REFLEXION BUJINKAN

Les réflexions d'un Shidoshi-Hô


7 Commentaires

Le « bosho » (l’endurcissement)

Certains dans les dojos de Bujinkan ou même dans d’autres disciplines pratiquent l’endurcissement par divers moyens.

Mais la pratique du « bosho » (de l’endurcissement) doit être réfléchi et non faites n’importe comment.

C’est pourquoi, j’ai décidé de rédiger cet article aujourd’hui. Afin d’expliquer la différence entre l’endurcissement et l’entraînement physique (qui forment tout les deux l’endurcissement du corps). Les avantages d’une pratique bien pensé et les gros inconvénients d’une pratique excessive du « bosho ».

Bien sûr, cet article, n’a pas pour but d’être totalement exhaustif, mais juste d’expliquer mon point de vue personnel et pousser certains à la réflexion.

L’endurcissement

Le « bosho » est une pratique tentant de limiter l’effet de la douleur, en agissant sur le système nerveux. De vous pousser à éviter, d’avoir ces effets qui vous font bouger de façon réflexe, lorsqu’une douleur vous est infligé.

Mais c’est aussi la pratique, permettant le renforcement des mécanismes osseux. Par le biais d’un renforcement très particulier.

L’entraînement physique

C’est relativement simple, l’entraînement physique, est tout ce qui cherche à vous renforcer par le renforcement musculaire, la capacité respiratoire, etc…

Donc tout le reste !!!

Du « bosho » bien pensé

L’endurcissement nécessite d’être véritablement réfléchi. Ceci afin de ne pas avoir de conséquence physique ou nerveuse à long terme pour les pratiquants.

Il doit être effectué régulièrement et uniquement sur des espaces temps assez long. Ce délai s’étudie selon l’âge des pratiquants et de leurs capacités de récupération/reconstruction. Plus aucun hématome ne devrait être visible d’une séance à l’autre, ni aucune douleur ressentie.

Le but du « bosho », n’est pas d’inhibé totalement la douleur, mais seulement de pouvoir résister à celle-ci.

Le message transmis par le système nerveux doit donc rester intact, mais juste être différent au niveau de sa réponse.

Pour ce qui est de l’endurcissement osseux, il ne faut pas créer de micro-fissures (donc pas de choc), mais juste masser avec un objet dur les parties osseuses à durcir.

En général l’endurcissement, qu’il soit nerveux ou osseux, devrait s’effectuer sur de petites séries avec peu de répétitions (3×5 par exemple).

Le « bosho » passé

Autrefois, l’endurcissement était véritablement plus dur, que ce qui doit être pratiqué aujourd’hui.

Le but était d’aller purement et simplement au combat. L’espérance de vie était beaucoup plus courte qu’actuellement.

C’est pourquoi l’effet rechercher était l’inhibition total de la sensibilité nerveuse par l’altération des nerfs et la création de cales importantes créer par des fissures osseuses à répétitions (type makiwara au Karaté).

Les lésions étaient nombreuses et accepter par les pratiquants. Certains les acceptes encore aujourd’hui et je serais tenté de dire « malheureusement ».

La nécessité d’un tel entraînement n’est plus nécessaire dans notre vie quotidienne et moderne.

Le « bosho », à mon sens, doit toujours être d’actualité, mais sans créer de lésions irréversibles pour le corps des pratiquants.

Les avantages d’un « bosho » réfléchi

  • acceptation de la douleur
  • résistance psychologique
  • résistance de la posture face à la douleur
  • pas de troubles neurologiques ou osseux irréversibles

Les inconvénients d’un « bosho » excessif

  • inhibition totale du système nerveux (donc plus de message d’alerte à la douleur = risque de blessures graves)
  • création de micro-fissures osseuses et de cales (troubles articulaires en vieillissant)
  • hématomes quasi-permanent (jusqu’à des lésions irréversible du système circulatoire et/ou nerveux)
  • douleurs prolongées sur de longues périodes, voir quasi-permanente (jusqu’à lésion irréversible du système nerveux)
Publicités


5 Commentaires

Choisir un bon professeur

Je vous propose aujourd’hui, d’aller voir cet article intéressant et valable pour notre discipline.

http://fudoshinkan.eu/choisir-un-bon-professeur/

Je suis complétement en accord avec le contenu de celui-ci.

Cédric VARESANO
Shidoshi-hô du Bujinkan Budô Taijutsu


2 Commentaires

Discussion sur « les Kamae »

Il y a quelque temps, j’avais posté un article sur les « Sanshi no Kata ». Dans cet article, les commentaires, ont glissé sur une discussion à propos des Kamae (postures). C’est pourquoi, je vais remettre ici, les commentaires concernés, afin que tous le monde puisse y avoir accès facilement.

Et éventuellement continuer la discussion avec des points de vues différents.

CLAUDE :

[…]

J’aimerais connaître votre point de vue sur les Kamae. Personnellement, je les vois comme des transitions dans l’exécution des techniques. Par exemple, le SanShin Sui no Kata peut s’exécuter en enchaînant Shizen no Kamae –> Hidari Bobi no Kamae –> Hidari Dokko no Kamae –> Migi Bobi no Kamae. Il est important de maîtriser les kamae afin d’avoir une posture et un équilibre solide, mais il faut en même temps être capable de les enchaîner avec fluidité, sans pause dans la séquence des mouvements et des déplacements.

Qu’est-ce que vous en pensez?

CEDRIC :

[…]

A mon sens, les Kamae ne sont pas figés. Ce sont des points de passages (un peu comme une photographie) à un moment T d’une technique et c’est pourquoi il est important de pouvoir les enchaîner avec fluidités.

L’apport des Kamae permets, en plus de la maîtrise/gestion de l’équilibre, d’apprendre à bouger et à se déplacer de manière efficace.

Au début de l’apprentissage, il est normal de grossir/styliser les Kamae (et même important), pour prendre les bons plis (un peu à l’idée d’un pantalon de costume que l’on met bien plier sur un cintre).

Arrivé à un certain niveau, je pense, qu’il faut réussir à passer les Kamae en les gommant, mais en gardant toutes leurs essences (se les approprier). Ceci afin de toujours être efficace. Et pour que lorsque l’on passe des techniques, elles soient facilitées par la mémoire corporelle (enregistrement moteur à force de répéter des séries de mouvements lors des entraînements).

Le fait de démarrer une technique dans tel ou tel Kamae, ne doit pas être un élément perturbant. C’est l’esprit ou l’attitude à avoir qui compte. C’est à dire, est-ce une technique que je dois pouvoir passer naturellement en marchant, donc en étant au neutre (Shizen no Kamae) ? Est-ce que mon attitude doit être défensive (Hichimonji no Kamae) ? Est-ce que je dois être sur mes gardes, prêt à réagir, mais sans être défensif pour autant (Gaisho no Kamae) ? Ou est-ce que je dois être dans une attitude de combat déjà engagé, donc offensif (Dokko no Kamae) ?

Bien sûr, les citations des Kamae ci-dessus, ne sont ni exhaustives, ni forcement à définir dans une attitude pré-définie. Ce ne sont que des exemples.

Bref, c’est ma façon de voir les Kamae […].

CLAUDE :

Très intéressant! J’apprécie particulièrement l’idée de considérer les kamae comme des « points de passage ». C’est une très belle image qui illustre à merveille ce qu’est un kamae! J’aime également l’idée d’exagérer les kamae au début de l’apprentissage afin de parvenir à s’imprégner de leur essence.

Vous mentionnez l’importance d’adopter une attitude de combat appropriée au kamae. C’est un aspect du Bujinkan que je ne connais pas très bien. Par ailleurs, j’ai l’impression que le lien entre l’attitude de combat et le kamae peut être subjectif, en particulier lorsqu’on parle « d’être sur ses gardes sans être défensif ». Au delà des attitudes franchement offensive ou défensive, dans quelle mesure est-il important de développer et cultiver des attitudes plus nuancées? Comment ces nuances influencent-elles l’efficacité d’une technique?

[…]

CEDRIC :

Effectivement, c’est complétement subjectif et à voir au cas par cas.

Après, pourquoi travailler des attitudes plus nuancées ? C’est une bonne question !

Pour répondre, je suis tenté de dire, que c’est pour habituer le corps à réagir, le plus naturellement possible en toutes occasions.

Que l’utilité se voit surtout à partir d’un certain niveau. Quand on commence à ressentir des choses et à voir la corrélation de tout ce que l’on a vu (dans nos bases), avec des applications pouvant être mis en pratique sur de la self-defense.

En self-defense, à mon sens, il est important d’apprendre quelques moyens de préventions élémentaires et les différentes façons physiques/verbales d’éviter que les situations de conflits s’enveniment en agressions physiques. Mais aussi comment réagir si nous n’avons pas le choix, pour tenter de sauver notre vie (beaucoup, ne se contente que de ce dernier aspect). Touts les actes, dans ces moments là, seront purement instinctifs et irréfléchis, avec un brin d’adrénaline.

C’est pourquoi dans la partie pratique, il est à mon sens important d’apprendre à bouger à partir d’une position naturelle neutre (comme Shizen no Kamae), pour faire suite par exemple à une agression inopinée lorsque l’on marche dans la rue. Ou encore, d’être sur une position d’attente ou de vigilance (comme Gaisho no Kamae) pour faire face à quelqu’un que l’on trouve agressif ou bizarre et qui nous interpelle (ou non). Sans pour autant envenimer les choses (ce qui pourrait être le cas d’une position défensive ou agressive), mais en restant prêt à réagir.

Puis je dirais, que ces Kamae, ont l’avantage de permettre de réagir assez vite à droite, comme à gauche. Et que l’instinct se fixant sur ce que l’on connait, les drills dans ces positions peuvent être utiles. En tout cas, une fois devenue naturelle dans la forme de corps et intégré dans la mémoire corporelle. C’est un peu la même chose que les militaires qui font des drills de combat pour pouvoir être prêt sur le terrain en opération. D’expérience, on ne réfléchit pas, on fait ce que l’on c’est entrainé à faire et à répéter sans relâche. Ce sont des automatismes.

Si l’on reste sur une pratique plus traditionnelle (ce qui est mon cas au dojo), ça me parait bien de commencer dès le début à travailler aussi à partir de ces positions. Afin que les acquis soient déjà présents dans la mémoire du corps, qu’il ne reste plus qu’aux pratiquants à murir et à s’apercevoir de toutes les possibilités offertes par la suite.

Mais attention, comme je le dis toujours, ce n’est que ma façon très personnelle de voir les choses.

Je ne crois pas que sur ce sujet, il y est quelqu’un qui soit plus dans le vrai ou le faux qu’un autre, mais que nous prenons tous des chemins différents suivant nos vécus et notre recherche dans la pratique.

CLAUDE :

Effectivement, l’intégration des kamae dans la pratique est très personnelle. De mon côté, j’attache moins d’importance à l’attitude inspirée par les kamae et plus à leur utilisation comme moyens de diriger l’apprentissage des mouvements.

Vous avez peut-être déjà lu l’article suivant tiré d’un autre blog: http://bujinkangard.wordpress.com/2011/03/14/kamae/ Il présenterait, selon l’auteur, le point de vue de Soke Hatsumi sur le sujet. Il dit notamment: « (…) The kamae themselves are mere guides or suggestions for the most effective use of the body weapon. As such, they are physical attitudes, and are by no means to be adhered to in precise imitation. Each individual body, with its unique configuration of muscle and bone alignments will naturally determine it’s own pragmatic and comfortable variations of the basic fighting postures. As the student progresses, the kamae become less and less significant as specific poses, as they are gradually assimilated into the character of the individual. Once these fundamentals are internalized, the most advanced fighting posture becomes a “no fighting posture.” « 

Votre point de vue rejoint donc celui de Soke Hatsumi.

CEDRIC :

Oui je connais cette article… depuis hier.

N’étant pas anglophone j’en ai fait une traduction via le traducteur google, et je me suis dit, que ça coller avec mon point de vue.

Que l’on y retrouvait pas mal d’éléments déjà cités sur mes précédents commentaires.

Merci Claude, pour la citation de Soke.

SEBASTIEN :

Avec un brin d’imagination, je suis convaincu qu’on peut prendre n’importe quel kamae et l’adapter à une situation afin de prendre une posture défensive sans avoir l’air menaçant!

Par exemple, on peut modifier juumonji no kamae en rentrant les poings sous les bras comme tout occidentaux fait couramment. Ce qui permet d’avoir une posture de défense sans avoir l’air sur ses gardes.

Un petit lien exemple :

http://www.youtube.com/watch?v=OZW7Bg6Uf4w

CEDRIC :

C’est aussi une solution que j’aime bien, mais que je travail moins souvent.

On est énormément à avoir un jour croisé les bras en attendant à un arrêt de bus ou ailleurs. C’est totalement naturel comme position pour beaucoup. Alors pourquoi pas la travailler pour habituer le corps… ;)

L’avantage de cette position à mon sens et de pouvoir déplacer les mains, avec rapidité et instinctivement, autant vers les parties basses, que vers le haut de l’adversaire.


3 Commentaires

L’apprentissage des techniques

Aujourd’hui, nous allons essayer de mettre des mots sur ma vision de l’étude des enchainements techniques.

Dans le Bujinkan Budô Taijutsu (et les arts martiaux en général), nous voyons des gestes de bases (clés, torsions, déplacements, blocages,…). Quand chacun de ces gestes est mis bouts à bout on aboutit à une technique.

C’est à partir de là, que selon notre niveau d’apprentissage (avancé ou débutant), il peut exister deux stades d’étude et de compréhension à mon sens.

  • Le premier stade d’étude, concerne le travail du geste lui-même. Geste par geste, l’on doit apprendre sa maîtrise et quelque soit son niveau, on arrive toujours à apprendre des choses en passant l’enchaînement technique (selon un placement ou une orientation différente, un approfondissement de la connaissance mécanique, la réaction provoquer,…).
  • Le second stade d’étude, lui concerne les plus avancés (même s’ils doivent continuer à travailler le premier). Une fois que les gestes de bases sont maîtrisés, de façon à pouvoir réaliser les enchaînements techniques sans focaliser dessus. La recherche tient plutôt du principe. Celui de faire la technique en partie seulement, et de pouvoir passer sur une autre, selon les réactions de celui qu’ils ont en face d’eux. Savoir détecter les différentes possibilités qui s’offrent.

A termes, quelque soit la technique, il faut savoir s’adapter et en changer.

Lors d’un cours, il est important que les étudiants débutants, restent sur l’étude de la technique proprement dites. Qu’ils étudient, le geste principal contenu dans celle-ci, les déplacements, les postures de bases, la hauteur du centre de gravité, qui feront la réussite de l’enchaînement technique. Il faut qu’ils cherchent uniquement à s’adapter aux différentes morphologies de leurs partenaires.

Le fait de vous forcer à passer les enchaînements techniques en utilisant les positions de bases (kamae), un peu plus rigide dans l’apprentissage, vont faire acquérir à votre corps les bons automatismes pour vos déplacements.

Pour les pratiquants plus avancés, après avoir appris la maîtrise du geste. Il faut qu’ils travaillent sur une recherche de leurs propres sensations et celles qu’ils transmettent à leurs partenaires. Qu’ils effectuent un travail, sur comment, améliorer défensivement et offensivement leurs techniques (en réajustant simplement l’axe d’un coude, en replaçant une jambe dans un axe non dangereux,…). Et qu’ils travaillent le changement d’une technique à l’autre selon les réactions de celui qui est devant eux,

Cela, parce-qu’aucun enchainement ou geste technique n’est sûr à 100%. Ce qui marche sur quelqu’un, ne marchera pas sur d’autres. Même si une technique passent dans un grand nombre de cas, il y aura toujours des exceptions. Chaque individu, chaque situation est différente.

Le Bujinkan Budô Taijutsu est une école d’adaptation.  Au fur et à mesure que vous progresserez, vos postures et vos gestes deviendront de plus en plus inexistantes, ils s’effaceront pour ne contenir que l’essentiel. C’est à partir de là, que vous pourrez passer des gestes sans réfléchir et quitterai réellement une étude traditionnelle, pour aller à une étude plus pragmatique et efficace.

Il ne faut pas voir les techniques, comme des applications strictes devant être efficaces. Elles ne servent qu’à apprendre, habituer nos corps et étudier les différentes possibilités qui s’offrent sur une réaction/une position dans l’espace prédéterminée. L’efficacité, viendra plus tard, avec le fait de pouvoir vous adapter aux différentes réactions instantanément.

Malgré tout ça, il ne faut pas vouloir aller trop vite dans l’apprentissage et laisser le temps faire. Ce n’est pas vous ou votre instructeur, qui choisirez où vous en êtes dans votre apprentissage, c’est votre corps et votre cerveau.

Le Bujinkan Budô Taijutsu, c’est aussi, une école de persévérance, dont le temps d’apprentissage peut être très long selon les pratiquants et qui peut durer toute une vie.

Cédric VARESANO
Shidoshi-hô du Bujinkan Budô Taijutsu


5 Commentaires

L’intérêt des Stages

Pourquoi un tel article ??

Parceque j’estime, qu’il est important de noter ce que nous savons tous. Mais que les nouveaux arrivants dans les arts martiaux (ou dans le Bujinkan Budô Taijutsu) n’ont pas forcement consciences.

Dans notre pratique martiale, il est très intéressant d’aller en stages (ou séminaires).
C’est souvent l’occasion, de voir autre chose, que ce que nous travaillons en cours.

Chaque enseignant à sa propre sensibilité, pédagogie et vision des choses.
Chaque enseignant à également ses préférences et une habilité particulière dans certains domaines.

Je peux donner quelques exemples (qui n’engage que moi) :

  • On peux dire, que Dean Rosthoar a une approche particulière des armes, et qu’à l’heure actuelle c’est le meilleur enseignant de tout ce qui touche aux armes à feu et au couteau.
  • Concernant le Taijutsu, c’est Pedro Fleitas qui a, selon moi, la meilleure approche et la plus intéressante.

On pourrait faire des listes très longues selon les affinités de chaque instructeur dans notre art martial (hanbo, bo, kusari fundo, katana,…),  mais aussi selon son type d’axe de travail (traditionnel, self-defense).

Il faut avoir en tête, que l’approche d’un enseignant ne peux pas convenir à tout le monde. C’est pourquoi, les avis que vous entendez sur les stages, sont plutôt subjectif et qu’il vaux mieux juger par vous même. Des élèves apprécieront plus que d’autres, de travailler avec certains professeurs.

Il existe autant de sensibilités, de pédagogies et d’affinités, que d’enseignants.

Toutefois, il ne faut pas étudier qu’avec ceux, avec qui l’on a une accroche particulière, que se soit humainement ou techniquement. Car tous, peuvent nous apporter quelques choses (sauf si vous ne pouvez vraiment pas le voir en pâture).

J’ai de très bon souvenirs de stages. Il y a des choses qui sont restés (il s’agit souvent de touts petits gestes, qui font toute la différence), et qui reviennent malgré les années. Se sont ces petites choses, qui mises bout à bout font votre style.

Il faut à termes, que vous arriviez à avoir votre propre style dans le Bujinkan Budô Taijutsu. N’oubliez pas, que rien n’est figé.

Personnellement, mon style actuel viens de différentes influences. Et plus particulièrement de Stéphane Caly (mon professeur depuis le début), Pedro Fleitas (que j’essaye de suivre à chaque fois que possible en France), Bruno Vicaire (auquel j’ai assisté à un seul stage, mais qui a marqué profondément ma pratique et ma pédagogie) et Agustin Martinez (qui a un style proche de Pedro, étant son élève). Bien sûr, j’ai pris des petites choses auprès d’autres personnes, mais avec beaucoup moins d’impact sur ma pratique.

Je ne peux que remercier toutes ces personnes, pour les apports qu’elles m’ont faites, et font encore.

Même pour un enseignant, il est important de participer à des stages. Afin de redescendre au statut d’élève et continuer à apprendre. Personne, à part Soke, peux se venter de tout savoir sur le Bujinkan. C’est ce qui permet de se remettre en question et de remettre les pieds sur terre.

Beaucoup de hauts gradés, organisent des stages. Mais, malheureusement, pas assez participent à des stages d’autres hauts gradés. Parfois, ils ne vont qu’aux cours de Soke (une ou deux fois par an) et estiment, ne rien avoir, à apprendre des autres. Ce qui est bien dommage.

Si l’on travail des choses que l’on connaît et que l’on maîtrise lors d’un stage. Il est intéressant d’observer les petites différences, la pédagogie, qui a emmené à la technique que vous êtes entrain de faire. Il faut prendre ce qui vous convients et oublier le reste à la fin de la journée.

Je ne fais pas partie de ceux qui retiennent beaucoup de choses sur la journée ou le week-end. Je ne peux pas toujours ressortir une technique vue. C’est ce qui me fait dire, que si vous ressortez avec un geste, un déplacement ou un petit détail technique améliorer, vous êtes forcement gagnant. Et le plus souvent, vous vous serez amusé et vous aurez passé un très bon moment.

Dans notre discipline, nous avons la chance de ne pas avoir un apprentissage figé et formaté, comme au Karaté ou au Judo. Ce qui fait que les stages sont ouverts à tous, sans distinction de grade.

Du pratiquant ceinture blanche, au pratiquant ceinture noire. On aura tous, à apprendre lors d’un stage, et celà chacun avec son niveau de compréhension.

Cédric VARESANO
Shidoshi-hô du Bujinkan Budô Taijutsu


3 Commentaires

Blessure et pratique

Dans le Bujinkan, l’adaptation est le maître mot. C’est pourquoi une blessure ne doit pas vous empêcher de vous entraîner.

Attention, je ne vous dis pas qu’il faut aller contre les prescriptions médicales qui demandent un arrêt total des d’activités physiques.

Je veux dire, seulement, qu’il y a différentes façons de s’entraîner. Il suffit d’en avoir conscience pour ne pas s’arrêter vraiment. Tout entraînement n’est pas nécessairement physique.

Dans le cas, où vous seriez blessé à un membre supérieur (épaule, bras,…), il est facile d’adapter les exercices en fonction de votre handicap passager (il s’agit même d’un travail très intéressant). Il ne faudra pas hésiter à demander à vos professeurs, comment adapté tel ou tel technique, si vous ne le voyez pas de vous même.

Bien sûr, il y aura des choses que vous ne pourrez pas faire, notamment ce qui nécessite particulièrement l’utilisation du membre malade, mais cela devrait être minime.

Dans le cas, où vous seriez atteint à un membre inférieur (hanche, genou,…), il sera moins facile de vous adapter, voir pas du tout selon la gravité de votre blessure.

Si vous pouvez utiliser votre membre, ménager le et adapté les techniques à ces fins. Mais très souvent il y aura une période (parfois assez longue) d’immobilisation qui vous empêchera de pratiquer physiquement.

C’est dans ces cas, où la pratique est totalement impossible, qu’il faut travailler, s’entraîner, d’une manière différente que l’entraînement physique que l’on connaît traditionnellement.

Je ne peux que vous encourager à continuer d’aller au cours le plus souvent possible. On apprend beaucoup par l’observation à ces moments là. Parfois bien plus que lorsque l’on pratique intensivement.

Il est bien aussi lorsque l’on est dans ce cas là, de travailler aussi les techniques, les déplacements et tous ce qui est fait lors des cours, mais en utilisant la visualisation (ou imagerie visuelle).

En même temps que les autres font les techniques, profitez en pour fermer les yeux et répéter les visualisations du geste, de la technique 5 ou 10 fois, selon votre capacité à le faire. Vous verrez que c’est un travail, pas toujours évidant, et même parfois tout aussi fatiguant que l’entraînement physique en fin de session. La visualisation demande énormément de concentration lorsqu’elle est bien faites.

Une bonne visualisation fait jouer les mêmes muscles, que la pratique physique via des micro contraction. Donc, votre corps imprimera aussi dans sa mémoire (même si c’est moins évident que lors d’une pratique physique). Et vous permettra également de mieux mémoriser dans votre tête.

Il est important pour bien travailler en visualisation de :

  • toujours faire une visualisation positive (réussite de la technique, du geste)
  • respecter les caractéristiques spatio-temporelles de vos mouvements
  • respecter le temps de mouvement réel du mouvement
  • essayer de combiner les différents modes de visualisation (1° personne, 3° personne, kinesthésique, tactile)
  • adapter le contexte de pratique (le strict respect de la représentation de l’espace de pratique)

D’ailleurs c’est une pratique qui n’est pas inintéressante en plus de vos entraînements physiques en temps normal afin de vous perfectionner.

L’imagerie mentale est aussi une pratique qui peux se faire à la maison, il sera juste plus difficile de prendre en compte le contexte de pratique. Elle peux se faire, par exemple en regardant une vidéo de la discipline (pour remplacer le cours à visualiser).

Si vous souhaitez aller plus loin dans l’imagerie mentale, le livre « Visualisation en sports de combats » d’Aymeric GUILLOT fait une bonne introduction à ce sujet.

Cédric VARESANO
Shidoshi-hô du Bujinkan Budô Taijutsu