REFLEXION BUJINKAN

Les réflexions d'un Shidoshi-Hô

Le « bosho » (l’endurcissement)

7 Commentaires

Certains dans les dojos de Bujinkan ou même dans d’autres disciplines pratiquent l’endurcissement par divers moyens.

Mais la pratique du « bosho » (de l’endurcissement) doit être réfléchi et non faites n’importe comment.

C’est pourquoi, j’ai décidé de rédiger cet article aujourd’hui. Afin d’expliquer la différence entre l’endurcissement et l’entraînement physique (qui forment tout les deux l’endurcissement du corps). Les avantages d’une pratique bien pensé et les gros inconvénients d’une pratique excessive du « bosho ».

Bien sûr, cet article, n’a pas pour but d’être totalement exhaustif, mais juste d’expliquer mon point de vue personnel et pousser certains à la réflexion.

L’endurcissement

Le « bosho » est une pratique tentant de limiter l’effet de la douleur, en agissant sur le système nerveux. De vous pousser à éviter, d’avoir ces effets qui vous font bouger de façon réflexe, lorsqu’une douleur vous est infligé.

Mais c’est aussi la pratique, permettant le renforcement des mécanismes osseux. Par le biais d’un renforcement très particulier.

L’entraînement physique

C’est relativement simple, l’entraînement physique, est tout ce qui cherche à vous renforcer par le renforcement musculaire, la capacité respiratoire, etc…

Donc tout le reste !!!

Du « bosho » bien pensé

L’endurcissement nécessite d’être véritablement réfléchi. Ceci afin de ne pas avoir de conséquence physique ou nerveuse à long terme pour les pratiquants.

Il doit être effectué régulièrement et uniquement sur des espaces temps assez long. Ce délai s’étudie selon l’âge des pratiquants et de leurs capacités de récupération/reconstruction. Plus aucun hématome ne devrait être visible d’une séance à l’autre, ni aucune douleur ressentie.

Le but du « bosho », n’est pas d’inhibé totalement la douleur, mais seulement de pouvoir résister à celle-ci.

Le message transmis par le système nerveux doit donc rester intact, mais juste être différent au niveau de sa réponse.

Pour ce qui est de l’endurcissement osseux, il ne faut pas créer de micro-fissures (donc pas de choc), mais juste masser avec un objet dur les parties osseuses à durcir.

En général l’endurcissement, qu’il soit nerveux ou osseux, devrait s’effectuer sur de petites séries avec peu de répétitions (3×5 par exemple).

Le « bosho » passé

Autrefois, l’endurcissement était véritablement plus dur, que ce qui doit être pratiqué aujourd’hui.

Le but était d’aller purement et simplement au combat. L’espérance de vie était beaucoup plus courte qu’actuellement.

C’est pourquoi l’effet rechercher était l’inhibition total de la sensibilité nerveuse par l’altération des nerfs et la création de cales importantes créer par des fissures osseuses à répétitions (type makiwara au Karaté).

Les lésions étaient nombreuses et accepter par les pratiquants. Certains les acceptes encore aujourd’hui et je serais tenté de dire « malheureusement ».

La nécessité d’un tel entraînement n’est plus nécessaire dans notre vie quotidienne et moderne.

Le « bosho », à mon sens, doit toujours être d’actualité, mais sans créer de lésions irréversibles pour le corps des pratiquants.

Les avantages d’un « bosho » réfléchi

  • acceptation de la douleur
  • résistance psychologique
  • résistance de la posture face à la douleur
  • pas de troubles neurologiques ou osseux irréversibles

Les inconvénients d’un « bosho » excessif

  • inhibition totale du système nerveux (donc plus de message d’alerte à la douleur = risque de blessures graves)
  • création de micro-fissures osseuses et de cales (troubles articulaires en vieillissant)
  • hématomes quasi-permanent (jusqu’à des lésions irréversible du système circulatoire et/ou nerveux)
  • douleurs prolongées sur de longues périodes, voir quasi-permanente (jusqu’à lésion irréversible du système nerveux)
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Auteur : Cédric alias "le Grizzly"

Shidoshi-Hô (4° Dan) du Bujinkan, Instructeur du Bujinkan Dojo Chartreuse

7 réflexions sur “Le « bosho » (l’endurcissement)

  1. La méditation permet de renforcer le corps calleux (ou corpus callosum).
    Ce qui a comme effet d’être plus résistant à la douleur.
    D’autre part, cette même méditation permet d’observer notre vie et de ne pas s’identifier excessivement à la douleur/information et de se détacher d’elle.

    Je me permet de joindre cette étude parue en 2010:

    L’épaisseur du cerveau, rempart contre la douleur

    L’augmentation de l’épaisseur du cerveau peut réduire la sensibilité à la douleur selon les résultats d’une étude publiée dans un numéro spécial d’Emotion, la revue de l’American Psychological Association. Des chercheurs de l’Université de Montréal ont fait cette découverte en comparant l’épaisseur du cortex (substance grise) d’adeptes et de non-adeptes de la méditation Zen . Ils ont notamment établi que la pratique du Zen, discipline méditative plusieurs fois séculaire, peut renforcer la région centrale du cerveau (ou cingulum antérieur) qui régule la douleur.

    « La pratique assidue de la méditation Zen semble avoir un effet sur l’épaisseur de certaines régions du cortex et l’augmentation de l’épaisseur corticale aurait pour effet, selon toute vraisemblance, de diminuer la sensibilité à la douleur, explique l’auteur principal de cette étude, Joshua A. Grant, doctorant au Département de physiologie de l’Université de Montréal et à l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal. Nous avons découvert une relation entre l’épaisseur corticale et la sensibilité à la douleur; nos résultats corroborent ceux d’une étude antérieure sur le rôle de la méditation Zen dans la régulation de la douleur. »

    Dans le cadre de cette recherche, les scientifiques ont recruté 17 adeptes de la méditation et 18 non adeptes qui, en outre, n’avaient jamais pratiqué le yoga, ni souffert de douleur chronique ou de troubles neurologiques ou psychologiques. Joshua Grant et son équipe, sous la direction de Pierre Rainville de l’Université de Montréal et de l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal, ont mesuré la sensibilité à une douleur d’origine thermique causée par l’application d’une plaque chauffante sur les mollets des participants et ont ensuite pris des clichés d’imagerie par résonance magnétique structurelle de leur cerveau. Selon les résultats des examens d’IRM, les régions centrales du cerveau qui régulent les émotions et la douleur étaient significativement plus épaisses chez les adeptes de la méditation que chez les autres.

    Dans le même sens, la méditation permet de développer l’instinct /intuition est donc permet intuitivement de ne pas être  » au mauvais endroit , au mauvais moment « .
    Donc éviter les embrouilles et l’impossibilité de ne pas se battre.

  2. Un article et un échange très intéressant que je vais partager avec mes partenaires d’entraînement.

  3. Il me semble qu’il vaut mieux assouplir son corps et chercher la longévité active, plutôt que de rigidifier son esprit et son corps et cherchant à l’endurcir avec des exercises de frappes.
    Esquiver ou éviter une attaque est toujours préférable à la boquer ( surtout avec le corps ).

    • Je pense que c’est comme beaucoup de choses.
      C’est une histoire de juste milieu à trouver.
      L’excès est dangereux et ne rien faire, ne sert à rien.

      Savoir être souple est aussi important que de savoir être rigide.
      Il suffit de regarder le roseau (à la fois rigide et souple).

  4. Merci pour cette article. Je ne ne suis pas (encore ) pratiquant de Budo Tai Jutsu, mais je vous lis avec plaisir.

    Avez-vous des liens pour rechercher des informations complémentaires? La phrase  » masser avec un objet dur les parties osseuses à durcir » fait penser au Nak Muay qui roule un bambou sur ces tibias.

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