REFLEXION BUJINKAN

Les réflexions d'un Shidoshi-Hô

La tenue traditionnelle du Samouraï

5 Commentaires

Nous connaissons tous la tenue des samouraï, en tout cas de vue.

La veste, le hakama (keikogi et non pas kimono comme souvent dit à tord) et les ceintures (obi) sont encore fréquemment employés, mais sans que l’on sache forcement pourquoi. Certains doivent se dirent que c’est juste pour le coté traditionnel de leurs disciplines.

Le bandeau de tête a été rendu célèbre par le film « Karaté Kid » en 1984, mais savez-vous que historiquement, il avait son utilité ?

Mais pourtant, la tenue traditionnelle du samouraï n’était pas du au hasard !

Aujourd’hui, sans aucun doute, étant mal employé par le plus grand nombre des pratiquants d’arts martiaux Japonnais  (mal positionné, mal noué) . Ou encore, certains éléments étant relayés comme objets ne servant à rien ou totalement kitch.

Essayons de décrire cette tenue et ses effets sur le corps (avéré ou non).

La veste et le hakama (keikogi)

Cette tenue était porté autrefois par les samouraï et les Japonnais en général (d’une certaine classe sociale peut être).

Sa particularité de ne pas avoir de bouton, mais d’être relié par un cordon de tissu au niveau du centre des hanches. Permets d’en faire un vêtement aéré et d’être porté par n’importe qui, quelque soit sa morphologie.

En la serrant au maximum, l’aisance est modérée. On peux alors mieux travailler le ressentit et les sensations du corps (l’utilisation du corps dans sa globalité par exemple).

Les manches larges de la veste, comme le hakama, servent à dissimuler les mouvements des membres supérieurs et inférieurs (dans une certaine mesure).

La ceinture (obi)

Pour les Japonnais, la ceinture était très importante.

Elle servait à serrer la 4ème lombaire. L’effet de serrer cet endroit anatomique, avait pour principaux effets d’aider au mouvement de contraction, d’accroupissement et à consolider la concentration.

Sans parler que cela permet de redresser, en partie, l’axe du corps avec le maintien du bas de la colonne vertébrale.

Autre son effet anatomique, il vient appuyer sur un point d’acupuncture facilitant la circulation de l’énergie dans le corps.

Les socques en bois et les sandalles (geta et zori)

La grande particularité des geta et des zori, est la présence de l’attache en Y, appelée hanao.

Le hanao, sert à placé le centre de gravité sur la partie basse du premier métatarse (gros orteil). Ce qui avait pour effet de renforcer les hanches. Permettant ainsi, une respiration profonde et l’élargissement de la poitrine. Ce qui contribuait à tenir une posture imposante.

Les sous-vêtement (fundoshi)

Le fundoshi est une espèce de pagne attaché à la taille et passer entre les jambes.

Ce vêtement traditionnel serait en vérité bien plus qu’un simple sous-vêtement. Il posséderait la capacité à tenir naturellement l’axe du corps en stimulant le plancher pelvien.

Il viendrait renforcer le maintien de la colonne vertébrale, avec la ceinture (obi).

Le bandeau de tête (hachimaki)

La tête est composé de différents os. 23 compose la partie du crâne. Il semblerait que lorsque l’on est fatigué, l’espace entre ces os s’agrandit.

On pourrait retrouver une forte concentration en rectifiant cette élargissement. D’où l’utilité du hachimaki qui vient resserrer les os du crâne.

Les cordons pour retenir les manches (tasuki)

Le tasuki est considéré aujourd’hui, comme simple objet, servant à relever les manches du kimono et à les tenir.

Mais il était utilisé pour tirer les omoplates vers le haut afin de retirer la force des épaules et agrandir l’amplitude des mouvements.

Il permet l’ouverture de la poitrine afin d’avoir une respiration profonde et une attitude imposante.

Il existait sans doute d’autres éléments, dans le système d’habillement traditionnel des samouraï et de la population Japonaise.  Mais je me contenterai de ceux-ci, qui sont les plus connus de nos jours et dont certains restent largement utilisés.

Cédric VARESANO
Shidoshi-hô du Bujinkan Budô Taijutsu

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Auteur : Cédric alias "le Grizzly"

Shidoshi-Hô (4° Dan) du Bujinkan, Instructeur du Bujinkan Dojo Chartreuse

5 réflexions sur “La tenue traditionnelle du Samouraï

  1. Ne confondons pas le kimono ( qui signifie simplement : » vêtement  » , c’est à dire:  » ce que l’on porte  » ( gi mono ) ) et qui est en général une grande veste descendant jusqu’aux pieds avec des manches servant de poche, ( modèle + ou- identique pour les 2 sexes ) et le keikogi qui est un vétement d’entrainement ( de sport ) Keiko= entraînement, répétition, Gi = vétement, et qui comporte une veste et un pantalon .
    Au départ ce fut avec le Judo de Kano, que l’on découvrit les premiers keikogi, judogi, qui d’après ce que je me souviens, étaient des vestes de porteurs de palanquins, avec une sorte de short ( pantalon corsaire ) et parfois des chaussons de lutte des occidentaux.
    Ce keikogi n’était pas pratique pour le karate.
    Le 17 mai 1922,Funakoshi, invité au Kodokan,par Jigoro Kano,à faire une démonstration de son art ( ryu kyu kempo karate jutsu = technique chinoise de boxe des ryukyu ) avec Gima, passa la nuit à créer un modèle de karategi pour l’occasion ( le karate ( ou tode ) se pratiquant torse nu, sur les plages ensoleillées sous le climat tropical d’Okinawa ).
    Ce modèle , avec manches ajoutées ( et non  » chauve -souris » comme les Judogi ) est le même, teint en noir ,qu’utilisent les pratiquants au Bujinkan à l’heure actuelle.
    Nous sommes très loin du Shinobigi traditionnel.
    Quand au hakama, ce fut un pantalon réservé à la classe des Buke.
    Ainsi si l’on pouvait voir des marchands en kimono, jusqu’au début du vingtième siècle au Japon, seuls, les Samourai et les classes nobles pouvaient vêtir le hakama.
    Le Hakama était réservé aux hommes.
    Il fallut attendre les années 1930 voire 1940, pour voir la première femme vetue d’un hakama en Aikido.
    Pour les tenues religieuses, c’est une autre histoire..

    • Merci Bernard pour toutes ces précisions.

      Je connaissais la différence entre Keikogi et Kimono, mais pas le reste.

      Je ne savais pas vraiment à quoi pouvait ressembler le Kimono traditionnel et ne le voyais pas si long.

      D’ailleurs, pour moi, il s’agissait d’une tenue plus ou moins de cérémonie.

  2. très intéressant et instructif, il est à noter que la ceinture, la veste et le bandeau servaient aussi de garrot et de pansement compressif, ainsi que d’attelle dans les katsu (la science médicale des Samourais), très utile sur un champs de bataille, surtout quant on combat avec des lames et des projectiles.

  3. Bonjour,

    J’ai trouvé votre blog par hasard et je dois dire qu’il contient des articles intéressant. Cependant, Je ne sais pas si c’est fait exprès mais il semblerai votre article soit tiré de ce blog :

    http://www.budoshugyosha.com/tanren-grace-a-lhabillement-traditionnel/

    Bonne continuation dans votre pratique.

    Julien

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