REFLEXION BUJINKAN

Les réflexions d'un Shidoshi-Hô


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Notre façon de pratiquer et égale à nous même

Je commencerai cet article par cette citation :

« Les arts martiaux sont comme un miroir, dans lequel vous vous regardez avant de vous laver le visage le matin. Vous vous voyez, simplement, tels que vous êtes. »

Jiddu Krishnnamurti

Lorsque l’on analyse nos pratiques, on peut remarquer qu’effectivement, nous pratiquons les arts martiaux de la même façon que nous vivons. Et que notre pratique reflète donc notre véritable caractère.

Durant mes quelques années de pratique, j’ai pu remarquer que ceci est vrai pour les bons, mais aussi les mauvais cotés des gens.

Par exemple, quelqu’un de persistant dans la vie de tous les jours, le sera dans son apprentissage. Et n’hésitera pas à répéter les mouvements ou les techniques jusqu’à bien les ressentir, les comprendre et les effectuer de façon correct.

Quelqu’un de hautain à l’extérieur du dojo, le sera également dans sa pratique. Son arrogance, fera qu’il travaillera seulement avec des personnes à peu près égale en terme de grade, voir parfois uniquement avec ceux d’un grade supérieur au sien. Il délaissera complétement les autres pratiquants et ne leurs adressera même pas la parole en dehors de l’entraînement.

Une personne pédante, pourra faire une discrimination via l’échelon social (ce qui va à l’encontre de la pratique des arts martiaux, selon moi). J’avais été choqué d’apprendre que lors d’un stage, une personne au début du travail de chaque technique, demandait à son partenaire le métier qu’il faisait. Et si ce n’était pas assez bien (si c’était un électricien par exemple), il changeait de partenaire, ne s’entraîner plus avec et ne lui adresser plus la parole. Ce qui était inquiétant, c’est que c’était une pratique récurrente à un grand nombre de membres d’un même dojo. Chose que j’ai testé par moi même plus tard et  qui m’a laissé bouche bée.

Des exemples positifs ou négatifs, comme ceux-ci pourraient se faire par centaines. On pourrait parler des personnes « généreuses », « rigoureuses », « avides de connaissances », « honnêtes », « combatives », « avides d’argent », « laxistes », « menteuses », « narcissiques », « impatientes »…

Ces traits de caractères sont encore plus flagrant chez les instructeurs. Car leurs façons d’être se répercutent sur l’enseignement qu’ils dispensent et donc sur leurs élèves.

Il y a une autre citation qui s’applique alors :

On a les élèves que l’on mérite.

Pierre Desproges (?)

Les différents professeurs attireront et garderont fidèlement, des personnes qui auront en partie les mêmes traits de caractères et/ou valeurs qu’eux.

Je vous invite à observez les pratiquants autour de vous lors des entraînements, et vous connaîtrez ainsi leurs caractères profonds.

Toutefois ne chercher pas la personne parfaite, elle n’existe pas. Vous trouverez toujours des défauts quelque soit la personne. Moi même, j’avoue en avoir un grand nombre. Mais en avoir conscience, permet de travailler sur soi-même, dès lors que l’on en a la volonté.

Cédric VARESANO
Shidoshi-hô du Bujinkan Budô Taijutsu


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Choisir un bon professeur

Je vous propose aujourd’hui, d’aller voir cet article intéressant et valable pour notre discipline.

http://fudoshinkan.eu/choisir-un-bon-professeur/

Je suis complétement en accord avec le contenu de celui-ci.

Cédric VARESANO
Shidoshi-hô du Bujinkan Budô Taijutsu


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L’origine du « Ten Chi Jin Ryaku no Maki »

On a tous entendu parlé du fameux « Ten Chi Jin Ryaku no Maki ». On le connait en France, comme le programme officiel du Bujinkan.

Cet article, ne sera pas forcement une affirmation de ce qu’est le « Ten Chi Jin Ryaku no Maki », mais plus une réflexion. Qui méritera d’être éclairé par nos plus anciens.

En parcourant le net, je suis tombé sur des « on dit » très différents, concernant l’origine de ce programme. C’est ce qui m’a décidé à écrire cet article.

D’ailleurs est-ce vraiment un programme technique à la base ?

Les différentes versions que j’ai pu rencontrer au gré des différents forums et sites Internet sont les suivantes :

  • Il aurait été fait par Soke Hatsumi Masaaki, qui l’aurait imposé comme programme pour l’étude du « Bujinkan Ninpô Taijutsu » (et oui, ça remonte loin, avant 1995, année où l’appellation a changé en « Bujinkan Budô Taijutsu »).
  • Il y a aussi le bruit, que se serait Philippe Barthélémy qui l’aurait produit et imposait dans son école dans les années 1980.
  • Ou que se serait un produit purement commercial et franco-français.

Je m’en tiendrai à ces trois bruits de couloirs, qui sont la majorité, de ceux que l’on retrouve sur le net francophone. Bien que je suis sûr qu’il doit en avoir d’autres, sur lesquelles je ne suis pas encore tombés.

Chacun prêche pour sa paroisse, selon son école et ce qu’il entend depuis toujours, rien de plus normal. Mais ce qui m’intéresse, c’est de remonter à la réalité des choses.

Alors, il me semble avoir trouvé l’origine du « Ten Chi Jin Ryaku no Maki ». Le nom, lui-même, viens des chapitres du livre « Togakure Ryu Ninpô » paru en 1981 (si je ne me trompe pas). C’est un livre écrit par Hatsumi Masaaki, qui présente des bases de travail, tout en photos.

Pourtant, on ne trouve que quelques pages à la fin du livre, semblant avoir un rapport avec le Togakure Ryu. 95% du livre, présente uniquement, les bases communes à toutes nos écoles (ou considéré comme tel, par tous les dojos enseignants le « Bujinkan Budô Taijutsu » actuellement).

D’après certaines discussions avec des Shihan. A l’époque, toutes les consignes de Soke, parvenaient aux Shidoshi et Shihan lors des commandes annuelles (cartes de la Shidoshi-Kai, patch Bujinkan,…) via le biais de photocopies. Mais Soke, n’en aurait pas fait un programme officiel, puisqu’il n’a pas communiqué auprès de ses Shidoshi et Shihan une information allant dans ce sens.

La forme que l’on connait aujourd’hui (une série de descriptifs, sans aucune photo et plutôt austère), semble être arrivée après la fin d’édition et la rupture de stock de cet ouvrage.

La similitude entre les deux, me fait dire, qu’il doit s’agir d’une copie du contenu du livre. Pour garder cet enseignement, qui paraissait intéressant pour l’apprentissage des écoles qui compose les disciplines issues du Takamatsuden.

Intéressant, parceque notre esprit occidental à besoin d’un fil conducteur dans l’apprentissage, d’un objectif prédéfini. Ce qui ne semble pas être le cas des Japonnais, qui on l’air de se poser moins de questions. D’être plutôt dans la mentalité « je fais ce que l’on me dit. Je verrai où le Maître veux m’emmener ».

Pourquoi existe-t-il 3 versions du « Ten Chi Jin Ryaku no Maki » ?
Sur ce point, je n’ai trouvé aucune information. Peut-être est-ce différentes interprétations/traductions de l’ouvrage à partir du Japonnais ? Ou est-ce dû a des nominations et des feelings techniques utilisés plus à certaines époques et moins à d’autres ?

J’avoue ne pas avoir, encore, pris le temps de regarder l’intégralité des 3 versions. Et je trouverai peut-être ma réponse une fois que je l’aurais fait.

Le premier à avoir sortie le premier « Ten Chi Jin Ryaku no Maki » sous sa forme actuelle, en version anglaise, serait Sveneric Bogsater vers 1990.

Ensuite de ces versions ont découlé une version franco-française, reprenant des éléments, mais légèrement différente du « Ten Chi Jin Ryaku no Maki » initiale. Il s’agit du « Protek » (PROgramme TEKnique) écrit par Arnaud Cousergue vers 1997. Comme il le dit lui même dans l’introduction, il s’agit de sa vision des choses sur le « Ten Chi Jin Ryaku no Maki » à moment T.

C’est à mon sens, un bon travail qu’il a fourni avec le Protek et c’est un des rares documents de travail qui existe en langue française.

Pour résumer, avec tous les faits en ma possession à ce jour. Le « Ten Chi Jin Ryaku no Maki » ne serait pas un programme officiel, malgré les bruits qui courent depuis des années (c’est ce que j’ai toujours entendu pour ma part). Et l’on doit bien sa création à Soke Masaaki Hatsumi, malgré que certains semble avoir essayé de faire croire le contraire à leurs élèves (je pense à Philippe Barthélémy). En tout cas si l’on considère son livre comme point de départ.

Par contre, n’oublions pas que pour notre esprit occidental, avoir un cheminement logique et une vision du but final à atteindre est important. C’est pourquoi, aujourd’hui, on parle d’un programme.

Mais chacun peux établir celui qu’il désire, tout en respectant l’enseignement de Soke Hatsumi Masaaki. Qui finalement peut-être aussi souple et diversifié, que doit l’être notre pratique.

De toute façon, quoiqu’il arrive, on passera toujours par les bases, et elles resteront toujours les mêmes.

Cédric VARESANO
Shidoshi-hô du Bujinkan Budô Taijutsu


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Discussion sur « les Kamae »

Il y a quelque temps, j’avais posté un article sur les « Sanshi no Kata ». Dans cet article, les commentaires, ont glissé sur une discussion à propos des Kamae (postures). C’est pourquoi, je vais remettre ici, les commentaires concernés, afin que tous le monde puisse y avoir accès facilement.

Et éventuellement continuer la discussion avec des points de vues différents.

CLAUDE :

[…]

J’aimerais connaître votre point de vue sur les Kamae. Personnellement, je les vois comme des transitions dans l’exécution des techniques. Par exemple, le SanShin Sui no Kata peut s’exécuter en enchaînant Shizen no Kamae –> Hidari Bobi no Kamae –> Hidari Dokko no Kamae –> Migi Bobi no Kamae. Il est important de maîtriser les kamae afin d’avoir une posture et un équilibre solide, mais il faut en même temps être capable de les enchaîner avec fluidité, sans pause dans la séquence des mouvements et des déplacements.

Qu’est-ce que vous en pensez?

CEDRIC :

[…]

A mon sens, les Kamae ne sont pas figés. Ce sont des points de passages (un peu comme une photographie) à un moment T d’une technique et c’est pourquoi il est important de pouvoir les enchaîner avec fluidités.

L’apport des Kamae permets, en plus de la maîtrise/gestion de l’équilibre, d’apprendre à bouger et à se déplacer de manière efficace.

Au début de l’apprentissage, il est normal de grossir/styliser les Kamae (et même important), pour prendre les bons plis (un peu à l’idée d’un pantalon de costume que l’on met bien plier sur un cintre).

Arrivé à un certain niveau, je pense, qu’il faut réussir à passer les Kamae en les gommant, mais en gardant toutes leurs essences (se les approprier). Ceci afin de toujours être efficace. Et pour que lorsque l’on passe des techniques, elles soient facilitées par la mémoire corporelle (enregistrement moteur à force de répéter des séries de mouvements lors des entraînements).

Le fait de démarrer une technique dans tel ou tel Kamae, ne doit pas être un élément perturbant. C’est l’esprit ou l’attitude à avoir qui compte. C’est à dire, est-ce une technique que je dois pouvoir passer naturellement en marchant, donc en étant au neutre (Shizen no Kamae) ? Est-ce que mon attitude doit être défensive (Hichimonji no Kamae) ? Est-ce que je dois être sur mes gardes, prêt à réagir, mais sans être défensif pour autant (Gaisho no Kamae) ? Ou est-ce que je dois être dans une attitude de combat déjà engagé, donc offensif (Dokko no Kamae) ?

Bien sûr, les citations des Kamae ci-dessus, ne sont ni exhaustives, ni forcement à définir dans une attitude pré-définie. Ce ne sont que des exemples.

Bref, c’est ma façon de voir les Kamae […].

CLAUDE :

Très intéressant! J’apprécie particulièrement l’idée de considérer les kamae comme des « points de passage ». C’est une très belle image qui illustre à merveille ce qu’est un kamae! J’aime également l’idée d’exagérer les kamae au début de l’apprentissage afin de parvenir à s’imprégner de leur essence.

Vous mentionnez l’importance d’adopter une attitude de combat appropriée au kamae. C’est un aspect du Bujinkan que je ne connais pas très bien. Par ailleurs, j’ai l’impression que le lien entre l’attitude de combat et le kamae peut être subjectif, en particulier lorsqu’on parle « d’être sur ses gardes sans être défensif ». Au delà des attitudes franchement offensive ou défensive, dans quelle mesure est-il important de développer et cultiver des attitudes plus nuancées? Comment ces nuances influencent-elles l’efficacité d’une technique?

[…]

CEDRIC :

Effectivement, c’est complétement subjectif et à voir au cas par cas.

Après, pourquoi travailler des attitudes plus nuancées ? C’est une bonne question !

Pour répondre, je suis tenté de dire, que c’est pour habituer le corps à réagir, le plus naturellement possible en toutes occasions.

Que l’utilité se voit surtout à partir d’un certain niveau. Quand on commence à ressentir des choses et à voir la corrélation de tout ce que l’on a vu (dans nos bases), avec des applications pouvant être mis en pratique sur de la self-defense.

En self-defense, à mon sens, il est important d’apprendre quelques moyens de préventions élémentaires et les différentes façons physiques/verbales d’éviter que les situations de conflits s’enveniment en agressions physiques. Mais aussi comment réagir si nous n’avons pas le choix, pour tenter de sauver notre vie (beaucoup, ne se contente que de ce dernier aspect). Touts les actes, dans ces moments là, seront purement instinctifs et irréfléchis, avec un brin d’adrénaline.

C’est pourquoi dans la partie pratique, il est à mon sens important d’apprendre à bouger à partir d’une position naturelle neutre (comme Shizen no Kamae), pour faire suite par exemple à une agression inopinée lorsque l’on marche dans la rue. Ou encore, d’être sur une position d’attente ou de vigilance (comme Gaisho no Kamae) pour faire face à quelqu’un que l’on trouve agressif ou bizarre et qui nous interpelle (ou non). Sans pour autant envenimer les choses (ce qui pourrait être le cas d’une position défensive ou agressive), mais en restant prêt à réagir.

Puis je dirais, que ces Kamae, ont l’avantage de permettre de réagir assez vite à droite, comme à gauche. Et que l’instinct se fixant sur ce que l’on connait, les drills dans ces positions peuvent être utiles. En tout cas, une fois devenue naturelle dans la forme de corps et intégré dans la mémoire corporelle. C’est un peu la même chose que les militaires qui font des drills de combat pour pouvoir être prêt sur le terrain en opération. D’expérience, on ne réfléchit pas, on fait ce que l’on c’est entrainé à faire et à répéter sans relâche. Ce sont des automatismes.

Si l’on reste sur une pratique plus traditionnelle (ce qui est mon cas au dojo), ça me parait bien de commencer dès le début à travailler aussi à partir de ces positions. Afin que les acquis soient déjà présents dans la mémoire du corps, qu’il ne reste plus qu’aux pratiquants à murir et à s’apercevoir de toutes les possibilités offertes par la suite.

Mais attention, comme je le dis toujours, ce n’est que ma façon très personnelle de voir les choses.

Je ne crois pas que sur ce sujet, il y est quelqu’un qui soit plus dans le vrai ou le faux qu’un autre, mais que nous prenons tous des chemins différents suivant nos vécus et notre recherche dans la pratique.

CLAUDE :

Effectivement, l’intégration des kamae dans la pratique est très personnelle. De mon côté, j’attache moins d’importance à l’attitude inspirée par les kamae et plus à leur utilisation comme moyens de diriger l’apprentissage des mouvements.

Vous avez peut-être déjà lu l’article suivant tiré d’un autre blog: http://bujinkangard.wordpress.com/2011/03/14/kamae/ Il présenterait, selon l’auteur, le point de vue de Soke Hatsumi sur le sujet. Il dit notamment: « (…) The kamae themselves are mere guides or suggestions for the most effective use of the body weapon. As such, they are physical attitudes, and are by no means to be adhered to in precise imitation. Each individual body, with its unique configuration of muscle and bone alignments will naturally determine it’s own pragmatic and comfortable variations of the basic fighting postures. As the student progresses, the kamae become less and less significant as specific poses, as they are gradually assimilated into the character of the individual. Once these fundamentals are internalized, the most advanced fighting posture becomes a “no fighting posture.” « 

Votre point de vue rejoint donc celui de Soke Hatsumi.

CEDRIC :

Oui je connais cette article… depuis hier.

N’étant pas anglophone j’en ai fait une traduction via le traducteur google, et je me suis dit, que ça coller avec mon point de vue.

Que l’on y retrouvait pas mal d’éléments déjà cités sur mes précédents commentaires.

Merci Claude, pour la citation de Soke.

SEBASTIEN :

Avec un brin d’imagination, je suis convaincu qu’on peut prendre n’importe quel kamae et l’adapter à une situation afin de prendre une posture défensive sans avoir l’air menaçant!

Par exemple, on peut modifier juumonji no kamae en rentrant les poings sous les bras comme tout occidentaux fait couramment. Ce qui permet d’avoir une posture de défense sans avoir l’air sur ses gardes.

Un petit lien exemple :

http://www.youtube.com/watch?v=OZW7Bg6Uf4w

CEDRIC :

C’est aussi une solution que j’aime bien, mais que je travail moins souvent.

On est énormément à avoir un jour croisé les bras en attendant à un arrêt de bus ou ailleurs. C’est totalement naturel comme position pour beaucoup. Alors pourquoi pas la travailler pour habituer le corps… ;)

L’avantage de cette position à mon sens et de pouvoir déplacer les mains, avec rapidité et instinctivement, autant vers les parties basses, que vers le haut de l’adversaire.


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L’apprentissage des techniques

Aujourd’hui, nous allons essayer de mettre des mots sur ma vision de l’étude des enchainements techniques.

Dans le Bujinkan Budô Taijutsu (et les arts martiaux en général), nous voyons des gestes de bases (clés, torsions, déplacements, blocages,…). Quand chacun de ces gestes est mis bouts à bout on aboutit à une technique.

C’est à partir de là, que selon notre niveau d’apprentissage (avancé ou débutant), il peut exister deux stades d’étude et de compréhension à mon sens.

  • Le premier stade d’étude, concerne le travail du geste lui-même. Geste par geste, l’on doit apprendre sa maîtrise et quelque soit son niveau, on arrive toujours à apprendre des choses en passant l’enchaînement technique (selon un placement ou une orientation différente, un approfondissement de la connaissance mécanique, la réaction provoquer,…).
  • Le second stade d’étude, lui concerne les plus avancés (même s’ils doivent continuer à travailler le premier). Une fois que les gestes de bases sont maîtrisés, de façon à pouvoir réaliser les enchaînements techniques sans focaliser dessus. La recherche tient plutôt du principe. Celui de faire la technique en partie seulement, et de pouvoir passer sur une autre, selon les réactions de celui qu’ils ont en face d’eux. Savoir détecter les différentes possibilités qui s’offrent.

A termes, quelque soit la technique, il faut savoir s’adapter et en changer.

Lors d’un cours, il est important que les étudiants débutants, restent sur l’étude de la technique proprement dites. Qu’ils étudient, le geste principal contenu dans celle-ci, les déplacements, les postures de bases, la hauteur du centre de gravité, qui feront la réussite de l’enchaînement technique. Il faut qu’ils cherchent uniquement à s’adapter aux différentes morphologies de leurs partenaires.

Le fait de vous forcer à passer les enchaînements techniques en utilisant les positions de bases (kamae), un peu plus rigide dans l’apprentissage, vont faire acquérir à votre corps les bons automatismes pour vos déplacements.

Pour les pratiquants plus avancés, après avoir appris la maîtrise du geste. Il faut qu’ils travaillent sur une recherche de leurs propres sensations et celles qu’ils transmettent à leurs partenaires. Qu’ils effectuent un travail, sur comment, améliorer défensivement et offensivement leurs techniques (en réajustant simplement l’axe d’un coude, en replaçant une jambe dans un axe non dangereux,…). Et qu’ils travaillent le changement d’une technique à l’autre selon les réactions de celui qui est devant eux,

Cela, parce-qu’aucun enchainement ou geste technique n’est sûr à 100%. Ce qui marche sur quelqu’un, ne marchera pas sur d’autres. Même si une technique passent dans un grand nombre de cas, il y aura toujours des exceptions. Chaque individu, chaque situation est différente.

Le Bujinkan Budô Taijutsu est une école d’adaptation.  Au fur et à mesure que vous progresserez, vos postures et vos gestes deviendront de plus en plus inexistantes, ils s’effaceront pour ne contenir que l’essentiel. C’est à partir de là, que vous pourrez passer des gestes sans réfléchir et quitterai réellement une étude traditionnelle, pour aller à une étude plus pragmatique et efficace.

Il ne faut pas voir les techniques, comme des applications strictes devant être efficaces. Elles ne servent qu’à apprendre, habituer nos corps et étudier les différentes possibilités qui s’offrent sur une réaction/une position dans l’espace prédéterminée. L’efficacité, viendra plus tard, avec le fait de pouvoir vous adapter aux différentes réactions instantanément.

Malgré tout ça, il ne faut pas vouloir aller trop vite dans l’apprentissage et laisser le temps faire. Ce n’est pas vous ou votre instructeur, qui choisirez où vous en êtes dans votre apprentissage, c’est votre corps et votre cerveau.

Le Bujinkan Budô Taijutsu, c’est aussi, une école de persévérance, dont le temps d’apprentissage peut être très long selon les pratiquants et qui peut durer toute une vie.

Cédric VARESANO
Shidoshi-hô du Bujinkan Budô Taijutsu


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L’intérêt des Stages

Pourquoi un tel article ??

Parceque j’estime, qu’il est important de noter ce que nous savons tous. Mais que les nouveaux arrivants dans les arts martiaux (ou dans le Bujinkan Budô Taijutsu) n’ont pas forcement consciences.

Dans notre pratique martiale, il est très intéressant d’aller en stages (ou séminaires).
C’est souvent l’occasion, de voir autre chose, que ce que nous travaillons en cours.

Chaque enseignant à sa propre sensibilité, pédagogie et vision des choses.
Chaque enseignant à également ses préférences et une habilité particulière dans certains domaines.

Je peux donner quelques exemples (qui n’engage que moi) :

  • On peux dire, que Dean Rosthoar a une approche particulière des armes, et qu’à l’heure actuelle c’est le meilleur enseignant de tout ce qui touche aux armes à feu et au couteau.
  • Concernant le Taijutsu, c’est Pedro Fleitas qui a, selon moi, la meilleure approche et la plus intéressante.

On pourrait faire des listes très longues selon les affinités de chaque instructeur dans notre art martial (hanbo, bo, kusari fundo, katana,…),  mais aussi selon son type d’axe de travail (traditionnel, self-defense).

Il faut avoir en tête, que l’approche d’un enseignant ne peux pas convenir à tout le monde. C’est pourquoi, les avis que vous entendez sur les stages, sont plutôt subjectif et qu’il vaux mieux juger par vous même. Des élèves apprécieront plus que d’autres, de travailler avec certains professeurs.

Il existe autant de sensibilités, de pédagogies et d’affinités, que d’enseignants.

Toutefois, il ne faut pas étudier qu’avec ceux, avec qui l’on a une accroche particulière, que se soit humainement ou techniquement. Car tous, peuvent nous apporter quelques choses (sauf si vous ne pouvez vraiment pas le voir en pâture).

J’ai de très bon souvenirs de stages. Il y a des choses qui sont restés (il s’agit souvent de touts petits gestes, qui font toute la différence), et qui reviennent malgré les années. Se sont ces petites choses, qui mises bout à bout font votre style.

Il faut à termes, que vous arriviez à avoir votre propre style dans le Bujinkan Budô Taijutsu. N’oubliez pas, que rien n’est figé.

Personnellement, mon style actuel viens de différentes influences. Et plus particulièrement de Stéphane Caly (mon professeur depuis le début), Pedro Fleitas (que j’essaye de suivre à chaque fois que possible en France), Bruno Vicaire (auquel j’ai assisté à un seul stage, mais qui a marqué profondément ma pratique et ma pédagogie) et Agustin Martinez (qui a un style proche de Pedro, étant son élève). Bien sûr, j’ai pris des petites choses auprès d’autres personnes, mais avec beaucoup moins d’impact sur ma pratique.

Je ne peux que remercier toutes ces personnes, pour les apports qu’elles m’ont faites, et font encore.

Même pour un enseignant, il est important de participer à des stages. Afin de redescendre au statut d’élève et continuer à apprendre. Personne, à part Soke, peux se venter de tout savoir sur le Bujinkan. C’est ce qui permet de se remettre en question et de remettre les pieds sur terre.

Beaucoup de hauts gradés, organisent des stages. Mais, malheureusement, pas assez participent à des stages d’autres hauts gradés. Parfois, ils ne vont qu’aux cours de Soke (une ou deux fois par an) et estiment, ne rien avoir, à apprendre des autres. Ce qui est bien dommage.

Si l’on travail des choses que l’on connaît et que l’on maîtrise lors d’un stage. Il est intéressant d’observer les petites différences, la pédagogie, qui a emmené à la technique que vous êtes entrain de faire. Il faut prendre ce qui vous convients et oublier le reste à la fin de la journée.

Je ne fais pas partie de ceux qui retiennent beaucoup de choses sur la journée ou le week-end. Je ne peux pas toujours ressortir une technique vue. C’est ce qui me fait dire, que si vous ressortez avec un geste, un déplacement ou un petit détail technique améliorer, vous êtes forcement gagnant. Et le plus souvent, vous vous serez amusé et vous aurez passé un très bon moment.

Dans notre discipline, nous avons la chance de ne pas avoir un apprentissage figé et formaté, comme au Karaté ou au Judo. Ce qui fait que les stages sont ouverts à tous, sans distinction de grade.

Du pratiquant ceinture blanche, au pratiquant ceinture noire. On aura tous, à apprendre lors d’un stage, et celà chacun avec son niveau de compréhension.

Cédric VARESANO
Shidoshi-hô du Bujinkan Budô Taijutsu


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La relation entre le Bujinkan et la MTC

Quel peut être le rapport entre le Bujinkan Budô Taijutsu et la Médecine Traditionnelle Chinoise (MTC) ?

Le Bujinkan étant Japonnais, pourquoi parler de médecine Chinoise ?

Je vais essayer de vous montrer l’importance dans le Bujinkan, d’avoir un minimum de connaissance sur cette médecine dites parallèle.

Beaucoup de pratiquants d’arts martiaux, qui ont voulu un jour approfondir leurs connaissances. Se sont retrouvés à pousser les portes de formations dans le domaine de la Médecine Traditionnelle Chinoise ou de ses dérivés.

Il faut savoir que les médecines parallèles utilisés au Japon sont des dérivées de la MTC.  Qu’elles ont toutes (à ma connaissance) les mêmes principes et que seul les noms changent d’un pays à l’autre. La Médecine Japonaise Traditionnelle n’est qu’une adaptation de la Médecine Traditionnelle Chinoise à la culture nippone.

La MTC se compose de plusieurs domaines de compétences, que sont :

  • l’acupuncture et la moxibution
  • le massage (Tuina)
  • la pharmacopée
  • la gymnastique de santé (Qi Qong)

La même chose existe au Japon avec des noms différents (Shinkyu, Koho Igaku, Kiko). Il y a aussi des dérivés, demandant un apprentissage moins poussé, qui travaillent sur les mêmes principes énergétiques et dont les noms sont plus connues (Reiki, Do In, Shiatsu,…).

Aujourd’hui, je ne traiterai pas des principes de fonctionnement de la MTC. Ni ne ferais une introduction à son étude (je n’ai d’ailleurs pas la prétention d’en être capable). C’est pourquoi, on s’arrêtera à une simple présentation de ce qu’est la Médecine Traditionnelle Chinoise.

Mais je dois signaler l’un des principes fondamentaux, auxquels se référent toutes ces disciplines : les méridiens. Il s’agit de chemins énergétiques, parcourus par un léger courant électrique. Sur ces méridiens, se trouvent des points (d’acupuncture) pouvant avoir quelques effets physiologiques, neurologiques ou de régulation des énergies selon l’utilisation qui en est faites.

Ce sont ces utilisations/réactions qui vont nous intéressé dans la pratique des arts martiaux.
Dans le Bujinkan Budô Taijutsu, ces fameux points, sont appelés « Kyusho ».

Jusqu’à maintenant, tout ce que j’ai cité à pu vous paraître totalement étranger, mais vous allez voir, que maintenant tout va prendre un sens (enfin j’espère).

Bien sûr, je ne présenterai pas tous les Kyusho utilisables, mais juste quelques uns à titre d’exemple.

Dans notre discipline, on aime à utiliser un point nommé « Jinshu » (« 26 Du Mai – Ren Zhong » ou encore « Hadome » suivant les différents schémas de points), qui se trouve juste sous le nez. Beaucoup de professeur au Bujinkan, démontre son efficacité en mettant juste un doigt dessus et en demandant à l’élève d’avancer.

On s’aperçoit alors que l’élève ne peux pas avancer, même en y mettant toute sa bonne volonté. Pourquoi ?

En MTC, le lien se fait directement, puisque c’est un point où se croisent différents méridiens (chemins énergétiques) et qui à un rôle dans l’harmonisation des énergies (réanimation ou perturbation).

Physiologiquement, c’est une région avec beaucoup de passages nerveux, ce qui permet avec une frappe assez puissante, de provoquer un K.O. ou des spasmes via l’agression des nerfs.

Nous pouvons aussi travailler avec un autre Kyusho, qui s’appelle « Dokko » (« 17 Triple Réchauffeur – Yi Feng » ou « Yugasumi »), qui lui se trouve derrière et vers le bas du pavillon de l’oreille. Souvent nous l’utilisons des deux cotés en même temps (oreille droite et oreille gauche).

En MTC, il y a encore une fois des ramifications avec d’autres méridiens (chemins énergétiques). Ce qui est souvent le cas pour les points les plus efficaces.  Il a un rôle dans les soins/défaillances auriculaires, ophtalmiques et de la face (douleurs dentaires, mâchoire, gonflements de la joue,…).

Physiologiquement, il provoque une douleur irrésistible à la pression et capte totalement l’esprit de celui qui le subit. Selon la direction et la force de l’appui, ce Kyusho peut être dangereux et c’est pourquoi à l’entraînement, il ne doit jamais être frappé.

C’est également un des points les plus connu des forces de l’ordre pour contrôler (relever) une personne récalcitrante. Dans le Bujinkan, nous l’utilisons le plus souvent,  au sol pour retourner uke sur le ventre.

Ils existent des Kyusho qui aideront à déplacer plus facilement un membre par des mouvements réflexes (enlèvement d’un point d’appui d’une jambe par exemple), provoquer une douleur importante ou pousseront à la perte d’équilibre, c’est pourquoi ils sont vraiment utiles. Ceux que nous apprenons dans le Bujinkan Budô Taijutsu ne nécessite pas de préparation particulière pour avoir une efficacité (c’est à dire, pas de frappes sur d’autres Kyusho au préalable).

Certains professeurs diront qu’il ne faut pas se soucier des Kyushos et de leurs localisations, que seule la technique compte. Voir certains (parfois hauts gradés) avoueront qu’ils ne les connaissent pas et qu’ils les créés par leurs frappes (via la douleur).

Mais à mon sens, les connaître et les utilisés est un plus dans notre pratique. Car il rajoute en efficacité tout en restant dans l’esprit de la non force.

Les frappes, dispersant la force d’impact autour de la zone touchée (même à force réduite lors de l’entraînement), il n’y a pas besoin de taper précisément sur le Kyusho, mais dans sa zone proche.

Je crois avoir fait le tour de la question, toute en ne rentrant pas trop dans les détails. Sans doute pas assez pour certains et déjà trop pour d’autres.

Ce n’est pas un sujet souvent aborder dans le Bujinkan, mais il me semblait important d’exposer ma vision des choses concernant ce sujet. L’étude des schémas (planches) de Kyusho n’étant parfois pas suffisantes dans notre discipline et pourtant en faisant partie intégrante .

Cédric VARESANO
Shidoshi-hô du Bujinkan Budô Taijutsu

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Je me permets de rajouter après coup, un lien vers un article qui est intéressant et en rapport avec notre sujet :

– Pourquoi apprendre l’Anma lorsque l’on pratique sérieusement un art martial ? (Rokudai Dojo Aix)