REFLEXION BUJINKAN

Les réflexions d'un Shidoshi-Hô


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Le Kukishinden Ryu Daikentaijutsu

« L’école des neuf démons divins » remonte à la période de Kamakura (1184-1333). Le premier Soke est signalée comme étant Yasushimaru Kurando Takazane qui a vécu au début du siècle 14° siècle. Kurando et un samouraï appelé Kagoshima Takanori ont soutenu l’empereur Go-Daigo (qui régna de 1318 à 1339) dans la lutte pour le trône. Pour cela, l’empereur leur accorda le nom de famille « Kuki » (neuf démons) car ils étaient des guerriers très spirituels. Depuis, la manipulation du bâton (Bo) dans ce Ryu est enseigné de « 9 façons avec 99 techniques ». Fondée à l’origine uniquement comme une école de Bo, au cours des siècles, le Kukishin Ryu c’est constamment adaptée aux besoins et c’est finalement divisée en différents styles et armes, non seulement en raison des changements de façon de combattre, mais aussi pour individualiser les armes lors des périodes de guerre et de paix. Aujourd’hui le Kikishinden Ryu est un dérivé en l’honneur de Takamatsu Toshitsugu (1889-1972) qui a aidé à reconstruire les manuscrits anciens qui ont disparu au cours de la dernière guerre mondiale. Dans le Bujinkan, il est décrit avec les noms Happo Bikenjutsu ou Happo Hikenjutsu. Happo (huit façons) représente les huit grandes sections au sein de la Kukishinden Ryu :
  1. Rokushakubo, Taijustu, Hichojutsu, Maai (bâton, mouvements, sauts, distances)
  2. Gunryaku Tenmon Chimon (tactiques militaires, stratégies de combat)
  3. Jojutsu, Hanbojutsu (combat au bâton)
  4. Bajutsu, Suijutsu, Kajutsu (les arts de l’équitation, du tir à l’arc, des techniques aquatiques, du feu et des matières explosives)
  5. Nawanage (techniques avec corde)
  6. Kenjutsu, Kodachi, Jutte, Tessen (sabre long, sabre court, fourche métallique)
  7. Sojutsu, Naginata, Bisento (armes longues comme la lance…
  8. Shuriken, Senban, Tokenjutsu (étoiles et lames à lancer).

 

Biken (travail à l’épée) représente les techniques de combat traditionnelles, qui est prolongé par le Hikenjutsu qui décrit le «savoir secret». C’est à dire, les traditions orales, les expériences et l’utilisation des techniques. D’autant plus que dans le niveau de l’Okuden, il est fait référence à plusieurs reprises aux traditions directes et personnelles. Parce que l’Okuden ne s’animent que grâce à elles et non à travers la simple imitation des traditions écrites ou des habitudes de déplacement :

« Pour comprendre cette école, il est nécessaire d’établir une connexion entre le cœur et l’inconscient, car c’est la condition de base pour toutes les techniques. Lorsque nous pratiquons les techniques dans la nature, il est facile de les utiliser pour nous-mêmes. Nous laissons la nature dans toute sa pureté, travailler sa magie sur nous, et utilisons ce pouvoir pour en apprendre davantage sur nous-mêmes. »

Les Kamae sont décidément influencées par le fait que le Kukishinden Ryu est une école dont les techniques ont été principalement utilisées en temps de guerre. La règle générale est que, dans chacune des positions, les bras sont très près du corps. Cela pour deux raisons : d’une part, un guerrier en armure ne peut rester dans un Kamae avec le poids de son équipement qui l’alourdir énormément, d’autre part, cette position du bras assure une meilleure protection de l’avant-bras ainsi que de l’intérieur du bras qui n’est pas protégés. Comme ce Ryu a également été utilisées par les marins et les pirates japonais, les positions de combat sont très basses, et le poids (garder à l’esprit l’armure…) est répartie aussi régulièrement que possible sur les deux jambes afin de garantir un meilleur équilibre sur les planchers des navires. Seigan no Kamae (que ce soit armé ou non) est une position fondamentale. Ici le bras vers l’avant (ou la pointe de l’arme) est orientée vers les yeux (ou le cœur) de l’adversaire. Un autre principe important de cette école est un contact visuel constant avec l’adversaire: « vos propres yeux affaiblissent les yeux de l’adversaire ». Taijutsu – avec toutes ses caractéristiques, les avantages et les inconvénients – qui découle de la Yoroi Kumiuchi, du combat en armure. Les mouvements du Kukishinden Ryu semble un peu lourd, lent et encombrant. En réalité, ils sont très puissants et ciblée. Toutes les techniques servent à positionner l’adversaire, lors de l’attaque, de telle manière que des points faibles apparaissent dans l’armure, il est alors entravé dans sa liberté de mouvement et son équilibre est rompu. L’objectif est de passer habilement les différentes parties de l’armure et de choisir des angles de position de telle sorte que Uke ne peut pas ou presque pas attaquer parce qu’il est retenu par sa propre armure.Le Ura Waza (le chemin inverse), signifie que nous devons veiller à ce que nous ne soyons pas manipulés de la même manière, mais que nous apprenons à reconnaître les limites que cette armure et à adapter notre stratégie.

« Laissez la ligne offensive et protéger les flancs. Forcer le corps de l’adversaire à effectuer une courbe et observer l’angle de la défense ».

Les combats en armure avec armes nécessite des Sabaki spéciaux. Il est logique de se soustraire du côté de l’adversaire et de l’attaquer à un moment approprié. L’action doit se dérouler de façon fluide et l’armure doit être reconnue comme étant un outil et non un fardeau – il en va de même pour les armes.Les techniques de Dakentaijutsu de cette école, rentre dans le cadre de la Shinden Fudo Ryu, du Takagi Yoshin Ryu et du Gikan Ryu. Des connexions entre différentes écoles d’épées sont également connus, à partir de laquelle les techniques de jeu de jambes et des fins de techniques ont partiellement étaient reprisent. De l’autre côté, le Kukishin Ryu a influencé les arts martiaux modernes comme l’Aïkido, le Kodokan-Judo et le Kobudo.Les formes de Kata sans armes du Kukishinden Ryu sont répartis dans les catégories suivantes, chacune d’elles ne devraient être enseignées que lorsque la précédente a été maîtrisé :
  • Shoden no Kata (formes traditionnelles pour débutants)
  • Chuden no Kata (niveau de formes traditionnelles intermédiaires)
  • Sabaki gata (niveau de l’évasion)
  • Okuden no Kata (formes traditionnelles interne)
  • Shirabe Moguri gata (immersion dans les formes et les techniques de contre)

Extrait traduit de l’Anglais à partir de l’ouvrage « Kukishinden Ryu Taijutsu no Kata- Bujinkan Budo Densho »


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Le Gyokko Ryu Kosshijutsu

« L’école du Tigre de diamant », est l’une des plus ancienne école des arts martiaux japonais. Elle a été créer en Chine et a apparemment été développé sur la base du Kempô chinois.

Il est dit qu’un Chinois nommé Cho Gyokko (il existe plusieurs appellations) a présenté les premières formes du Gyokko Ryû au Japon durant la dynastie des Tang (7ème-10ème siècle).

Ce style exige des mouvements du corps rapide et l’utilisation de techniques de frappes et de blocages extrêmement percutantes, c’est un style puissant et gracieux.

Les positions sont relativement hautes et cette école a la particularité d’employer les techniques de verrouillage articulaires.

Cho Gyokko était probablement un gardien de la cour impériale chinoise, fonction qui nécessité que la plupart des techniques finissent par le contrôle de l’attaquant ; Un combattant du style Gyokko Ryû attend jusqu’au début du combat et ne laisse aucune chance à l’adversaire.

Afin de décrire la sensation du mouvement lors de l’exécution des techniques, il suffit de comprendre le feeling de cette école qui pourrait se traduire par : « une fois trouvé le point faible de l’adversaire, l’attaquer de toute ses forces ».

Il s’agit d’être capable de reproduire sur le terrain, une seule technique, assez puissante pour permettre de contrôler la situation ou de forcer votre adversaire à abandonner.

Hisshô no shinnen « Croire en une victoire certaine »

« Le nom lui-même de cette école caractérise l’un de ses grands principes, qui est la destruction de la force de l’ennemi, mais d’épargner sa vie. En Asie, le tigre est synonyme de grâce et de puissance. Ainsi, on doit utiliser la puissance physique d’une manière significative et maîtrisée.

Ceci est illustré par la métaphore de la Gyokko Ryu qui dit :
Bushigokoro wo motte tôtoshi to nasu « Le coeur d’un guerrier est précieux et important »

D’autres règles sont, par exemple, qu’un vrai guerrier doit toujours être conscient de la responsabilité qu’il a envers son pays et ses concitoyens. Il faut oublier son ego et prendre soin des vertus comme la discipline, la patience et le courage. Toutefois, en cas de danger, il doit garder son esprit libre et garder le silence. Les techniques et les connaissances acquises ne doivent pas être transmis à des tiers sans l’autorisation expresse de l’enseignant.

Aujourd’hui, le Gyokko Ryu, avec le Koto Ryu, constitue la base technique du Bujinkan Dojo Budo Taijutsu. Un système où son fondateur, Masaaki Hatsumi, a combiné un total de neuf écoles d’arts martiaux japonais. Le Gyokko Ryu n’est pas une école de Ninjutsu, mais une école de Bujutsu, même si elle est répertoriée en tant que dérivé du Ninpo dans le Bugei Ryuha Daijiten, la norme japonaise de travail des arts martiaux.

Transmis au fil des siècles, de génération en génération, Masaaki Hatsumi est quant à lui le 28° Grand Maître de cette école.

Aujourd’hui, dans le Gyokko Ryu, il y a quasi-uniquement le domaine du Kosshijutsu (attaques contre les muscles et les nerfs) qui est enseigné. Dans le même temps, ces techniques constitue une base pour toute formation au Ninjutsu. L’élément le plus important est l’étude des huit formes techniques de base – notre actuelle Kihon Happo. Cela inclut les méthodes de lutte contre toutes les styles de combats importants : techniques de blocage, coups et attaques contre les parties molles et dures du corps. En outre, ces huit techniques de bases sont également présentes dans d’autres Ryu du Bujinkan, chacun avec des feelings différents de mouvement et de gestuelle. La «forme des cinq éléments», le Sanshin no Kata, intègre également des styles variés.

La principale caractéristique de cette école est le jeu de jambes. Quand un verrou articulaire est pratiquée, ce n’est pas fait en utilisant la force musculaire pure, mais en utilisant un habile jeu de jambes et le maintien des verrous. Comme ces mouvements sont chronophages, Le Gyokko Ryu attache une grande importance aux attaques contre les points faibles du corps humain tels que les organes internes, les muscles et les nerfs avant l’exécution de ces techniques. Par conséquent, les mouvements ont lieu autour du point d’équilibre d’un adversaire qui a été fixé à l’avance au moyen d’un verrouillage de l’articulation. La puissance d’une technique est basée principalement sur l’application de mouvements de rotation de l’ensemble du corps, des hanches, de la colonne vertébrale et d’un jeu de jambes correct.

Les 3 Kamae fondamentales de cette école, utilise le Boshi Ken comme une arme : en Ichimonji no Kamae, Hicho no Kamae et Jumonji no Kamae, le pouce vers le haut de la main avant pointe toujours devant. la raison en est que l’énergie du corps doit toujours circuler librement et il n’y a pas de temps perdu pour une attaque avec le pouce. La meilleure position est Migi no Kamae (jambe droite en avant) afin de se protéger le mieux possible contre les attaques au niveau du coeur. En général, dans les positions de combat, on se tient normalement au centre, c’est à dire que l’équilibre devrait être réparti également sur les deux pieds, si possible. Bien que la plupart des Kamae de ce Ryu sont plus du type offensif.

Alors que, par exemple, les mouvements du Koppojutsu (attaques contre des os et des articulations) visent à attaquer l’adversaire dans les zones dur, en direction de l’avant et cela afin de se retirer immédiatement après. Les attaques du Gyokko Ryu sont plutôt exécutés sur le côté et en demi-cercle. Les coups avec les doigts et les techniques de mains sont réalisées sur des parties vitales du corps humain en formant un angle de 45 degrés. Il y a, cependant, dans cette école également une série de Kata qui ne visent pas à attaquer les cibles molles du corps humain.

Les techniques qui sont utilisés doivent, tout d’abord emmener à la rupture de l’équilibre de l’adversaire, afin de pouvoir ensuite attaquer au mieux les points faibles de son corps (Kosshijutsu). Comme on doit être vraiment proche de l’adversaire pour cela, la main arrière se tient toujours en avant du corps, afin de se protéger des contre-attaques possibles de l’adversaire. Souvent, les attaques sont appliqués à l’aide du bout des doigts. Dans les premiers temps, ces attaques ont été appelés Shitojutsu (techniques avec les doigts). Les doigts dans la position Shito Ken (Boshi Ken) est peut-être l’une des formes les plus populaires. L’extrémité du pouce n’est pas seulement utilisé comme une arme d’attaque des parties molles du corps, mais aussi contre des cibles durs comme, par exemple, la tempe (Kasumi). Il convient également de noter que le Shuto a un nom différent dans le Gyokko Ryu : il est appelé Kiten Ken. »

Extrait traduit de l’Anglais à partir de l’ouvrage « Gyokku Ryu Taijutsu no Kata- Bujinkan Budo Densho »

Cédric VARESANO
Shidoshi-hô du Bujinkan Budô Taijutsu


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Les livres du « Bujinkan Budô Densho »

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Il s’agit d’une série de 7 livres fait par le « Bujinkan Budô Densho » et plus particulièrement Carsten Kühn (textes) et Tommy James Peters (planches).

Ils présentent les différentes techniques de chaque école avec un petit descriptif et une série de planches de dessins. On y trouve aussi l’historique des écoles, les kamae et les différentes frappes rattachés à chacune d’elles.

A mon sens, ils sont pas mal fait et intéressant comme aide-mémoire. Je m’en aide assez souvent pour trouver des idées lors de mes sessions de cours un peu plus technique. D’ailleurs, je pense qu’il s’agit plus de cahiers de travail que de livres.

Pour les débutants, ces livres ne serviront pas à grand chose, à part s’instruire un peu. Il faudra déjà avoir travaillé les bases, voir les techniques, pour pouvoir avoir une idée de comment les interpréter.

Les 7 livres se répartissent ainsi :

  • volume 1 = Gyokko Ryû Kosshijutsu
  • volume 2 = Kukishinden Ryû
  • volume 3 = Togakure Ryû Ninpô, Gyokushin Ryû Ninpô, Kumogakure Ryû Ninpô
  • volume 4 = Kôtô Ryû Koppojutsu
  • volume 5 = Shinden Fûdo Ryû – Jûtaijutsu
  • volume 6 = Shinden Fûdo Ryû – Dakentaijutsu
  • volume 7 = Takagi Yoshin Ryû

Ces livres existent en version : anglaise, allemande, italienne, espagnol

Comme d’habitude, et ce que je déplore souvent pour les livres et DVD, il n’y a pas de traduction française existante.

Vous pouvez trouver ces cahiers de travail, sur les sites Amazon des pays concernés (Royaume-Unis, Etats-Unis, Allemagne, Italie, Espagne) en fonction de la langue qui vous intéresse.

Cédric VARESANO
Shidoshi-hô du Bujinkan Budô Taijutsu