REFLEXION BUJINKAN

Les réflexions d'un Shidoshi-Hô


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Le Gyokushin Ryu Ninpô

Le fondateur de « l’école du Cœur immobile », au 16ème siècle était Sasaki Goemon Teruyoshi. Le Gyokushin Ryu se concentre plus sur stratégie et l’espionnage que sur le combat, comme l’ont fait la plupart des autres écoles de Ninjutsu. Les techniques ont été mélangés avec d’autres écoles déjà dès le début. Entre autres, ils sont entrés en contact avec le Gyokko Ryu et le Togakure Ryu. Avec le temps, il a ensuite été subdivisé en différentes composantes : le Ninpo Taijutsu/Kosshijutsu, le Koppojutsu et le Jujutsu. Cependant, toutes les écoles Gyokushin n’ont eu aucun lien avec les autres dans le temps.

Le Gyokushin Ryu est connu pour son excellente utilisation de la Nagenawa (corde/lasso) et le Kusarifundo (chaîne courte lesté).

Les techniques de combat à mains nues (blocages, coups et positions) existant dans l’école sont à l’origine, dit-on basé sur le Gyokko Ryu et sont encore très semblables à celles d’aujourd’hui. Par exemple, les écoles utilisent le Ichimonji no Kamae de la même façon. De même, il aime utiliser des armes pliés (fer) et les ongles pour frapper. En outre, seules quelques étapes sont réalisées, le corps se déplace à travers la flexion des genoux.

En outre, en plus de l’utilisation de Sutemi (chutes sacrifices), il est dit être caractéristique de ce Ryu que le défenseur prend l’équilibre de l’attaquant, ouvre complètement l’espace de son adversaire (lui lève les bras) et mets des coups dévastateurs à la poitrine. Comme dans les autres écoles de Ninjutsu, le Gyokushin Ryu attaque non seulement les yeux avec le metsubushi, mais aussi le cœur. Ici, le terme « cœur » est synonyme de l’attaque de la volonté et de la détermination qui, à travers la confusion temporaire, apporte un attaquant en dehors du rythme. La poudre n’est pas seulement un aveuglement donnant au Shinobi une fenêtre de temps de plusieurs secondes pour disparaître ou à attaquer. Les « effets secondaires » jouent ici un rôle beaucoup plus important.

Dans les Densho de Hatsumi, au moins treize techniques de combat et des méthodes d’entrainements dissimulés sont décrites. Cependant, elles sont plutôt inconnus en dehors du Japon et Hatsumi n’enseigne pas officiellement cette école, mais démontre plutôt occasionnellement des exemples de celle-ci (comme les Kihon Happo avec le sentiment de la Gyokushin Ryu).

Extrait traduit de l’anglais depuis le livre « Togakure Ryu – Bujinkan Budo Densho »


16 Commentaires

Le Taijutsu

Ce mot de « Taijutsu », que vous évoque-t-il ?

Les techniques de combats à mains nues me direz-vous ?!
Et bien vous aurez raison !

Essayons de pousser un peu plus notre réflexion sur ce mot.

C’est donc un terme générique, qui désigne les techniques à mains nues. Il faut savoir, que les mots « Taijitsu » et « Tai-Jitsu » sont exactement la même chose. L’origine de cette différence, viens simplement d’un défaut de prononciation des caractères Japonais, lors de leurs diffusions dans le monde. Ces trois mots s’écrivent de la même façon (au Japon).

Donc dans d’autres disciplines que le Bujinkan Budô Taijutsu, si vous entendez ces mots, ne soyez pas perdu. Il s’agit des techniques de combats à mains nues. Qui à l’origine étaient rattachées à chaque Ryu-Hâ (école traditionnelle).

Ce défaut de prononciation, se retrouve dans d’autres mots, comme par exemples Jûjutsu, Jûjitsu, Jû-jitsu ou de Jiû-jitsu. Si vous entendez un de ces quatres mots, il s’agira du combat rapproché.

Le Taijutsu se composent de trois groupes de techniques :

  • Le Dakentaijutsu
  • Le Jutaijutsu
  • Le Taihenjutsu

Le « Dakentaijutsu » est l’ensemble des techniques, à bases de blocages et de coups frappés sur certaines localisations du corps humain. Ces localisations peuvent être osseuses (Koppōjutsu), musculaires (Koshijutsu) ou sur le circuit énergétique/nerveux (Kyushojutsu).

Le « Jutaijutsu », rassemble les techniques de projections, de contrôle, de clefs et de luxations.

Et enfin, le « Taihenjutsu » comprend tous ce qui concerne le corps en lui-même. C’est à dire les déplacements, les roulades et les brises chutes, les évasions, les postures, etc.

On remarque lorsque l’on décrit ces différents groupes, que le Dakentaijutsu se rapproche du Kenpô (combat pied-poing, ancêtre du Karaté). Le Jutaijutsu se rapproche du JûJutsu (combat rapproché, ancêtre du Judo) et que le Taihenjutsu concerne tous ce qui est en rapport étroit avec le pratiquant et son corps.

Mais alors pourquoi notre discipline, qui s’appelle « Bujinkan Budô Taijutsu », ne comporte-t-elle pas que du combat à mains nues ? Pourquoi ce nom de Taijutsu dans la nomination de notre discipline ?

Voici une bonne question, à laquelle, je ne peux qu’élaborer des théories (en tout cas, à mon niveau).

Le « Ten Chi Jin » (programme technique officiel de Soke Masaaki Hatsumi) quand on le regarde, ne comporte que des techniques à mains nues. C’est ce programme, qui fait référence pour l’apprentissage des bases du Bujinkan jusqu’au 1° Dan. D’où, je suppose le nom de Taijutsu ?!

Bien qu’il est courant d’étudier les différentes armes, dès le début de notre pratique et avant de maîtriser les bases du Ten Chi Jin correctement. Il ne faut pas perdre de vue, que les armes se travaillent avec les mêmes principes que le Taijutsu. Il est donc important de les connaître pour pouvoir pratiquer correctement avec. Il faut noter, malgré tout, que chaque arme à sa propre spécificité lorsqu’on l’utilise (distance, postures,…).

Mais pourquoi, n’y a-t-il pas d’enseignement avec les armes dans le programme officiel de Soke ? Peut-être que dans son esprit, les armes ne sont qu’un outil servant à améliorer notre Taijutsu ou bien il estime, que c’est un travail qui doit venir plus tard, une fois les bases suffisamment acquises ?

Voilà, une courte réflexion et quelques questionnements, qui me semblent intéressants…
Peut-être que quelqu’un sera en mesure de nous donner des réponses ?!

Cédric VARESANO
Shidoshi-hô du Bujinkan Budô Taijutsu