REFLEXION BUJINKAN

Les réflexions d'un Shidoshi-Hô

Le Taijutsu

16 Commentaires

Ce mot de « Taijutsu », que vous évoque-t-il ?

Les techniques de combats à mains nues me direz-vous ?!
Et bien vous aurez raison !

Essayons de pousser un peu plus notre réflexion sur ce mot.

C’est donc un terme générique, qui désigne les techniques à mains nues. Il faut savoir, que les mots « Taijitsu » et « Tai-Jitsu » sont exactement la même chose. L’origine de cette différence, viens simplement d’un défaut de prononciation des caractères Japonais, lors de leurs diffusions dans le monde. Ces trois mots s’écrivent de la même façon (au Japon).

Donc dans d’autres disciplines que le Bujinkan Budô Taijutsu, si vous entendez ces mots, ne soyez pas perdu. Il s’agit des techniques de combats à mains nues. Qui à l’origine étaient rattachées à chaque Ryu-Hâ (école traditionnelle).

Ce défaut de prononciation, se retrouve dans d’autres mots, comme par exemples Jûjutsu, Jûjitsu, Jû-jitsu ou de Jiû-jitsu. Si vous entendez un de ces quatres mots, il s’agira du combat rapproché.

Le Taijutsu se composent de trois groupes de techniques :

  • Le Dakentaijutsu
  • Le Jutaijutsu
  • Le Taihenjutsu

Le « Dakentaijutsu » est l’ensemble des techniques, à bases de blocages et de coups frappés sur certaines localisations du corps humain. Ces localisations peuvent être osseuses (Koppōjutsu), musculaires (Koshijutsu) ou sur le circuit énergétique/nerveux (Kyushojutsu).

Le « Jutaijutsu », rassemble les techniques de projections, de contrôle, de clefs et de luxations.

Et enfin, le « Taihenjutsu » comprend tous ce qui concerne le corps en lui-même. C’est à dire les déplacements, les roulades et les brises chutes, les évasions, les postures, etc.

On remarque lorsque l’on décrit ces différents groupes, que le Dakentaijutsu se rapproche du Kenpô (combat pied-poing, ancêtre du Karaté). Le Jutaijutsu se rapproche du JûJutsu (combat rapproché, ancêtre du Judo) et que le Taihenjutsu concerne tous ce qui est en rapport étroit avec le pratiquant et son corps.

Mais alors pourquoi notre discipline, qui s’appelle « Bujinkan Budô Taijutsu », ne comporte-t-elle pas que du combat à mains nues ? Pourquoi ce nom de Taijutsu dans la nomination de notre discipline ?

Voici une bonne question, à laquelle, je ne peux qu’élaborer des théories (en tout cas, à mon niveau).

Le « Ten Chi Jin » (programme technique officiel de Soke Masaaki Hatsumi) quand on le regarde, ne comporte que des techniques à mains nues. C’est ce programme, qui fait référence pour l’apprentissage des bases du Bujinkan jusqu’au 1° Dan. D’où, je suppose le nom de Taijutsu ?!

Bien qu’il est courant d’étudier les différentes armes, dès le début de notre pratique et avant de maîtriser les bases du Ten Chi Jin correctement. Il ne faut pas perdre de vue, que les armes se travaillent avec les mêmes principes que le Taijutsu. Il est donc important de les connaître pour pouvoir pratiquer correctement avec. Il faut noter, malgré tout, que chaque arme à sa propre spécificité lorsqu’on l’utilise (distance, postures,…).

Mais pourquoi, n’y a-t-il pas d’enseignement avec les armes dans le programme officiel de Soke ? Peut-être que dans son esprit, les armes ne sont qu’un outil servant à améliorer notre Taijutsu ou bien il estime, que c’est un travail qui doit venir plus tard, une fois les bases suffisamment acquises ?

Voilà, une courte réflexion et quelques questionnements, qui me semblent intéressants…
Peut-être que quelqu’un sera en mesure de nous donner des réponses ?!

Cédric VARESANO
Shidoshi-hô du Bujinkan Budô Taijutsu

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Auteur : Cédric alias "le Grizzly"

Shidoshi-Hô (4° Dan) du Bujinkan, Instructeur du Bujinkan Dojo Chartreuse

16 réflexions sur “Le Taijutsu

  1. Bonjour,

    J’ai justement écrit un texte sur le Tai Jutsu ou plutôt l’apprentissage du Tai Jutsu en le comparant avec l’apprentissage du japonnais (ou d’UNE langue en général)

    Voici le lien facebook : https://www.facebook.com/notes/s%C3%A9bastien-baldric/le-langage-du-corps/135809676596498

    Je tiens à préciser que je ne suis pas Shodan et que j’ai encore beaucoup à apprendre.

  2. Soke a déjà dit que dans notre art martial, les armes ne sont que la prolongation du corps. À partir des kamae sans arme, on peut s’adapter à n’importe quelle arme. Il y a peut-être un peu de cette idée dans le tenchijin.

    • Merci Monsieur Bernard Grégoire. Donc ça rejoindrait l’hypothèse que les armes ne sont, quelque part, qu’un outil pour améliorer notre Taijutsu. Puisque les principes de pratique avec armes ou à mains nues, sont les mêmes, ça n’est pas illogique du tout.

  3. Je ne comprends pas pourquoi l’on parle de  » tenchijin  » comme  » programme officiel de Soke Hatsumi.
    C’est une invention parisienne.
    Ten chi jin, est traditionnellement au Japon,une des nombreuses façons de nommer les chapitres d’un livre.
    Ici, il s’agit de faire mention des ryaku no maki du Togakure ryu.
    Le livre de soke intitulé  » Togakure ryu ninpo taijutsu  » a pour sous-titre  » ten chi jin ryaku no maki ».
    C’est à dire en français « technique de corps à la façon ninja, de l’école Togakure, d’après les rouleaux ( makimono ) 1, 2 et 3 ».
    En 1990 Sveneric a fait un programme technique via les descriptions de ce livre.
    La même année, j’ai fait aussi un programme technique sur les mêmes bases mais avec des conditions physiques exigées.
    Si l’on regarde de plus près ce livre, on trouve des kihon happo du Gyokko ryu, des gyakugi du takagi yoshin ryu et quelques techniques de kumi uchi du kukishinden ryu.
    Donc pas de Ninpô taijutsu ni de Togakure ryu..
    Dans les années 2000, on commence à entendre parler d’un programme à vendre sur le net (video comprise) issu d’un dojo de Vincennes, appelé humblement « Bujinkan France »…
    Hatsumi Sensei a toujours dit qu’il ne peut pas y avoir de programme officiel, pour des raisons de différences culturelles évidentes, propres à chaque pays. .
    Maintenant, que Soke ait laissé faire un businessman, qui cherchait à se faire des clients dans le monde entier en vendant un programme technique  » officiel  » dans sa propre « organisation », c’est plus certain.
    Quand on voit les videos des dojo du Bujinkan dans le monde entier sur le net , on voit bien que les personnes n’ont pas tous le même programme officiel.
    Cela ne prouve pas qu’ils ne sont pas au Bujinkan, mais seulement qu’ils ne dépendent pas et ne sont donc pas clients, de l’organisation de Vincennes « Bujinkan France ».

  4. Ma réaction est viscérale car lorsqu’en 1990, Soke a créé un réglement pour le Bujinkan, il m’a demandé de le traduire en Français.
    2 ans après, il créé un second réglement et me demande aussi de la traduire en français pour les pays francophone.
    Durant des années, tous les shidoshi qui commandaient des cartes du Bujinkan, ont reçu des photocopies de ce réglement en français.
    Mais jamais aucun n’a reçu un avertissement, comme quoi il existait un programme unique et qu’il fallait aller l’acheter à Vincennes.
    Quand Soke fait quelque chose d’OFFICIEL , tous les Shidoshi sont au courant.

  5. Si je comprend bien, le Ten Chi Jin serais un peu l’équivalent de l’expression abécé (abécédaire) ?

    • Dans les livres japonais ( comme celui pré-cité : Togakure ryu ninpô taijutsu ) les photos sont  » numérotées par les hiragana de base ( A.I.OU.E .O .KA.KI.KU.KE.KO etc…).
      C’est comme cela que l’on cherche dans un dictionnaire japonais comme le célèbre  » Bugei ryu ha daijiden « .
      Il faut connaître l’ordre des hiragana.
      Sinon, certain livres anciens comme le gorin no shô, de Musashi, ont d’autres façons de nommer les chapitres.
      chi sui ka fu ku, ou « terre , eau, feu, air, ether ».
      Ce sont des ordres connus.
      A l’époque ou peu savait compter.

  6. Ouais ok.. l’époque où les gens ne savaient pas compter jusqu’à 10… 😛

    • Quoi qu’il en soit cela ne change rien au fait que dans les livres anciens les illustrations, et les chapitres sont énumérés de la sorte.
      Il suffit d’en ouvrir un pour le voir.

  7. Pour répondre à ta question sur les armes, dans The way of the Ninja écrit par Soke, page 180 il dit : One cannot use weapons if one is ignorant of Taijutsu. Cela confirme le commentaire de Bernard Grégoire, les armes ne sont qu’une extension du corps. Si l’on maîtrise son Taijutsu, l’utilisation d’une arme devient beaucoup plus facile.
    Page 36, Soke donne une définition assez précise du Ninpô Taijutsu (je ne parle pas du Budo Taijutsu, est-ce que Soke fait bien la distinction entre ces deux appellations ? Pour moi, je serais tenté de dire oui). Je ne reprend pas l’ensemble du texte, mais on pourrait résumer le Taijutsu comme l’art du déplacement ou mieux comme cela est écrit dans les vidéos de Masaaki Hatsumi, the art of distance.

    Cordialement

  8. Soke à aussi dit :

    Pour apprendre les armes il faut apprendre le taijutsu et pour apprendre le taijutsu il vous faut pratiquer les armes. 😉

  9. Les 2 sont liés. En aikido yoseikan ils pratique un kata de sabre qui montre le lien entre les gyaku et les technique de sabre.
    voici le lien: http://www.youtube.com/watch?v=37J_CsalksI

  10. 26 octobre 2013 à 5 h 09 min

    J’ai retiré mon texte de facebook. J’ai donc créer un blog sur l’analogie entre le tai jutsu et le langage: http://lecoinduyamabushi.wordpress.com

    pour ceux que cela pourrais intéresser!

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