REFLEXION BUJINKAN

Les réflexions d'un Shidoshi-Hô


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Bouger le corps dans sa globalité

Souvent, je répète à mes élèves de bouger leurs corps dans sa globalité, comme si c’était un ensemble indissociable.

Je vais essayer par cet article d’expliquer mon point de vue à ce sujet, ce qui ne va pas être un exercice facile. Expliquer, démontrer à mes élèves par la pratique est beaucoup plus simple que de le coucher par écrit.

L’un des principaux défauts des débutants et de totalement dissocié leurs corps. Ils bougent les membres inférieurs, le bassin ou les membres supérieurs de façon totalement indépendante et non coordonnées. Ce qui fait que souvent les techniques ne sont pas aussi efficaces qu’elles devraient l’être, voir sont totalement inefficaces.

Il est important dans notre pratique, de comprendre que le mouvement est global, la plupart du temps en tout cas (peut-être est-ce, en partie, un héritage des armures du Samouraï).

Lorsque l’on bouge sur une technique, le corps doit bouger naturellement, sans avoir d’effets négatifs sur l’équilibre.

Pour schématiser : si je décide de reculer l’épaule droite, je dois reculer mon pied droit (j’aime particulièrement cette image).

Pour comprendre, on pourrait dire, que ce qui créé le mouvement se sont les hanches. Que la colonne vertébrale en restant bien droite et dans son axe fait suivre les épaules. Et que les jambes suivent elles aussi le mouvement des hanches.

Tous les segments du corps (membres inférieurs, supérieur et tronc) doivent bouger ensemble et d’un seul bloc. En tout cas, lors de l’exécution d’une technique mémoriser et comprise.

Les pratiquants n’ayant pas encore acquis ce type de mouvement, ont des tendances à oublier de bouger le bassin ou à laisser un bras trop à l’arrière par rapport à leur épaule (par exemple sur les apprentissages des clés/torsions des Kihon Happo ou les projections).

Reculer dans la globalité du corps sur une saisie à une main, permet de tendre davantage le bras de Uke afin de le faire lâcher, en ayant un léger relâchement au bout de ses doigts.

Les avantages de bouger dans un mouvement du corps global peuvent être :

  • la stabilité structurelle (donc l’équilibre du corps en général)
  • la puissance cinétique (en utilisant le poids du corps en totalité)
  • l’allonge du coup qui est plus longue
  • moins de risque de blessures
  • moins de sollicitation de la colonne vertébrale
  • moins de mouvements parasites
  • etc…

Pour exécuter un bon mouvement global, il faut :

  • bouger tout le corps en même temps (un bras seul, n’a pas beaucoup de force)
  • garder toujours la colonne vertébrale droite (pas de rotation, de flexion ou d’extension)
  • jouer sur les différentes altitudes via le centre de gravité (monter, descente du corps)
  • avoir le centre de gravité bien au centre des points d’appuis (équilibre)
  • etc…

Ce principe de déplacement me semble suffisamment important pour nécessité un tel article. Même si en l’état, il est incomplet (j’en suis conscient). Son but est de pousser à la réflexion et de figé les choses à un moment T.

Si vous voulez compléter, donner votre point de vue, n’hésitez pas…

Cédric VARESANO
Shidoshi-hô du Bujinkan Budô Taijutsu

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Le Vide

Qu’est ce que nous évoque le vide au Bujinkan ??

C’est un des 5 éléments japonnais, que l’on retrouve donc dans les « sanshin no kata » (ou gogyo). Il est le dernier des 5 généralement dans l’ordre d’apprentissage et s’appelle « Kû no kata ».

Le vide évoque aussi des principes basés sur la désorientation sensorielle et réflexe de uke:

  • s’effacer pour provoquer un déséquilibre (le célèbre principe du kûkan)
  • attirer l’attention pour attaquer ailleurs dans un quasi même moment
  • etc…

Mais à part ces facettes connues et souvent travailler, « le vide » m’évoque aussi la façon dont il se comble.

Souvent, et c’est surtout flagrant quand on travail avec les armes, je dis à mes élèves : « penser à combler les vides ».

Sur les clés, avec le hambo, il faut combler les vides pour que les clés/torsions soit efficaces. J’entends par là, ne pas laisser d’espace dans l’emprisonnement du poignet de uke lors d’une clé en « ura gyaku » par exemple. Cela en rapprochant au maximum l’emprise faites par le hambo et les poignets de tori et en comblant ainsi tous les espaces.

Il existe une autre façon de combler les vides, qui se retrouve dans les déplacements et l’utilisation de l’espace de uke.

Par exemple, sur « ka no kata », l’élément feu des « sanshin no kata », il est possible de combler le vide en se déplaçant suffisamment dans l’espace de uke et ainsi de prendre son équilibre sans que celui-ci ne puisse rien faire, c’est nous qui pouvons décider de le laisser debout …. ou non.

Lors d’un des derniers cours de la saison (2012-2013), alors que nous étions entrain de travailler sur les « sanshin no kata ». Un élève m’a dit sans que j’en parle auparavant : « Ah oui, j’ai compris ! Là aussi on comble les vides, je ressens mon équilibre partir et je ne peux rien faire, c’est trop tard ! »

Je lui ai répondu qu’effectivement, d’une certaine manière on combler aussi le vide.

Je suis sûr que ce principe doit avoir un nom, comme tous les autres, mais je l’ignore.

Bref, tous ces principes, illustrés ici, peuvent s’appliquer à main nues, comme avec les armes.

Cédric VARESANO
Shidoshi-hô du Bujinkan Budô Taijutsu