REFLEXION BUJINKAN

Les réflexions d'un Shidoshi-Hô

Qu’apporte le Bujinkan ?

1 commentaire

C’est une question, que j’avoue m’être posé que de façon succincte. Sans vraiment cherché de réponse précise à cette question, depuis les quelques années que je pratique. Je me suis, simplement, laissé porter par le bien être que je pouvais ressentir.

Au mois d’octobre l’année dernière, c’est une question qui m’a été posé lors d’une interview radio et rebelotte la semaine dernière par une journaliste du Dauphiné Libéré.

C’est suite à cela, que j’ai décidé d’y réfléchir sérieusement et c’est le pourquoi de cet article.

Je pense, que le Bujinkan Budô Taijutsu, apporte des choses différentes d’une personne à l’autre.
Selon la façon de pratiquer, la régularité des entraînements, la propre sensibilité du pratiquant et les raisons qui l’on emmener vers la discipline.

C’est pourquoi j’essayerai de faire le tour de la question d’une façon global.

Nous pratiquons un art martial, qui n’a pas dégénéré en sports de combats (comme le Karaté ou le Judo), grâce à l’absence de compétition. Ce qui à pour conséquence, un entraînement physique peu poussé. Il s’agit principalement d’entretien physique et rarement de véritable renforcement musculaire.

Toutefois, les quelques abdos, pompes, gainages et autres joyeusetés physiques que nous effectuons, suffisent à nous sentir bien physiquement. Lors des cours, nous avons aussi quelques étirements/assouplissements, qui nous aident à garder le minimum de souplesse dont le corps a besoin. Le but rechercher par l’entretien physique est le bien être !

Dans l’entraînement technique, nous interagissons avec uke, en recherchant la meilleure manière de nous mouvoir. Nous avons parfois mal (par exemple sur les clés/torsions, les frappes sur certains kyusho). Nous recherchons, parfois, à créer une désorientation (sensorielle, psychologique).

On peut alors dire, que le Bujinkan nous apporte, une meilleure compréhension et gestion de l’espace, une maîtrise du geste, un apprentissage de la douleur et un dépassement de ses limites physiques et psychologiques.

Au fur et mesures des années de pratique, on voit que certains mouvements (dans un sens général), certains principes que nous étudions, peuvent s’effectuer dans certains cas plus réel. Cette réalité, c’est notamment la self-defense.

Se serait mentir, si l’on disait qu’un débutant, pourrait transposer la totalité de ce que nous apprenons sur la self-defense. Mais les principes de bases, qui sont d’aller au plus simple, là où ça fait mal (yeux, testicules, rotules,…) et de s’enfuir avant que l’agression s’envenime d’avantage. Resteront les mêmes, quelque soit la discipline que l’on adoptera dans l’objectif de travailler l’acquisition de réflexes pour la self-defense. Ce qui se rapporte à notre discipline et qui sera long à venir, concerne principalement les déplacements et la gestion de la distance.

Personnellement, pour avoir testé cette année en cours. Le travail le plus intéressant en self-defense, et d’avoir des attaques variés provenant de différentes disciplines (ou d’instinct) et à vitesse proche du réel (ce qui se rapproche le plus possible de la réalité). Mais j’y trouve sans intérêt, tant qu’un niveau minimum n’est pas atteint dans le Bujinkan. Par contre, il est possible de travailler les bases que j’ai cités dans le paragraphe au-dessus. Il existe d’autres principes de bases en self, qui tiennent plus de la prévention, et que je laisse volontairement de coté sur cet article (en self-defense, la plus grosse partie passe par la prévention).

On trouve aussi des choses qui peuvent servir dans la vie de tous les jours. Comme par exemple, les ukemi (roulades/brises-chutes). L’hiver dernier, un élève est venu me voir et m’a dit : « je ne pensais pas que ça pourrait servir un jour. Mais j’ai glissé ce matin sur une plaque de verglas, et j’ai eu le réflexe de faire une roulade comme on les a apprise. Ça m’a éviter de me faire mal. »

Quand on pousse un peu plus loin dans l’apprentissage de la discipline, on voit que chaque année, Soke Masaaki Hatsumi, lance des sujets/thèmes un peu plus spirituel/philosophique.

J’entends par là que Soke, cherche peut être à nous enseigner une façon de voir les choses ou de les vivres, à travers ce qu’il peux dire (ou écrire dans ses livres). Pour nous aider à améliorer notre pratique du Bujinkan et notre humanité. Il nous laisse lire entre les lignes, chacun de notre coté (ou parfois avec quelques précisions, donné aux Shihan qui ont pour rôles de relayer l’infos aux autres pratiquants, qui n’ont pu avoir la chance d’aller s’entraîner au Japon).

Par exemple, il y a quelques temps, on a beaucoup parlé du « Kokoro » (qui se traduit par « cœur ») et de tous ce qu’il y a autour (les autres définition pouvant être donner à ce mot, les différentes interprétations,…).
Avec ma sensibilité personnel, je pense qu’il a voulu (entre autre) lancer un appel, pour que les pratiquants pensent (et pratiquent) d’avantage avec le cœur, plutôt qu’avec la tête ou le portefeuille (malheureusement ça existe). Que nous ayons un esprit ouvert avec les autres et recherchions une certaine compréhension. C’est aussi, peut-être un appel à la paix et à l’honnêteté entre pratiquants, mais aussi envers lui (et les enseignements qu’ils nous donnent).

Il est possible que je sois dans le faux, concernant cette interprétation ?!
C’est pourquoi votre interprétation m’intéresse également sur ce sujet, si elle est différente.

Voilà, je crois avoir fait le tour général et expliquez les différentes façettes du Bujinkan Budô Taijutsu.

Cédric VARESANO
Shidoshi-hô du Bujinkan Budô Taijutsu

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Auteur : Cédric alias "le Grizzly"

Shidoshi-Hô (4° Dan) du Bujinkan, Instructeur du Bujinkan Dojo Chartreuse

Une réflexion sur “Qu’apporte le Bujinkan ?

  1. Bonjour Cédric,

    A ta question je répondrai d’abord par le fait que derrière le Bujinkan se trouve un très grand Soke malgré les nombreuses critiques qui sont contre lui. Il suffit de lire certains de ses livres pour se rendre compte de sa grande érudition. Pour ceux qui l’ont rencontré s’est encore plus magique. Cela peut expliquer la grande popularité de cette organisation dans le monde.

    Ensuite, la richesse technique et historique des 9 écoles (3 ninjutsu et 6 jujutsu) qui compose le Bujinkan m’a permit de démystifier certains mythes tenaces autour du Japon « médiéval » et surtout de mieux comprendre l’histoire de ce pays tellement attirant pour tous les passionnés d’arts martiaux. Mon professeur, très fidèle à l’enseignement primaire de Soke m’a beaucoup aidé dans cette recherche.

    En résumé, pour moi, cela reste un système complet et ouvert à la fois sur le plan technique et spirituel.
    Cordialement

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