REFLEXION BUJINKAN

Les réflexions d'un Shidoshi-Hô


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Les Sanshin no Kata

Les Sanshin no Kata, autrement dit les Gogyô, ou encore les 5 éléments en français. Appartiennent à l’école Gyokko Ryû et sont une des principales bases du Bujinkan Budô Taijutsu.

Il est vrai qu’au début, quand on commence notre discipline, on peut se dire que ce n’est qu’une série de mouvement que l’on répète souvent et que l’on va nous demander de connaître.

Mais c’est bien plus que ça en réalité !
Ces mouvements, on comme but de vous apprendre à frapper et à vous déplacer.

Vous remarquerez, que plus on avance dans l’apprentissage, plus les Sanshin no Kata peuvent devenir complexe. Je n’entend pas par là que les gestes soit différents, bien au contraire, il reste totalement identique au sein d’un dojo. Et du coup, pour le novice, cela ne sera pas flagrant. Il ne le verra pas forcement, par contre, il pourra le ressentir.

Il est à noté, que d’un dojo à l’autre, parfois des petits détails changent dans l’application des Sanshin no Kata. C’est souvent selon le feeling du ou des professeurs. Certains seront plus sur un axe traditionnel, d’autres plus axés sur la self-defense, ou d’autres encore chercheront ce qu’il y a de plus pédagogique. Mais comme je le dis, il s’agit de détails, vraiment minimes. Ce sera, généralement, le même mouvement qui changera dans tous les dojo. Il s’agit de celui qui concerne votre main arrière, lors des blocages en Jodan Uke lors de Sui et Ka no Kata.

Fait seul, les Sanshin no Kata, servent à travailler les kamae et les détails des frappes. Par exemple, sur le Shuto Ken il faudra fermé la main à moitié, ou encore rapprocher le petit doigt, du pouce tout en resserrant les autres doigts sur le Sanshi Ken. Ces deux gestes anodins auront le même objectif, celui de resserrer les métacarpes de la main pour éviter de se faire mal ou de se casser quelque chose lors d’une frappe. On pourra aussi travailler, la déviation légère de l’axe d’attaque supposer de uke, en fléchissant le genou (en prennant garde de ne pas dépasser les orteils, pour éviter de le léser) et en tournant légèrement les hanches, tout en appliquant les blocages Jodan et Gedan Uke.

Au bout d’un certains temps de pratique (différents pour chacun d’entre nous), les principes que vous avez appris, seront mis en pratique de façon naturelle. Principalement lorsque vous travaillerez à deux. Et c’est là que les Sanshin no Kata, vous délivreront une partie de leurs secrets au fur et à mesure que vous progresserez.

On pourra alors voir, que l’on travaillera de façon à avoir une utilisation efficace des hanches et de l’ensemble du corps, dans toutes nos frappes et déplacements. Et ce n’est pas une mince affaire que cela, c’est le plus difficile à acquérir pour beaucoup.

Vous verrez aussi, d’une façon toute automatique, comment vous placez afin de pouvoir par un acte réflexe, enchainé sur une suite technique et ne pas vous mettre en danger. Il faut toujours avoir en tête, qu’une technique n’est pas une fin en soi. Et qu’il faut pouvoir partir sur des variantes ou simplement continuer, en fonction de ce que peux faire votre adversaire.

Sur Chi no Kata (l’élément Terre), il pourra y avoir une application de la notion d’absorption par le point 0.

Puis, sur Sui no Kata (l’élément Eau), les mouvements, deviendront des déplacements et des frappes efficaces, dans un axe circulaire autour de la jambe avant (et de uke).

En ce qui concerne Ka no Kata (l’élément Feu) et Fû no Kata (l’élément Vent), les déplacements se feront en comblant les vides (voir l’article dédié au Vide), afin de pouvoir choisir de prendre l’équilibre de uke.

Et pour Kû no Kata (l’élément Vide), on cherchera à créer l’illusion d’une attaque, à attirer la vue de l’adversaire sur un point, afin d’attaquer ailleurs.

Ceci n’est pas une liste exhaustive de ce qui peut être chercher lors de l’application des Sanshin no Kata. Moi même d’ailleurs, n’en détient pas tous les secrets et il m’en reste encore beaucoup à trouver. Puis en plus, des détails que j’oublie volontairement (pour certains) ou non (pour d’autres) de cités. Tout n’est pas explicable par écrit, il faut ressentir les choses !

Bref, il est vraiment utile de travailler régulièrement vos Sanshin no Kata. C’est un travail très long, mais après tout, le Bujinkan Budô Taijutsu est une école, une voie même, de persévérance et de patience.

Cédric VARESANO
Shidoshi-hô du Bujinkan Budô Taijutsu

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Le Vide

Qu’est ce que nous évoque le vide au Bujinkan ??

C’est un des 5 éléments japonnais, que l’on retrouve donc dans les « sanshin no kata » (ou gogyo). Il est le dernier des 5 généralement dans l’ordre d’apprentissage et s’appelle « Kû no kata ».

Le vide évoque aussi des principes basés sur la désorientation sensorielle et réflexe de uke:

  • s’effacer pour provoquer un déséquilibre (le célèbre principe du kûkan)
  • attirer l’attention pour attaquer ailleurs dans un quasi même moment
  • etc…

Mais à part ces facettes connues et souvent travailler, « le vide » m’évoque aussi la façon dont il se comble.

Souvent, et c’est surtout flagrant quand on travail avec les armes, je dis à mes élèves : « penser à combler les vides ».

Sur les clés, avec le hambo, il faut combler les vides pour que les clés/torsions soit efficaces. J’entends par là, ne pas laisser d’espace dans l’emprisonnement du poignet de uke lors d’une clé en « ura gyaku » par exemple. Cela en rapprochant au maximum l’emprise faites par le hambo et les poignets de tori et en comblant ainsi tous les espaces.

Il existe une autre façon de combler les vides, qui se retrouve dans les déplacements et l’utilisation de l’espace de uke.

Par exemple, sur « ka no kata », l’élément feu des « sanshin no kata », il est possible de combler le vide en se déplaçant suffisamment dans l’espace de uke et ainsi de prendre son équilibre sans que celui-ci ne puisse rien faire, c’est nous qui pouvons décider de le laisser debout …. ou non.

Lors d’un des derniers cours de la saison (2012-2013), alors que nous étions entrain de travailler sur les « sanshin no kata ». Un élève m’a dit sans que j’en parle auparavant : « Ah oui, j’ai compris ! Là aussi on comble les vides, je ressens mon équilibre partir et je ne peux rien faire, c’est trop tard ! »

Je lui ai répondu qu’effectivement, d’une certaine manière on combler aussi le vide.

Je suis sûr que ce principe doit avoir un nom, comme tous les autres, mais je l’ignore.

Bref, tous ces principes, illustrés ici, peuvent s’appliquer à main nues, comme avec les armes.

Cédric VARESANO
Shidoshi-hô du Bujinkan Budô Taijutsu