REFLEXION BUJINKAN

Les réflexions d'un Shidoshi-Hô


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L’apprentissage des techniques

Aujourd’hui, nous allons essayer de mettre des mots sur ma vision de l’étude des enchainements techniques.

Dans le Bujinkan Budô Taijutsu (et les arts martiaux en général), nous voyons des gestes de bases (clés, torsions, déplacements, blocages,…). Quand chacun de ces gestes est mis bouts à bout on aboutit à une technique.

C’est à partir de là, que selon notre niveau d’apprentissage (avancé ou débutant), il peut exister deux stades d’étude et de compréhension à mon sens.

  • Le premier stade d’étude, concerne le travail du geste lui-même. Geste par geste, l’on doit apprendre sa maîtrise et quelque soit son niveau, on arrive toujours à apprendre des choses en passant l’enchaînement technique (selon un placement ou une orientation différente, un approfondissement de la connaissance mécanique, la réaction provoquer,…).
  • Le second stade d’étude, lui concerne les plus avancés (même s’ils doivent continuer à travailler le premier). Une fois que les gestes de bases sont maîtrisés, de façon à pouvoir réaliser les enchaînements techniques sans focaliser dessus. La recherche tient plutôt du principe. Celui de faire la technique en partie seulement, et de pouvoir passer sur une autre, selon les réactions de celui qu’ils ont en face d’eux. Savoir détecter les différentes possibilités qui s’offrent.

A termes, quelque soit la technique, il faut savoir s’adapter et en changer.

Lors d’un cours, il est important que les étudiants débutants, restent sur l’étude de la technique proprement dites. Qu’ils étudient, le geste principal contenu dans celle-ci, les déplacements, les postures de bases, la hauteur du centre de gravité, qui feront la réussite de l’enchaînement technique. Il faut qu’ils cherchent uniquement à s’adapter aux différentes morphologies de leurs partenaires.

Le fait de vous forcer à passer les enchaînements techniques en utilisant les positions de bases (kamae), un peu plus rigide dans l’apprentissage, vont faire acquérir à votre corps les bons automatismes pour vos déplacements.

Pour les pratiquants plus avancés, après avoir appris la maîtrise du geste. Il faut qu’ils travaillent sur une recherche de leurs propres sensations et celles qu’ils transmettent à leurs partenaires. Qu’ils effectuent un travail, sur comment, améliorer défensivement et offensivement leurs techniques (en réajustant simplement l’axe d’un coude, en replaçant une jambe dans un axe non dangereux,…). Et qu’ils travaillent le changement d’une technique à l’autre selon les réactions de celui qui est devant eux,

Cela, parce-qu’aucun enchainement ou geste technique n’est sûr à 100%. Ce qui marche sur quelqu’un, ne marchera pas sur d’autres. Même si une technique passent dans un grand nombre de cas, il y aura toujours des exceptions. Chaque individu, chaque situation est différente.

Le Bujinkan Budô Taijutsu est une école d’adaptation.  Au fur et à mesure que vous progresserez, vos postures et vos gestes deviendront de plus en plus inexistantes, ils s’effaceront pour ne contenir que l’essentiel. C’est à partir de là, que vous pourrez passer des gestes sans réfléchir et quitterai réellement une étude traditionnelle, pour aller à une étude plus pragmatique et efficace.

Il ne faut pas voir les techniques, comme des applications strictes devant être efficaces. Elles ne servent qu’à apprendre, habituer nos corps et étudier les différentes possibilités qui s’offrent sur une réaction/une position dans l’espace prédéterminée. L’efficacité, viendra plus tard, avec le fait de pouvoir vous adapter aux différentes réactions instantanément.

Malgré tout ça, il ne faut pas vouloir aller trop vite dans l’apprentissage et laisser le temps faire. Ce n’est pas vous ou votre instructeur, qui choisirez où vous en êtes dans votre apprentissage, c’est votre corps et votre cerveau.

Le Bujinkan Budô Taijutsu, c’est aussi, une école de persévérance, dont le temps d’apprentissage peut être très long selon les pratiquants et qui peut durer toute une vie.

Cédric VARESANO
Shidoshi-hô du Bujinkan Budô Taijutsu

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Le livre « L’esprit du geste, petite sagesse des arts martiaux »

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Ce livre écrit par Arnaud Cousergue est une autobiographie, où il essaye de mettre noir sur blanc quelques ressentis au travers de sa pratique des arts martiaux et présente ce qu’il a connu du Bujinkan (sans être précis pour autant).

Il est moins tranché que ce que l’on voit généralement de l’auteur lors de ses actes/paroles dans les séminaires/stages du Bujinkan, ou les « on dit » que nous avons entre pratiquants. Ce qui en fait un livre intéressant, d’une lecture facile et rapide !

L’auteur précise que dans les années 90, il a bien changé de nom au niveau de la discipline. En allant dans le sens de la demande de Soke Hatsumi Masaaki, le nom changea de « Bujinkan Ninpô Taijutsu » en « Bujinkan Budô Taijutsu ». Mais que le fait de ne plus avoir de relation avec le ninjutsu, lui a fait perdre plus de la moitié de ses élèves d’une saison à l’autre. (Voir l’article « Le Bujinkan et le Ninjutsu »).

Il y a aussi une partie du livre que j’ai particulièrement aimé, qui parle d’une vision stratégique à partir du Ten, du Chi et du Jin… mais je vous laisse découvrir tout ça de vous même, en parcourant ce livre.

Volontairement, j’ai éviter au maximum, de porter un avis personnel à propos de l’auteur et j’ai essayé de jugé seulement son livre.

Je vous demande de ne traité que de cet ouvrage dans vos commentaires et de ne pas émettre de jugement sur l’auteur, afin d’éviter les polémiques.

Vous pouvez trouver ce livre sur Amazon.fr

Cédric VARESANO
Shidoshi-hô du Bujinkan Budô Taijutsu