REFLEXION BUJINKAN

Les réflexions d'un Shidoshi-Hô

Blessure et pratique

3 Commentaires

Dans le Bujinkan, l’adaptation est le maître mot. C’est pourquoi une blessure ne doit pas vous empêcher de vous entraîner.

Attention, je ne vous dis pas qu’il faut aller contre les prescriptions médicales qui demandent un arrêt total des d’activités physiques.

Je veux dire, seulement, qu’il y a différentes façons de s’entraîner. Il suffit d’en avoir conscience pour ne pas s’arrêter vraiment. Tout entraînement n’est pas nécessairement physique.

Dans le cas, où vous seriez blessé à un membre supérieur (épaule, bras,…), il est facile d’adapter les exercices en fonction de votre handicap passager (il s’agit même d’un travail très intéressant). Il ne faudra pas hésiter à demander à vos professeurs, comment adapté tel ou tel technique, si vous ne le voyez pas de vous même.

Bien sûr, il y aura des choses que vous ne pourrez pas faire, notamment ce qui nécessite particulièrement l’utilisation du membre malade, mais cela devrait être minime.

Dans le cas, où vous seriez atteint à un membre inférieur (hanche, genou,…), il sera moins facile de vous adapter, voir pas du tout selon la gravité de votre blessure.

Si vous pouvez utiliser votre membre, ménager le et adapté les techniques à ces fins. Mais très souvent il y aura une période (parfois assez longue) d’immobilisation qui vous empêchera de pratiquer physiquement.

C’est dans ces cas, où la pratique est totalement impossible, qu’il faut travailler, s’entraîner, d’une manière différente que l’entraînement physique que l’on connaît traditionnellement.

Je ne peux que vous encourager à continuer d’aller au cours le plus souvent possible. On apprend beaucoup par l’observation à ces moments là. Parfois bien plus que lorsque l’on pratique intensivement.

Il est bien aussi lorsque l’on est dans ce cas là, de travailler aussi les techniques, les déplacements et tous ce qui est fait lors des cours, mais en utilisant la visualisation (ou imagerie visuelle).

En même temps que les autres font les techniques, profitez en pour fermer les yeux et répéter les visualisations du geste, de la technique 5 ou 10 fois, selon votre capacité à le faire. Vous verrez que c’est un travail, pas toujours évidant, et même parfois tout aussi fatiguant que l’entraînement physique en fin de session. La visualisation demande énormément de concentration lorsqu’elle est bien faites.

Une bonne visualisation fait jouer les mêmes muscles, que la pratique physique via des micro contraction. Donc, votre corps imprimera aussi dans sa mémoire (même si c’est moins évident que lors d’une pratique physique). Et vous permettra également de mieux mémoriser dans votre tête.

Il est important pour bien travailler en visualisation de :

  • toujours faire une visualisation positive (réussite de la technique, du geste)
  • respecter les caractéristiques spatio-temporelles de vos mouvements
  • respecter le temps de mouvement réel du mouvement
  • essayer de combiner les différents modes de visualisation (1° personne, 3° personne, kinesthésique, tactile)
  • adapter le contexte de pratique (le strict respect de la représentation de l’espace de pratique)

D’ailleurs c’est une pratique qui n’est pas inintéressante en plus de vos entraînements physiques en temps normal afin de vous perfectionner.

L’imagerie mentale est aussi une pratique qui peux se faire à la maison, il sera juste plus difficile de prendre en compte le contexte de pratique. Elle peux se faire, par exemple en regardant une vidéo de la discipline (pour remplacer le cours à visualiser).

Si vous souhaitez aller plus loin dans l’imagerie mentale, le livre « Visualisation en sports de combats » d’Aymeric GUILLOT fait une bonne introduction à ce sujet.

Cédric VARESANO
Shidoshi-hô du Bujinkan Budô Taijutsu

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Auteur : Cédric alias "le Grizzly"

Shidoshi-Hô (4° Dan) du Bujinkan, Instructeur du Bujinkan Dojo Chartreuse

3 réflexions sur “Blessure et pratique

  1. Tres interessant !

  2. J’en connais quelque chose.
    Tout est adaptation et connaissance de sa blessure.
    Il faut connaitre ses limites et souvent adapter la posture à notre handicap.
    Et comme tu le dis l’entrainement peut alors continuer.

    Stéphane

  3. 🙂 En résumé, shikin haramitsu daikmyo, bufu ikkan, et toujours musha shugyo.
    Ça me rappelle quelqu’un (moi), blessé à l’entraînement (à l’épaule sur projection) (déchirure musculaire), ça ne m’a pas empêché de montrer une technique de bo contre 4 attaquants devant Hatsumi sensei. J’ai pu constater qu’on pouvait s’adapter malgré tout, et en effet il y a d’autres moyens pour progresser en attendant la guérison, si on ne peut pas s’entraîner physiquement.
    L’imagerie mentale est effectivement importante, Hatsumi sensei et les dai-shihan en parlent parfois.

    A plus! 🙂

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