REFLEXION BUJINKAN

Les réflexions d'un Shidoshi-Hô


15 Commentaires

L’origine du « Ten Chi Jin Ryaku no Maki »

On a tous entendu parlé du fameux « Ten Chi Jin Ryaku no Maki ». On le connait en France, comme le programme officiel du Bujinkan.

Cet article, ne sera pas forcement une affirmation de ce qu’est le « Ten Chi Jin Ryaku no Maki », mais plus une réflexion. Qui méritera d’être éclairé par nos plus anciens.

En parcourant le net, je suis tombé sur des « on dit » très différents, concernant l’origine de ce programme. C’est ce qui m’a décidé à écrire cet article.

D’ailleurs est-ce vraiment un programme technique à la base ?

Les différentes versions que j’ai pu rencontrer au gré des différents forums et sites Internet sont les suivantes :

  • Il aurait été fait par Soke Hatsumi Masaaki, qui l’aurait imposé comme programme pour l’étude du « Bujinkan Ninpô Taijutsu » (et oui, ça remonte loin, avant 1995, année où l’appellation a changé en « Bujinkan Budô Taijutsu »).
  • Il y a aussi le bruit, que se serait Philippe Barthélémy qui l’aurait produit et imposait dans son école dans les années 1980.
  • Ou que se serait un produit purement commercial et franco-français.

Je m’en tiendrai à ces trois bruits de couloirs, qui sont la majorité, de ceux que l’on retrouve sur le net francophone. Bien que je suis sûr qu’il doit en avoir d’autres, sur lesquelles je ne suis pas encore tombés.

Chacun prêche pour sa paroisse, selon son école et ce qu’il entend depuis toujours, rien de plus normal. Mais ce qui m’intéresse, c’est de remonter à la réalité des choses.

Alors, il me semble avoir trouvé l’origine du « Ten Chi Jin Ryaku no Maki ». Le nom, lui-même, viens des chapitres du livre « Togakure Ryu Ninpô » paru en 1981 (si je ne me trompe pas). C’est un livre écrit par Hatsumi Masaaki, qui présente des bases de travail, tout en photos.

Pourtant, on ne trouve que quelques pages à la fin du livre, semblant avoir un rapport avec le Togakure Ryu. 95% du livre, présente uniquement, les bases communes à toutes nos écoles (ou considéré comme tel, par tous les dojos enseignants le « Bujinkan Budô Taijutsu » actuellement).

D’après certaines discussions avec des Shihan. A l’époque, toutes les consignes de Soke, parvenaient aux Shidoshi et Shihan lors des commandes annuelles (cartes de la Shidoshi-Kai, patch Bujinkan,…) via le biais de photocopies. Mais Soke, n’en aurait pas fait un programme officiel, puisqu’il n’a pas communiqué auprès de ses Shidoshi et Shihan une information allant dans ce sens.

La forme que l’on connait aujourd’hui (une série de descriptifs, sans aucune photo et plutôt austère), semble être arrivée après la fin d’édition et la rupture de stock de cet ouvrage.

La similitude entre les deux, me fait dire, qu’il doit s’agir d’une copie du contenu du livre. Pour garder cet enseignement, qui paraissait intéressant pour l’apprentissage des écoles qui compose les disciplines issues du Takamatsuden.

Intéressant, parceque notre esprit occidental à besoin d’un fil conducteur dans l’apprentissage, d’un objectif prédéfini. Ce qui ne semble pas être le cas des Japonnais, qui on l’air de se poser moins de questions. D’être plutôt dans la mentalité « je fais ce que l’on me dit. Je verrai où le Maître veux m’emmener ».

Pourquoi existe-t-il 3 versions du « Ten Chi Jin Ryaku no Maki » ?
Sur ce point, je n’ai trouvé aucune information. Peut-être est-ce différentes interprétations/traductions de l’ouvrage à partir du Japonnais ? Ou est-ce dû a des nominations et des feelings techniques utilisés plus à certaines époques et moins à d’autres ?

J’avoue ne pas avoir, encore, pris le temps de regarder l’intégralité des 3 versions. Et je trouverai peut-être ma réponse une fois que je l’aurais fait.

Le premier à avoir sortie le premier « Ten Chi Jin Ryaku no Maki » sous sa forme actuelle, en version anglaise, serait Sveneric Bogsater vers 1990.

Ensuite de ces versions ont découlé une version franco-française, reprenant des éléments, mais légèrement différente du « Ten Chi Jin Ryaku no Maki » initiale. Il s’agit du « Protek » (PROgramme TEKnique) écrit par Arnaud Cousergue vers 1997. Comme il le dit lui même dans l’introduction, il s’agit de sa vision des choses sur le « Ten Chi Jin Ryaku no Maki » à moment T.

C’est à mon sens, un bon travail qu’il a fourni avec le Protek et c’est un des rares documents de travail qui existe en langue française.

Pour résumer, avec tous les faits en ma possession à ce jour. Le « Ten Chi Jin Ryaku no Maki » ne serait pas un programme officiel, malgré les bruits qui courent depuis des années (c’est ce que j’ai toujours entendu pour ma part). Et l’on doit bien sa création à Soke Masaaki Hatsumi, malgré que certains semble avoir essayé de faire croire le contraire à leurs élèves (je pense à Philippe Barthélémy). En tout cas si l’on considère son livre comme point de départ.

Par contre, n’oublions pas que pour notre esprit occidental, avoir un cheminement logique et une vision du but final à atteindre est important. C’est pourquoi, aujourd’hui, on parle d’un programme.

Mais chacun peux établir celui qu’il désire, tout en respectant l’enseignement de Soke Hatsumi Masaaki. Qui finalement peut-être aussi souple et diversifié, que doit l’être notre pratique.

De toute façon, quoiqu’il arrive, on passera toujours par les bases, et elles resteront toujours les mêmes.

Cédric VARESANO
Shidoshi-hô du Bujinkan Budô Taijutsu

Publicités


2 Commentaires

La relation entre le Bujinkan et la MTC

Quel peut être le rapport entre le Bujinkan Budô Taijutsu et la Médecine Traditionnelle Chinoise (MTC) ?

Le Bujinkan étant Japonnais, pourquoi parler de médecine Chinoise ?

Je vais essayer de vous montrer l’importance dans le Bujinkan, d’avoir un minimum de connaissance sur cette médecine dites parallèle.

Beaucoup de pratiquants d’arts martiaux, qui ont voulu un jour approfondir leurs connaissances. Se sont retrouvés à pousser les portes de formations dans le domaine de la Médecine Traditionnelle Chinoise ou de ses dérivés.

Il faut savoir que les médecines parallèles utilisés au Japon sont des dérivées de la MTC.  Qu’elles ont toutes (à ma connaissance) les mêmes principes et que seul les noms changent d’un pays à l’autre. La Médecine Japonaise Traditionnelle n’est qu’une adaptation de la Médecine Traditionnelle Chinoise à la culture nippone.

La MTC se compose de plusieurs domaines de compétences, que sont :

  • l’acupuncture et la moxibution
  • le massage (Tuina)
  • la pharmacopée
  • la gymnastique de santé (Qi Qong)

La même chose existe au Japon avec des noms différents (Shinkyu, Koho Igaku, Kiko). Il y a aussi des dérivés, demandant un apprentissage moins poussé, qui travaillent sur les mêmes principes énergétiques et dont les noms sont plus connues (Reiki, Do In, Shiatsu,…).

Aujourd’hui, je ne traiterai pas des principes de fonctionnement de la MTC. Ni ne ferais une introduction à son étude (je n’ai d’ailleurs pas la prétention d’en être capable). C’est pourquoi, on s’arrêtera à une simple présentation de ce qu’est la Médecine Traditionnelle Chinoise.

Mais je dois signaler l’un des principes fondamentaux, auxquels se référent toutes ces disciplines : les méridiens. Il s’agit de chemins énergétiques, parcourus par un léger courant électrique. Sur ces méridiens, se trouvent des points (d’acupuncture) pouvant avoir quelques effets physiologiques, neurologiques ou de régulation des énergies selon l’utilisation qui en est faites.

Ce sont ces utilisations/réactions qui vont nous intéressé dans la pratique des arts martiaux.
Dans le Bujinkan Budô Taijutsu, ces fameux points, sont appelés « Kyusho ».

Jusqu’à maintenant, tout ce que j’ai cité à pu vous paraître totalement étranger, mais vous allez voir, que maintenant tout va prendre un sens (enfin j’espère).

Bien sûr, je ne présenterai pas tous les Kyusho utilisables, mais juste quelques uns à titre d’exemple.

Dans notre discipline, on aime à utiliser un point nommé « Jinshu » (« 26 Du Mai – Ren Zhong » ou encore « Hadome » suivant les différents schémas de points), qui se trouve juste sous le nez. Beaucoup de professeur au Bujinkan, démontre son efficacité en mettant juste un doigt dessus et en demandant à l’élève d’avancer.

On s’aperçoit alors que l’élève ne peux pas avancer, même en y mettant toute sa bonne volonté. Pourquoi ?

En MTC, le lien se fait directement, puisque c’est un point où se croisent différents méridiens (chemins énergétiques) et qui à un rôle dans l’harmonisation des énergies (réanimation ou perturbation).

Physiologiquement, c’est une région avec beaucoup de passages nerveux, ce qui permet avec une frappe assez puissante, de provoquer un K.O. ou des spasmes via l’agression des nerfs.

Nous pouvons aussi travailler avec un autre Kyusho, qui s’appelle « Dokko » (« 17 Triple Réchauffeur – Yi Feng » ou « Yugasumi »), qui lui se trouve derrière et vers le bas du pavillon de l’oreille. Souvent nous l’utilisons des deux cotés en même temps (oreille droite et oreille gauche).

En MTC, il y a encore une fois des ramifications avec d’autres méridiens (chemins énergétiques). Ce qui est souvent le cas pour les points les plus efficaces.  Il a un rôle dans les soins/défaillances auriculaires, ophtalmiques et de la face (douleurs dentaires, mâchoire, gonflements de la joue,…).

Physiologiquement, il provoque une douleur irrésistible à la pression et capte totalement l’esprit de celui qui le subit. Selon la direction et la force de l’appui, ce Kyusho peut être dangereux et c’est pourquoi à l’entraînement, il ne doit jamais être frappé.

C’est également un des points les plus connu des forces de l’ordre pour contrôler (relever) une personne récalcitrante. Dans le Bujinkan, nous l’utilisons le plus souvent,  au sol pour retourner uke sur le ventre.

Ils existent des Kyusho qui aideront à déplacer plus facilement un membre par des mouvements réflexes (enlèvement d’un point d’appui d’une jambe par exemple), provoquer une douleur importante ou pousseront à la perte d’équilibre, c’est pourquoi ils sont vraiment utiles. Ceux que nous apprenons dans le Bujinkan Budô Taijutsu ne nécessite pas de préparation particulière pour avoir une efficacité (c’est à dire, pas de frappes sur d’autres Kyusho au préalable).

Certains professeurs diront qu’il ne faut pas se soucier des Kyushos et de leurs localisations, que seule la technique compte. Voir certains (parfois hauts gradés) avoueront qu’ils ne les connaissent pas et qu’ils les créés par leurs frappes (via la douleur).

Mais à mon sens, les connaître et les utilisés est un plus dans notre pratique. Car il rajoute en efficacité tout en restant dans l’esprit de la non force.

Les frappes, dispersant la force d’impact autour de la zone touchée (même à force réduite lors de l’entraînement), il n’y a pas besoin de taper précisément sur le Kyusho, mais dans sa zone proche.

Je crois avoir fait le tour de la question, toute en ne rentrant pas trop dans les détails. Sans doute pas assez pour certains et déjà trop pour d’autres.

Ce n’est pas un sujet souvent aborder dans le Bujinkan, mais il me semblait important d’exposer ma vision des choses concernant ce sujet. L’étude des schémas (planches) de Kyusho n’étant parfois pas suffisantes dans notre discipline et pourtant en faisant partie intégrante .

Cédric VARESANO
Shidoshi-hô du Bujinkan Budô Taijutsu

——————————————————–

Je me permets de rajouter après coup, un lien vers un article qui est intéressant et en rapport avec notre sujet :

– Pourquoi apprendre l’Anma lorsque l’on pratique sérieusement un art martial ? (Rokudai Dojo Aix)


16 Commentaires

Le Taijutsu

Ce mot de « Taijutsu », que vous évoque-t-il ?

Les techniques de combats à mains nues me direz-vous ?!
Et bien vous aurez raison !

Essayons de pousser un peu plus notre réflexion sur ce mot.

C’est donc un terme générique, qui désigne les techniques à mains nues. Il faut savoir, que les mots « Taijitsu » et « Tai-Jitsu » sont exactement la même chose. L’origine de cette différence, viens simplement d’un défaut de prononciation des caractères Japonais, lors de leurs diffusions dans le monde. Ces trois mots s’écrivent de la même façon (au Japon).

Donc dans d’autres disciplines que le Bujinkan Budô Taijutsu, si vous entendez ces mots, ne soyez pas perdu. Il s’agit des techniques de combats à mains nues. Qui à l’origine étaient rattachées à chaque Ryu-Hâ (école traditionnelle).

Ce défaut de prononciation, se retrouve dans d’autres mots, comme par exemples Jûjutsu, Jûjitsu, Jû-jitsu ou de Jiû-jitsu. Si vous entendez un de ces quatres mots, il s’agira du combat rapproché.

Le Taijutsu se composent de trois groupes de techniques :

  • Le Dakentaijutsu
  • Le Jutaijutsu
  • Le Taihenjutsu

Le « Dakentaijutsu » est l’ensemble des techniques, à bases de blocages et de coups frappés sur certaines localisations du corps humain. Ces localisations peuvent être osseuses (Koppōjutsu), musculaires (Koshijutsu) ou sur le circuit énergétique/nerveux (Kyushojutsu).

Le « Jutaijutsu », rassemble les techniques de projections, de contrôle, de clefs et de luxations.

Et enfin, le « Taihenjutsu » comprend tous ce qui concerne le corps en lui-même. C’est à dire les déplacements, les roulades et les brises chutes, les évasions, les postures, etc.

On remarque lorsque l’on décrit ces différents groupes, que le Dakentaijutsu se rapproche du Kenpô (combat pied-poing, ancêtre du Karaté). Le Jutaijutsu se rapproche du JûJutsu (combat rapproché, ancêtre du Judo) et que le Taihenjutsu concerne tous ce qui est en rapport étroit avec le pratiquant et son corps.

Mais alors pourquoi notre discipline, qui s’appelle « Bujinkan Budô Taijutsu », ne comporte-t-elle pas que du combat à mains nues ? Pourquoi ce nom de Taijutsu dans la nomination de notre discipline ?

Voici une bonne question, à laquelle, je ne peux qu’élaborer des théories (en tout cas, à mon niveau).

Le « Ten Chi Jin » (programme technique officiel de Soke Masaaki Hatsumi) quand on le regarde, ne comporte que des techniques à mains nues. C’est ce programme, qui fait référence pour l’apprentissage des bases du Bujinkan jusqu’au 1° Dan. D’où, je suppose le nom de Taijutsu ?!

Bien qu’il est courant d’étudier les différentes armes, dès le début de notre pratique et avant de maîtriser les bases du Ten Chi Jin correctement. Il ne faut pas perdre de vue, que les armes se travaillent avec les mêmes principes que le Taijutsu. Il est donc important de les connaître pour pouvoir pratiquer correctement avec. Il faut noter, malgré tout, que chaque arme à sa propre spécificité lorsqu’on l’utilise (distance, postures,…).

Mais pourquoi, n’y a-t-il pas d’enseignement avec les armes dans le programme officiel de Soke ? Peut-être que dans son esprit, les armes ne sont qu’un outil servant à améliorer notre Taijutsu ou bien il estime, que c’est un travail qui doit venir plus tard, une fois les bases suffisamment acquises ?

Voilà, une courte réflexion et quelques questionnements, qui me semblent intéressants…
Peut-être que quelqu’un sera en mesure de nous donner des réponses ?!

Cédric VARESANO
Shidoshi-hô du Bujinkan Budô Taijutsu


1 commentaire

Qu’apporte le Bujinkan ?

C’est une question, que j’avoue m’être posé que de façon succincte. Sans vraiment cherché de réponse précise à cette question, depuis les quelques années que je pratique. Je me suis, simplement, laissé porter par le bien être que je pouvais ressentir.

Au mois d’octobre l’année dernière, c’est une question qui m’a été posé lors d’une interview radio et rebelotte la semaine dernière par une journaliste du Dauphiné Libéré.

C’est suite à cela, que j’ai décidé d’y réfléchir sérieusement et c’est le pourquoi de cet article.

Je pense, que le Bujinkan Budô Taijutsu, apporte des choses différentes d’une personne à l’autre.
Selon la façon de pratiquer, la régularité des entraînements, la propre sensibilité du pratiquant et les raisons qui l’on emmener vers la discipline.

C’est pourquoi j’essayerai de faire le tour de la question d’une façon global.

Nous pratiquons un art martial, qui n’a pas dégénéré en sports de combats (comme le Karaté ou le Judo), grâce à l’absence de compétition. Ce qui à pour conséquence, un entraînement physique peu poussé. Il s’agit principalement d’entretien physique et rarement de véritable renforcement musculaire.

Toutefois, les quelques abdos, pompes, gainages et autres joyeusetés physiques que nous effectuons, suffisent à nous sentir bien physiquement. Lors des cours, nous avons aussi quelques étirements/assouplissements, qui nous aident à garder le minimum de souplesse dont le corps a besoin. Le but rechercher par l’entretien physique est le bien être !

Dans l’entraînement technique, nous interagissons avec uke, en recherchant la meilleure manière de nous mouvoir. Nous avons parfois mal (par exemple sur les clés/torsions, les frappes sur certains kyusho). Nous recherchons, parfois, à créer une désorientation (sensorielle, psychologique).

On peut alors dire, que le Bujinkan nous apporte, une meilleure compréhension et gestion de l’espace, une maîtrise du geste, un apprentissage de la douleur et un dépassement de ses limites physiques et psychologiques.

Au fur et mesures des années de pratique, on voit que certains mouvements (dans un sens général), certains principes que nous étudions, peuvent s’effectuer dans certains cas plus réel. Cette réalité, c’est notamment la self-defense.

Se serait mentir, si l’on disait qu’un débutant, pourrait transposer la totalité de ce que nous apprenons sur la self-defense. Mais les principes de bases, qui sont d’aller au plus simple, là où ça fait mal (yeux, testicules, rotules,…) et de s’enfuir avant que l’agression s’envenime d’avantage. Resteront les mêmes, quelque soit la discipline que l’on adoptera dans l’objectif de travailler l’acquisition de réflexes pour la self-defense. Ce qui se rapporte à notre discipline et qui sera long à venir, concerne principalement les déplacements et la gestion de la distance.

Personnellement, pour avoir testé cette année en cours. Le travail le plus intéressant en self-defense, et d’avoir des attaques variés provenant de différentes disciplines (ou d’instinct) et à vitesse proche du réel (ce qui se rapproche le plus possible de la réalité). Mais j’y trouve sans intérêt, tant qu’un niveau minimum n’est pas atteint dans le Bujinkan. Par contre, il est possible de travailler les bases que j’ai cités dans le paragraphe au-dessus. Il existe d’autres principes de bases en self, qui tiennent plus de la prévention, et que je laisse volontairement de coté sur cet article (en self-defense, la plus grosse partie passe par la prévention).

On trouve aussi des choses qui peuvent servir dans la vie de tous les jours. Comme par exemple, les ukemi (roulades/brises-chutes). L’hiver dernier, un élève est venu me voir et m’a dit : « je ne pensais pas que ça pourrait servir un jour. Mais j’ai glissé ce matin sur une plaque de verglas, et j’ai eu le réflexe de faire une roulade comme on les a apprise. Ça m’a éviter de me faire mal. »

Quand on pousse un peu plus loin dans l’apprentissage de la discipline, on voit que chaque année, Soke Masaaki Hatsumi, lance des sujets/thèmes un peu plus spirituel/philosophique.

J’entends par là que Soke, cherche peut être à nous enseigner une façon de voir les choses ou de les vivres, à travers ce qu’il peux dire (ou écrire dans ses livres). Pour nous aider à améliorer notre pratique du Bujinkan et notre humanité. Il nous laisse lire entre les lignes, chacun de notre coté (ou parfois avec quelques précisions, donné aux Shihan qui ont pour rôles de relayer l’infos aux autres pratiquants, qui n’ont pu avoir la chance d’aller s’entraîner au Japon).

Par exemple, il y a quelques temps, on a beaucoup parlé du « Kokoro » (qui se traduit par « cœur ») et de tous ce qu’il y a autour (les autres définition pouvant être donner à ce mot, les différentes interprétations,…).
Avec ma sensibilité personnel, je pense qu’il a voulu (entre autre) lancer un appel, pour que les pratiquants pensent (et pratiquent) d’avantage avec le cœur, plutôt qu’avec la tête ou le portefeuille (malheureusement ça existe). Que nous ayons un esprit ouvert avec les autres et recherchions une certaine compréhension. C’est aussi, peut-être un appel à la paix et à l’honnêteté entre pratiquants, mais aussi envers lui (et les enseignements qu’ils nous donnent).

Il est possible que je sois dans le faux, concernant cette interprétation ?!
C’est pourquoi votre interprétation m’intéresse également sur ce sujet, si elle est différente.

Voilà, je crois avoir fait le tour général et expliquez les différentes façettes du Bujinkan Budô Taijutsu.

Cédric VARESANO
Shidoshi-hô du Bujinkan Budô Taijutsu


20 Commentaires

Le Bujinkan et le Ninjutsu

Lorsque l’on parle de « ninjutsu » on fait souvent le rapprochement avec les différents ensembles d’écoles issues du Takamatsuden que sont le Jinenkan, le Genbukan et le Bujinkan.

Nous parlerons plus précisément du Bujinkan, cela va de soit, mais les réflexions et les questionnement qui suivent sont valables pour les deux autres disciplines.

Il est vrai que le Bujinkan se compose de 9 écoles d’arts martiaux différentes, dont 3 de ninjutsu. Il s’agit des écoles « Togakure Ryu Ninpo », « Gyokushin Ryu Ninpo » et « Kumogakure Ryu Ninpo ».

Il faut savoir que la principale des 3 écoles qui a été enseigné, fût le « Togakure Ryu Ninpo ». Ce fût d’ailleurs le thème de l’année 2008.

Toutefois est-ce que les pratiquants du Bujinkan, pratique le ninjutsu ?

Pour se faire une vague idée d’une réponse, il faut d’abord replacer certaines réalités et certains contextes.

Hatsumi Masaaki Soke, lorsqu’on lui a posé la question,  a dit ne plus enseigner le ninjutsu depuis plus de 15 ans. Lorsqu’il a tenu ces propos, cela correspondait au changement de nomination du Bujinkan.

Notre discipline a évolué avec le temps. Elle c’est nommé « Bujinkan Ninpo Taijutsu » pour enfin aboutir vers 1995-1996 à l’actuel nom de « Bujinkan Budo Taijutsu ».

Ce qui est sûr c’est qu’à l’heure actuelle, nous sommes tous diplômé de « Bujinkan Budo Taijutsu » et pas d’autre chose sur nos diplômes délivrés au Japon par Masaaki Hatsumi Soke.

Aujourd’hui, quand on parle de l’école « Togakure Ryu », c’est surtout par rapport à des principes ou des déplacements applicables par transposition aux 8 autres écoles que nous apprenons. Peu de dojos pratiquent les techniques contenues dans cette école qui comprend aussi la grimpe et la dissimulation.

Nos plus anciens instructeurs, qui doivent être autour de 25 ans de pratique me semble-t-il (en France), ont aussi évolué et suivent les enseignements actuels de Maître Hatsumi et non les enseignements d’il y a presque 18 ans maintenant. C’est une certitude !

Il est connu aujourd’hui que le ninjutsu se compose au minimum de 18 apprentissages différents (et voir bien plus selon les écoles). Dans les clubs enseignants le Bujinkan, nous pouvons dire que nous étudions le plus souvent, un maximum de 6 des 18 apprentissages :

  • le tai jutsu (combat à mains nues),
  • le ken jutsu (escrime au sabre),
  • le bo jutsu (escrime au bâton),
  • le shuriken jutsu (lancer de lames),
  • le yari jutsu (escrime avec lances)
  • le naginata jutsu (escrime avec hallebarde).

Pouvons-nous dire qu’en apprenant qu’une si petite partie de ce qui compose le ninjutsu, nous le pratiquons réellement ?

Le fait d’appeler notre discipline, « ninjutsu » ou encore « ninjutsu du Bujinkan » n’est-il pas réducteur, puisqu’il s’agit seulement de 3 écoles sur les 9 qui la compose ?

Au sein de la Fédération Française du Sport Travailliste (FFST), les dojos du Bujinkan ce sont regroupé sous la nomination « ninjutsu » depuis 2012. Mais ne devrait-ils pas être regroupés plutôt sous le nom réel de la discipline, le « Bujinkan Budo Taijutsu » ?

L’appellation « ninjutsu » n’est-elle pas employé à toutes les sauces aujourd’hui ? Est-ce simplement une dérive à but commercial ? Cela ne porte-t-il pas un discrédit sur le Bujinkan ?

Beaucoup pratiquent sans se poser de question, et disent pratiquer le « ninjutsu », parcequ’il en a toujours était ainsi, depuis qu’ils sont arrivés dans la discipline et qu’ils l’ont toujours entendu. Pourquoi pas, j’ai été de ceux-ci jusqu’à maintenant.

Hors passionné par le « Bujinkan Budo Taijutsu », j’essaye maintenant d’aller plus loin que le seul apprentissage technique. Il en découle quelques questions légitimes, en observant ce qui se passe autour de notre discipline et de son passé.

Je sais que ce texte risque d’être un pavé dans la marre pour certains, mais je crois qu’il serait bien, d’être honnête envers nous même, concernant ce que nous pratiquons. Et de se poser les bonnes questions pour faire progresser le Bujinkan dans un sens positif.

Cédric VARESANO
Shidoshi-hô du Bujinkan Budô Taijutsu

——————————————————–
Rajout du 08  novembre 2014
——————————————————–

Voici une série de vidéos, d’interviews en provenance de l’Université de Mie au Japon.

Elles complètent la première vidéo du Professeur Yamada, posté lors du « rajout du 05 janvier 2014 ».

——————————————————–
Rajout du 05  janvier 2014
——————————————————–

Voici une vidéo, présentant une interview du Professeur Yamada. Directeur de recherche à l’Université de Mie au Japon.

Il explique notamment ce qu’est le Ninjutsu pour les Japonnais. Et à mon sens, il n’y a pas mieux placer pour en parler, que les Japonnais eux mêmes.

——————————————————–
Rajout du 15 octobre 2013
——————————————————–

Un peu de sémantique Japonnaise :

« Ninjutsu » est un terme apparu au 17 ème siècle, période d’Edo où les ninjas disparaissent. On parlait plutôt avant de shinobi no jutsu (même termes mais avec une lecture différente du kanji shinobi).

« Ninpô » est un terme également apparu à Edo et se rattache aux représentations du ninja dans le théâtre kabuki et les estampes de cette époque. J’ai demandé à Mr.Kawakami qui m’a dit avoir lu un document ancien où le terme « 忍法 »est écrit, mais il est peu probable que ça se lisait « ninpô » et le sens en serait alors également différent.

Guillaume Lemagnen (chercheur à l’université de Mie au Japon)