années de pratique, on voit que certains mouvements (dans un sens général), certains principes que nous étudions, peuvent s’effectuer dans certains cas plus réel. Cette réalité, c’est notamment la self-defense.

Se serait mentir, si l’on disait qu’un débutant, pourrait transposer la totalité de ce que nous apprenons sur la self-defense. Mais les principes de bases, qui sont d’aller au plus simple, là où ça fait mal (yeux, testicules, rotules,…) et de s’enfuir avant que l’agression s’envenime d’avantage. Resteront les mêmes, quelque soit la discipline que l’on adoptera dans l’objectif de travailler l’acquisition de réflexes pour la self-defense. Ce qui se rapporte à notre discipline et qui sera long à venir, concerne principalement les déplacements et la gestion de la distance.

Personnellement, pour avoir testé cette année en cours. Le travail le plus intéressant en self-defense, et d’avoir des attaques variés provenant de différentes disciplines (ou d’instinct) et à vitesse proche du réel (ce qui se rapproche le plus possible de la réalité). Mais j’y trouve sans intérêt, tant qu’un niveau minimum n’est pas atteint dans le Bujinkan. Par contre, il est possible de travailler les bases que j’ai cités dans le paragraphe au-dessus. Il existe d’autres principes de bases en self, qui tiennent plus de la prévention, et que je laisse volontairement de coté sur cet article (en self-defense, la plus grosse partie passe par la prévention).

On trouve aussi des choses qui peuvent servir dans la vie de tous les jours. Comme par exemple, les ukemi (roulades/brises-chutes). L’hiver dernier, un élève est venu me voir et m’a dit : « je ne pensais pas que ça pourrait servir un jour. Mais j’ai glissé ce matin sur une plaque de verglas, et j’ai eu le réflexe de faire une roulade comme on les a apprise. Ça m’a éviter de me faire mal. »

Quand on pousse un peu plus loin dans l’apprentissage de la discipline, on voit que chaque année, Soke Masaaki Hatsumi, lance des sujets/thèmes un peu plus spirituel/philosophique.

J’entends par là que Soke, cherche peut être à nous enseigner une façon de voir les choses ou de les vivres, à travers ce qu’il peux dire (ou écrire dans ses livres). Pour nous aider à améliorer notre pratique du Bujinkan et notre humanité. Il nous laisse lire entre les lignes, chacun de notre coté (ou parfois avec quelques précisions, donné aux Shihan qui ont pour rôles de relayer l’infos aux autres pratiquants, qui n’ont pu avoir la chance d’aller s’entraîner au Japon).

Par exemple, il y a quelques temps, on a beaucoup parlé du « Kokoro » (qui se traduit par « cœur ») et de tous ce qu’il y a autour (les autres définition pouvant être donner à ce mot, les différentes interprétations,…).
Avec ma sensibilité personnel, je pense qu’il a voulu (entre autre) lancer un appel, pour que les pratiquants pensent (et pratiquent) d’avantage avec le cœur, plutôt qu’avec la tête ou le portefeuille (malheureusement ça existe). Que nous ayons un esprit ouvert avec les autres et recherchions une certaine compréhension. C’est aussi, peut-être un appel à la paix et à l’honnêteté entre pratiquants, mais aussi envers lui (et les enseignements qu’ils nous donnent).

Il est possible que je sois dans le faux, concernant cette interprétation ?!
C’est pourquoi votre interprétation m’intéresse également sur ce sujet, si elle est différente.

Voilà, je crois avoir fait le tour général et expliquez les différentes façettes du Bujinkan Budô Taijutsu.

Cédric VARESANO
Shidoshi-hô du Bujinkan Budô Taijutsu


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Les Sanshin no Kata

Les Sanshin no Kata, autrement dit les Gogyô, ou encore les 5 éléments en français. Appartiennent à l’école Gyokko Ryû et sont une des principales bases du Bujinkan Budô Taijutsu.

Il est vrai qu’au début, quand on commence notre discipline, on peut se dire que ce n’est qu’une série de mouvement que l’on répète souvent et que l’on va nous demander de connaître.

Mais c’est bien plus que ça en réalité !
Ces mouvements, on comme but de vous apprendre à frapper et à vous déplacer.

Vous remarquerez, que plus on avance dans l’apprentissage, plus les Sanshin no Kata peuvent devenir complexe. Je n’entend pas par là que les gestes soit différents, bien au contraire, il reste totalement identique au sein d’un dojo. Et du coup, pour le novice, cela ne sera pas flagrant. Il ne le verra pas forcement, par contre, il pourra le ressentir.

Il est à noté, que d’un dojo à l’autre, parfois des petits détails changent dans l’application des Sanshin no Kata. C’est souvent selon le feeling du ou des professeurs. Certains seront plus sur un axe traditionnel, d’autres plus axés sur la self-defense, ou d’autres encore chercheront ce qu’il y a de plus pédagogique. Mais comme je le dis, il s’agit de détails, vraiment minimes. Ce sera, généralement, le même mouvement qui changera dans tous les dojo. Il s’agit de celui qui concerne votre main arrière, lors des blocages en Jodan Uke lors de Sui et Ka no Kata.

Fait seul, les Sanshin no Kata, servent à travailler les kamae et les détails des frappes. Par exemple, sur le Shuto Ken il faudra fermé la main à moitié, ou encore rapprocher le petit doigt, du pouce tout en resserrant les autres doigts sur le Sanshi Ken. Ces deux gestes anodins auront le même objectif, celui de resserrer les métacarpes de la main pour éviter de se faire mal ou de se casser quelque chose lors d’une frappe. On pourra aussi travailler, la déviation légère de l’axe d’attaque supposer de uke, en fléchissant le genou (en prennant garde de ne pas dépasser les orteils, pour éviter de le léser) et en tournant légèrement les hanches, tout en appliquant les blocages Jodan et Gedan Uke.

Au bout d’un certains temps de pratique (différents pour chacun d’entre nous), les principes que vous avez appris, seront mis en pratique de façon naturelle. Principalement lorsque vous travaillerez à deux. Et c’est là que les Sanshin no Kata, vous délivreront une partie de leurs secrets au fur et à mesure que vous progresserez.

On pourra alors voir, que l’on travaillera de façon à avoir une utilisation efficace des hanches et de l’ensemble du corps, dans toutes nos frappes et déplacements. Et ce n’est pas une mince affaire que cela, c’est le plus difficile à acquérir pour beaucoup.

Vous verrez aussi, d’une façon toute automatique, comment vous placez afin de pouvoir par un acte réflexe, enchainé sur une suite technique et ne pas vous mettre en danger. Il faut toujours avoir en tête, qu’une technique n’est pas une fin en soi. Et qu’il faut pouvoir partir sur des variantes ou simplement continuer, en fonction de ce que peux faire votre adversaire.

Sur Chi no Kata (l’élément Terre), il pourra y avoir une application de la notion d’absorption par le point 0.

Puis, sur Sui no Kata (l’élément Eau), les mouvements, deviendront des déplacements et des frappes efficaces, dans un axe circulaire autour de la jambe avant (et de uke).

En ce qui concerne Ka no Kata (l’élément Feu) et Fû no Kata (l’élément Vent), les déplacements se feront en comblant les vides (voir l’article dédié au Vide), afin de pouvoir choisir de prendre l’équilibre de uke.

Et pour Kû no Kata (l’élément Vide), on cherchera à créer l’illusion d’une attaque, à attirer la vue de l’adversaire sur un point, afin d’attaquer ailleurs.

Ceci n’est pas une liste exhaustive de ce qui peut être chercher lors de l’application des Sanshin no Kata. Moi même d’ailleurs, n’en détient pas tous les secrets et il m’en reste encore beaucoup à trouver. Puis en plus, des détails que j’oublie volontairement (pour certains) ou non (pour d’autres) de cités. Tout n’est pas explicable par écrit, il faut ressentir les choses !

Bref, il est vraiment utile de travailler régulièrement vos Sanshin no Kata. C’est un travail très long, mais après tout, le Bujinkan Budô Taijutsu est une école, une voie même, de persévérance et de patience.

Cédric VARESANO
Shidoshi-hô du Bujinkan Budô Taijutsu


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Le Bujinkan et le Ninjutsu

Lorsque l’on parle de « ninjutsu » on fait souvent le rapprochement avec les différents ensembles d’écoles issues du Takamatsuden que sont le Jinenkan, le Genbukan et le Bujinkan.

Nous parlerons plus précisément du Bujinkan, cela va de soit, mais les réflexions et les questionnement qui suivent sont valables pour les deux autres disciplines.

Il est vrai que le Bujinkan se compose de 9 écoles d’arts martiaux différentes, dont 3 de ninjutsu. Il s’agit des écoles « Togakure Ryu Ninpo », « Gyokushin Ryu Ninpo » et « Kumogakure Ryu Ninpo ».

Il faut savoir que la principale des 3 écoles qui a été enseigné, fût le « Togakure Ryu Ninpo ». Ce fût d’ailleurs le thème de l’année 2008.

Toutefois est-ce que les pratiquants du Bujinkan, pratique le ninjutsu ?

Pour se faire une vague idée d’une réponse, il faut d’abord replacer certaines réalités et certains contextes.

Hatsumi Masaaki Soke, lorsqu’on lui a posé la question,  a dit ne plus enseigner le ninjutsu depuis plus de 15 ans. Lorsqu’il a tenu ces propos, cela correspondait au changement de nomination du Bujinkan.

Notre discipline a évolué avec le temps. Elle c’est nommé « Bujinkan Ninpo Taijutsu » pour enfin aboutir vers 1995-1996 à l’actuel nom de « Bujinkan Budo Taijutsu ».

Ce qui est sûr c’est qu’à l’heure actuelle, nous sommes tous diplômé de « Bujinkan Budo Taijutsu » et pas d’autre chose sur nos diplômes délivrés au Japon par Masaaki Hatsumi Soke.

Aujourd’hui, quand on parle de l’école « Togakure Ryu », c’est surtout par rapport à des principes ou des déplacements applicables par transposition aux 8 autres écoles que nous apprenons. Peu de dojos pratiquent les techniques contenues dans cette école qui comprend aussi la grimpe et la dissimulation.

Nos plus anciens instructeurs, qui doivent être autour de 25 ans de pratique me semble-t-il (en France), ont aussi évolué et suivent les enseignements actuels de Maître Hatsumi et non les enseignements d’il y a presque 18 ans maintenant. C’est une certitude !

Il est connu aujourd’hui que le ninjutsu se compose au minimum de 18 apprentissages différents (et voir bien plus selon les écoles). Dans les clubs enseignants le Bujinkan, nous pouvons dire que nous étudions le plus souvent, un maximum de 6 des 18 apprentissages :

  • le tai jutsu (combat à mains nues),
  • le ken jutsu (escrime au sabre),
  • le bo jutsu (escrime au bâton),
  • le shuriken jutsu (lancer de lames),
  • le yari jutsu (escrime avec lances)
  • le naginata jutsu (escrime avec hallebarde).

Pouvons-nous dire qu’en apprenant qu’une si petite partie de ce qui compose le ninjutsu, nous le pratiquons réellement ?

Le fait d’appeler notre discipline, « ninjutsu » ou encore « ninjutsu du Bujinkan » n’est-il pas réducteur, puisqu’il s’agit seulement de 3 écoles sur les 9 qui la compose ?

Au sein de la Fédération Française du Sport Travailliste (FFST), les dojos du Bujinkan ce sont regroupé sous la nomination « ninjutsu » depuis 2012. Mais ne devrait-ils pas être regroupés plutôt sous le nom réel de la discipline, le « Bujinkan Budo Taijutsu » ?

L’appellation « ninjutsu » n’est-elle pas employé à toutes les sauces aujourd’hui ? Est-ce simplement une dérive à but commercial ? Cela ne porte-t-il pas un discrédit sur le Bujinkan ?

Beaucoup pratiquent sans se poser de question, et disent pratiquer le « ninjutsu », parcequ’il en a toujours était ainsi, depuis qu’ils sont arrivés dans la discipline et qu’ils l’ont toujours entendu. Pourquoi pas, j’ai été de ceux-ci jusqu’à maintenant.

Hors passionné par le « Bujinkan Budo Taijutsu », j’essaye maintenant d’aller plus loin que le seul apprentissage technique. Il en découle quelques questions légitimes, en observant ce qui se passe autour de notre discipline et de son passé.

Je sais que ce texte risque d’être un pavé dans la marre pour certains, mais je crois qu’il serait bien, d’être honnête envers nous même, concernant ce que nous pratiquons. Et de se poser les bonnes questions pour faire progresser le Bujinkan dans un sens positif.

Cédric VARESANO
Shidoshi-hô du Bujinkan Budô Taijutsu

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Rajout du 08  novembre 2014
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Voici une série de vidéos, d’interviews en provenance de l’Université de Mie au Japon.

Elles complètent la première vidéo du Professeur Yamada, posté lors du « rajout du 05 janvier 2014 ».

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Rajout du 05  janvier 2014
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Voici une vidéo, présentant une interview du Professeur Yamada. Directeur de recherche à l’Université de Mie au Japon.

Il explique notamment ce qu’est le Ninjutsu pour les Japonnais. Et à mon sens, il n’y a pas mieux placer pour en parler, que les Japonnais eux mêmes.

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Rajout du 15 octobre 2013
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Un peu de sémantique Japonnaise :

« Ninjutsu » est un terme apparu au 17 ème siècle, période d’Edo où les ninjas disparaissent. On parlait plutôt avant de shinobi no jutsu (même termes mais avec une lecture différente du kanji shinobi).

« Ninpô » est un terme également apparu à Edo et se rattache aux représentations du ninja dans le théâtre kabuki et les estampes de cette époque. J’ai demandé à Mr.Kawakami qui m’a dit avoir lu un document ancien où le terme « 忍法 »est écrit, mais il est peu probable que ça se lisait « ninpô » et le sens en serait alors également différent.

Guillaume Lemagnen (chercheur à l’université de Mie au Japon)


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Le Vide

Qu’est ce que nous évoque le vide au Bujinkan ??

C’est un des 5 éléments japonnais, que l’on retrouve donc dans les « sanshin no kata » (ou gogyo). Il est le dernier des 5 généralement dans l’ordre d’apprentissage et s’appelle « Kû no kata ».

Le vide évoque aussi des principes basés sur la désorientation sensorielle et réflexe de uke:

  • s’effacer pour provoquer un déséquilibre (le célèbre principe du kûkan)
  • attirer l’attention pour attaquer ailleurs dans un quasi même moment
  • etc…

Mais à part ces facettes connues et souvent travailler, « le vide » m’évoque aussi la façon dont il se comble.

Souvent, et c’est surtout flagrant quand on travail avec les armes, je dis à mes élèves : « penser à combler les vides ».

Sur les clés, avec le hambo, il faut combler les vides pour que les clés/torsions soit efficaces. J’entends par là, ne pas laisser d’espace dans l’emprisonnement du poignet de uke lors d’une clé en « ura gyaku » par exemple. Cela en rapprochant au maximum l’emprise faites par le hambo et les poignets de tori et en comblant ainsi tous les espaces.

Il existe une autre façon de combler les vides, qui se retrouve dans les déplacements et l’utilisation de l’espace de uke.

Par exemple, sur « ka no kata », l’élément feu des « sanshin no kata », il est possible de combler le vide en se déplaçant suffisamment dans l’espace de uke et ainsi de prendre son équilibre sans que celui-ci ne puisse rien faire, c’est nous qui pouvons décider de le laisser debout …. ou non.

Lors d’un des derniers cours de la saison (2012-2013), alors que nous étions entrain de travailler sur les « sanshin no kata ». Un élève m’a dit sans que j’en parle auparavant : « Ah oui, j’ai compris ! Là aussi on comble les vides, je ressens mon équilibre partir et je ne peux rien faire, c’est trop tard ! »

Je lui ai répondu qu’effectivement, d’une certaine manière on combler aussi le vide.

Je suis sûr que ce principe doit avoir un nom, comme tous les autres, mais je l’ignore.

Bref, tous ces principes, illustrés ici, peuvent s’appliquer à main nues, comme avec les armes.

Cédric VARESANO
Shidoshi-hô du Bujinkan Budô Taijutsu