REFLEXION BUJINKAN

Les réflexions d'un Shidoshi-Hô

Le Bujinkan et le Ninjutsu

20 Commentaires

Lorsque l’on parle de « ninjutsu » on fait souvent le rapprochement avec les différents ensembles d’écoles issues du Takamatsuden que sont le Jinenkan, le Genbukan et le Bujinkan.

Nous parlerons plus précisément du Bujinkan, cela va de soit, mais les réflexions et les questionnement qui suivent sont valables pour les deux autres disciplines.

Il est vrai que le Bujinkan se compose de 9 écoles d’arts martiaux différentes, dont 3 de ninjutsu. Il s’agit des écoles « Togakure Ryu Ninpo », « Gyokushin Ryu Ninpo » et « Kumogakure Ryu Ninpo ».

Il faut savoir que la principale des 3 écoles qui a été enseigné, fût le « Togakure Ryu Ninpo ». Ce fût d’ailleurs le thème de l’année 2008.

Toutefois est-ce que les pratiquants du Bujinkan, pratique le ninjutsu ?

Pour se faire une vague idée d’une réponse, il faut d’abord replacer certaines réalités et certains contextes.

Hatsumi Masaaki Soke, lorsqu’on lui a posé la question,  a dit ne plus enseigner le ninjutsu depuis plus de 15 ans. Lorsqu’il a tenu ces propos, cela correspondait au changement de nomination du Bujinkan.

Notre discipline a évolué avec le temps. Elle c’est nommé « Bujinkan Ninpo Taijutsu » pour enfin aboutir vers 1995-1996 à l’actuel nom de « Bujinkan Budo Taijutsu ».

Ce qui est sûr c’est qu’à l’heure actuelle, nous sommes tous diplômé de « Bujinkan Budo Taijutsu » et pas d’autre chose sur nos diplômes délivrés au Japon par Masaaki Hatsumi Soke.

Aujourd’hui, quand on parle de l’école « Togakure Ryu », c’est surtout par rapport à des principes ou des déplacements applicables par transposition aux 8 autres écoles que nous apprenons. Peu de dojos pratiquent les techniques contenues dans cette école qui comprend aussi la grimpe et la dissimulation.

Nos plus anciens instructeurs, qui doivent être autour de 25 ans de pratique me semble-t-il (en France), ont aussi évolué et suivent les enseignements actuels de Maître Hatsumi et non les enseignements d’il y a presque 18 ans maintenant. C’est une certitude !

Il est connu aujourd’hui que le ninjutsu se compose au minimum de 18 apprentissages différents (et voir bien plus selon les écoles). Dans les clubs enseignants le Bujinkan, nous pouvons dire que nous étudions le plus souvent, un maximum de 6 des 18 apprentissages :

  • le tai jutsu (combat à mains nues),
  • le ken jutsu (escrime au sabre),
  • le bo jutsu (escrime au bâton),
  • le shuriken jutsu (lancer de lames),
  • le yari jutsu (escrime avec lances)
  • le naginata jutsu (escrime avec hallebarde).

Pouvons-nous dire qu’en apprenant qu’une si petite partie de ce qui compose le ninjutsu, nous le pratiquons réellement ?

Le fait d’appeler notre discipline, « ninjutsu » ou encore « ninjutsu du Bujinkan » n’est-il pas réducteur, puisqu’il s’agit seulement de 3 écoles sur les 9 qui la compose ?

Au sein de la Fédération Française du Sport Travailliste (FFST), les dojos du Bujinkan ce sont regroupé sous la nomination « ninjutsu » depuis 2012. Mais ne devrait-ils pas être regroupés plutôt sous le nom réel de la discipline, le « Bujinkan Budo Taijutsu » ?

L’appellation « ninjutsu » n’est-elle pas employé à toutes les sauces aujourd’hui ? Est-ce simplement une dérive à but commercial ? Cela ne porte-t-il pas un discrédit sur le Bujinkan ?

Beaucoup pratiquent sans se poser de question, et disent pratiquer le « ninjutsu », parcequ’il en a toujours était ainsi, depuis qu’ils sont arrivés dans la discipline et qu’ils l’ont toujours entendu. Pourquoi pas, j’ai été de ceux-ci jusqu’à maintenant.

Hors passionné par le « Bujinkan Budo Taijutsu », j’essaye maintenant d’aller plus loin que le seul apprentissage technique. Il en découle quelques questions légitimes, en observant ce qui se passe autour de notre discipline et de son passé.

Je sais que ce texte risque d’être un pavé dans la marre pour certains, mais je crois qu’il serait bien, d’être honnête envers nous même, concernant ce que nous pratiquons. Et de se poser les bonnes questions pour faire progresser le Bujinkan dans un sens positif.

Cédric VARESANO
Shidoshi-hô du Bujinkan Budô Taijutsu

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Rajout du 08  novembre 2014
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Voici une série de vidéos, d’interviews en provenance de l’Université de Mie au Japon.

Elles complètent la première vidéo du Professeur Yamada, posté lors du « rajout du 05 janvier 2014 ».

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Rajout du 05  janvier 2014
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Voici une vidéo, présentant une interview du Professeur Yamada. Directeur de recherche à l’Université de Mie au Japon.

Il explique notamment ce qu’est le Ninjutsu pour les Japonnais. Et à mon sens, il n’y a pas mieux placer pour en parler, que les Japonnais eux mêmes.

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Rajout du 15 octobre 2013
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Un peu de sémantique Japonnaise :

« Ninjutsu » est un terme apparu au 17 ème siècle, période d’Edo où les ninjas disparaissent. On parlait plutôt avant de shinobi no jutsu (même termes mais avec une lecture différente du kanji shinobi).

« Ninpô » est un terme également apparu à Edo et se rattache aux représentations du ninja dans le théâtre kabuki et les estampes de cette époque. J’ai demandé à Mr.Kawakami qui m’a dit avoir lu un document ancien où le terme « 忍法 »est écrit, mais il est peu probable que ça se lisait « ninpô » et le sens en serait alors également différent.

Guillaume Lemagnen (chercheur à l’université de Mie au Japon)

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Auteur : Cédric alias "le Grizzly"

Shidoshi-Hô (4° Dan) du Bujinkan, Instructeur du Bujinkan Dojo Chartreuse

20 réflexions sur “Le Bujinkan et le Ninjutsu

  1. Tu as raison; je pense que beaucoup sont conscients de pratiquer du « budo taijutsu » ou même du « hatsumi ryu » (feeling d’écoles de samourais saupoudré de principes ninpo) on va dire que par convention traditionnelle la plupart gardent le nom « ninjutsu ».

    Ca m’étonnerait que cela soit dans un but mercantile car dans l’esprit des gens le ninja est plutôt enfantin, kitsch, voir ridicule de nos jours..

  2. Je ne suis justement pas si sûr que ce ne soit pas dans un but mercantile pour certains dojos (j’ai un exemple précis en tête, mais que je préfère ne pas développé ici).

    Je ne suis pas sûr, non plus, que ça fasse du bien à la discipline, que de vendre du rêve derrière une dénomination qui ne correspond pas réellement à ce que l’on pratique.

  3. Bah après avoir fait quelques entrainements les gens ont vite un apercu du travail d’un club; le nom ne fait pas le club (ni la discipline dailleurs); ce qui donne envie de rester c’est l’orientation des entrainements, les gens, la pédagogie..

  4. C’est une réfléxion que je trouve pertinente et sur laquelle je passe pas mal de temps en ce moment. Je suis ravis de voir que je ne suis pas le seul.

    J’ai, au final, plutôt tendance à me sentir évoluer dans le Bujinkan Budo Taijutsu que dans le Ninjutsu directement.

    Mais j’essaie de garder à l’esprit que, même si Hatsumi à fait prendre un tournan au Bujinkan, il fait toujours partie de cette grande entité qu’est le Ninjutsu.

  5. Quand on vend un produit qui n’est pas celui qui est affiché en vitrine, il y a légalement ( juridiquement )  » tromperie sur la marchandise « .
    Le Ninjutsu, dans son pays d’origine, est aujourd’hui du domaine de la recherche historique, académique et réservé à quelques chercheurs et groupes de reconstitution/expérimentation.
    Au dojo, j’enseigne le Budo taijutsu, car Soke Hatsumi m’a donné un 15ème dan de Budo Taijutsu.
    Mais en dehors, en Nature, nous expérimentons le matériel que nous forgeons d’après les textes anciens de la tradition ninja, et les techniques décrites dans les nombreux Densho de notre Centre d’Etudes et de Reconstitution du Ninjutsu.
    Je fais la part des choses.
    Le Ninjutsu n’est pas  » ridicule » comme je l’ai lu dans un commentaire ici.
    Ce sont les Occidentaux qui l’ont ridiculisés en confondant les manga, les jeux video et la réalité historique.

  6. Comme Masahige, je pense que le bien fondé d’une cause et la détermination des soldats est plus important que le nombre de combattant. Alors je suis persuadé, que nous allons redorer le blason du Ninjutsu en France, et retrouver une considération que nous méritons.

    Les commerçants/distributeurs de grades ont pourri l’image du Ninjutsu.

    Bien que spécialiste de l’histoire du Ninjutsu, Hatsumi Sensei reconnaît ne plus l’enseigner depuis plus de 15 ans. Pourquoi ceux qui se contentent d’aller faire des photos avec lui durant les rencontres (taikai) organisées pour son anniversaire (daikomyosai) continuent-ils à prétendre enseigner le Ninjutsu ?

    Une personne qui s’entraîne depuis 15 ans sous la direction de Soke n’a pratiquement jamais pratiqué le Ninjutsu.
    Je sais que nous sommes très peu à défendre ces vérités qui dérangent beaucoup les « Commerciaux Sensei » en France. Mais le nombre n’est pas important, puisque nous défendons la vérité.

    Soke a totalement changé son enseignement depuis 15 ans , pour s’en rendre compte, il faut bien sûr l’avoir connu avant. Je ne critique pas ce qu’il fait actuellement mais je respecte sa décision de ne plus essayer de transmettre des techniques de Ninjutsu à des personnes rigides et uniquement intéressés par l’argent.

    J’écris aujourd’hui même à Soke pour lui signifier que je respecte son enseignement; Non seulement les Bujinkan Sensei en France sont très souvent, seulement, diplômés d’une école de commerce (à l’image de leur gourou shiro kuma) et pas du tout diplômé pour enseigner une activité physique, mais en plus de cela ils continuent à parler de ninjutsu et de ninja sur leurs sites internet… Que penser de tout cela ?????

    Sur les derniers livres de Soke, il est bien décrit des densho et techniques du Yagu shingan ryu, du Kito ryu, du Ten shin shin’yo ryu, etc…des écoles qui n’appartiennent pas au Takamatsuden.
    L’épée chinoise non plus n’appartient pas au takamatsuden.
    Soke s’impose de plus en plus en tant que Reconstituteur et Chercheur en écoles anciennes d’arts martiaux ( comme Kuroda Sensei ou Kono Sensei , autres analystes du geste martial ).

    Le Ninjutsu, lui, est étudié, en ce moment même, par des chercheurs Universitaires, des Historiens et des descendants ou héritiers de famille Ninja à l’Université de Iga.
    Ce sont des personnes comme Kawakami Sensei, Ikeda Sensei, Kiyomoto Sensei et des conférenciers Chinois ( cette semaine ).

    Arrêtons de voir le Ninjutsu comme une technique d’arts martiaux;
    Sans parler que Hatsumi Soke précise dans  » Ninja Submission  » que le Ninjutsu n’est pas un budo :
     » Le but du Ninpô est de vivre pour survire.
    Survivre pour accomplir une mission ( espionnage ) .
    On ne peut y voir aucune technique, aucune forme, aucun style.
    On peut survivre uniquement parce que rien ne peut être vu.
    Vous devez être détaché du nom comme de la forme.
    Ne laissez aucune trace et comme l’eau, ne cessez jamais d’être en mouvement…..
    sans jamais avoir été un sport ni un budo ( art martial ), cette technique de « combat pour la survie  » a ressurgis des profondeurs de l’histoire. »

    Alors des programmes techniques de Ninjutsu, cela me fait rire..
    Du Ninjutsu enseigné en France dans des dojo en faisant des katas……rien n’est plus faux.

  7. Si tu dis que tu aimes Le Bujinkan ou le Bujinkan d’Hatsumi, tu devrais pas publier, un texte qui le dénigre…
    Tu dis seulement que 3 écoles, même s’il y en avais 9 sur 9, Hatsumi sensei aurai changé le nom, vu les tordu qu’il y avait à l’époque .. seul soke Hatsumi sait ou il nous mène.
    On fait du Budô Taijutsu à notre niveau, on le sait, mais au final on comprendra le « saupoudrage » ninpo… qui fait le ninpo taijutsu, alors faut mieux ça que mélanger du kungfu et du judo est appelé le dojo ninjutsu, eux sont les vrai charlatans.
    J’ai appelé mon dojo, ninjutsu bujinkan bretagne, je vise des certaines personnes mais je ne leurs ments pas. S’ils veulent espionner, faire des embuscade, etc… c’est pas maintenant…
    J’ai bien ton blog (à part cette page) bonne continuation 😉

    • A aucun moment je dénigre Hatsumi (en tout cas, je ne vois pas où ??).
      Par contre, ceux qui vendent du ninpô ou du ninjutsu, surrement !

      Je me pose la question (je pense justifier), si donner les noms de ninpô ou ninjutsu à tout va est judicieux. Alors que Soke lui même n’appelle plus la discipline comme ça et dit ne plus enseigner cette voie du ninpô au sein du Hombu Dojo.

      Si tu regarde bien, à l’époque l’enseignement en ninjutsu était plus important (grimpe, camouflage, fuite, armes enflammés…) et il ne s’agissait pas simplement de saupoudrage.

      Pratique tu encore, ne serais-ce que ceci au sein de ton dojo ? Sincèrement, je ne pense pas.
      Qui le fait encore en France dans le Bujinkan ? Cites moi des noms si tu en as, que j’aille suivre cet enseignement !

      Certes, aujourd’hui, nous avons donc un saupoudrage avec quelques principes, mais Soke a lui même changer le nom de la discipline en Bujinkan Budô Taijutsu, c’est qu’il estime que ça ne doit pas en être. Sinon on aurait gardé (peut-être, bien que j’en doute) l’appellation Bujinkan Ninpô Taijutsu et -surtout- l’enseignement qui y était associé à l’époque (si comme tu le dis, nous le pratiquons, malgré un simple changement de nomination, nous aurions toujours cet enseignement. Ce qui n’est pas le cas).

      Il faut savoir parfois se poser les véritables questions et voir les choses en face. Au lieu d’avancer à l’aveugle dans les pas de certaines personnes, qui ne sont pas forcement dans le vrai (à des fins commerciales, égocentriques, ou de dénis d’une époque révolue ?).

      Et justement, si tu regarde bien, je suis exactement ce que dit Soke concernant le Bujinkan Budô Taijutsu, contrairement à d’autres, qui veulent encore abusé d’une nomination qui n’existe plus et d’enseignement qu’ils n’ont jamais eus/donnés. Certes Soke a écrit des livres sur le ninpô et le ninjutsu, mais aucun pratiquant du Bujinkan ne suis les enseignements décrits dans ceux-ci à ma connaissance.

      J’estime, qu’une génération d’enseignants, n’a peut être pas su faire la part des choses lors de la transition de la discipline. C’est donc, peut être à nous, la nouvelle génération de le faire. Ceci reviens simplement à suivre vraiment ce qu’à pu dire Soke au sein de son dojo et n’a pas été respecté comme il se devrait. Il a dit que le Bujinkan Ninpô Taijutsu n’existait plus et nous pouvons constaté que l’enseignement du ninjutsu n’existe plus non plus.

      Je partage avec toi, le fait que seul Soke sait où il veux nous mener… mais encore faut-il l’écouter !!

      Ha Kenavo et merci pour l’intérêt que tu trouve, malgré tout, à mon blog (même si j’ai compris, que tu n’aimais pas cet article qui tranche dans le vif, un sujet tabou) 😉

      • Si on veut savoir où Soke nous mène , il suffit de lire nos menkyo ( diplômes ) du Bujinkan: il y est écrit  » Bujinkan budo taijutsu ».
        C’est pas trop compliqué.
        Comment expliquer à quelqu’un à qui on remet un grade de Budo taijutsu, que c’est en fait,  » autre chose  » qu’un grade de Budo taijutsu?

  8. Bonjour à tous,

    J’aimerai apporter ma contribution à ce petit débat commencé il y a bien longtemps sur d’autres sites et qui je pense n’aura jamais de fin. Cette problématique semble notamment très tenace en France. Si vous êtes curieux, jetez un oeil sur des sites de Shihan à l’étranger et vous verrez beaucoup ne parlent et n’enseignent que du Bujinkan Budo Taijutsu (l’enseignement de Soke est respecté à ce niveau). Certains ne parlent absolument pas de ninjutsu. Effectivement tous vos « diplômes » porte la mention Budo Taijutsu (je pense que la plupart des professeurs ont du faire traduire leur menkyo par des traducteurs, du moins je l’espère cela évite des surprises !!).

    Maintenant, la question est qu’est-ce que vraiment le Ninjutsu ?
    J’ai commencé le Budo Taijutsu en 95 et je me suis donc posé cette question tout comme vous à l’époque. Comment y répondre ?
    Toutes les sources historiques sont en japonais ou chinois ancien donc difficile d’accès pour nous autres étrangers et Soke a renoncé à enseigner le ninjutsu. Mais on a l’a chance actuellement d’avoir des auteurs et chercheurs indépendants qui nous offres certaines de ces sources restaient longtemps inaccessibles (Shoninki, ninpiden, ninjustsu no gokui, 100 poêmes ninja etc… et bientôt le Banshenshukai). Oubliez donc tous les livres des années 80 qui sont pour la plupart mauvais ou qui ne font que reprendre des traductions anglaises.
    Que nous disent ces textes. Aucun ne parle de techniques martiales. Tous abordent le thème de l’espionnage, déguisement, infiltration, camouflage, diététique, météo, codes secrets, outils, astrologie, magie etc…) , la liste est longue mais pas de commentaire sur le combat. Bien sur, les shinobi pratiquaient les arts martiaux mais à la lecture de ces textes, on comprend bien que cela n’étaient par leur principale préoccupation. Un shinobi n’était utile que vivant. Donc il devait rester invisible afin de remplir sa mission, ce n’est pas sont rôle de combattre, les samuraï faisaient cela très bien. Dans le dernier livre de Cummins « Iga and Koka Ninja Skills » Chikamatsu Shigenori était déjà un Bushi et un tacticien brillant avant d’être initié par un maître ninja de Koka et ce livre fait référence à l’enseignement qu’il a reçu : aucune mention de techniques de combat. Hiroo Hinoda (dernier ninja !!) n’a du sa survie qu’à ses capacités de dissimulation et n’ont pas à ses techniques de corps à corps. D’ailleurs l’école militaire de Nakano dont est issu Hinoda était bien focalisé sur le renseignement, l’infiltration et le sabotage.

    Les premières vidéos de Soke en noir et blanc montrent des techniques acrobatiques, aériennes et de camouflage. Les premiers occidentaux ont du avoir une petite connaissance de ce savoir (Doron Navon, Stephen Hayes et un certain français) mais pas la génération suivante. Connaissez vous des shihan qui vous font courir sur des murs (parcours), vous apprennent à vous camoufler ?
    J’en connais qu’un en France à ce jour qui à fait l’effort de vraiment s’intéresser à l’essence du ninjtusu. Mais son enseignement semble trop dur tant les critiques pleuvent sur lui.
    Le Shoten no jutsu est une des compétences primordiales du shinobi. Combien de temps y consacrez vous par semaine ?
    Et je ne parle même pas des autres techniques. Etudier le ninjutsu demande beaucoup trop de temps encore plus de le pratiquer et le vivre. On pourrait en débattre des heures j’aime ce sujet.
    Il suffit d’être honnête avec soit même (Kokoro !!), maintenant chacun est libre d’appeler sa discipline comme il le veut (démocratie) seule sa responsabilité est engagée.

    Cordialement à tous

    PS : Bon courage pour ton blog Cédric

    • Bonjour Thierry,

      Tu viens de poser un problème intéressant qui est complémentaire de notre sujet (et qui ne lui est pas étranger). Celui des critiques envers Hatsumi Masaaki.

      J’ai lu et entendu pas mal de critiques sur Soke et notre discipline en générale. Mais quand on creuse, on voit que le principal soucis viens… de l’utilisation abusive et massive des mots « ninjutsu » et « ninpô » par certains enseignants du Bujinkan.

      Les personnes qui critiquent Soke Hatsumi et le Bujinkan, le font en disant que nous ne pratiquons pas réellement du ninjutsu. Et que c’est pourquoi, le Bujinkan, n’apparait pas dans les émissions qui parlent de ninjutsu. Que Soke n’est pas pour les autorités Japonaise une référence sur le ninjutsu.

      Hors si l’on replace les choses, avec les éléments déjà précités dans mon article et les commentaires qui ont suivi celui-ci. On voit bien que beaucoup d’éléments (vrai et vérifiable), nous disent que nous ne pratiquons plus le ninjutsu, depuis déjà longtemps.

      Mais le fait que des enseignants du Bujinkan revendiquent encore faire du ninjutsu ou du ninpô taijutsu, portent ainsi atteinte à la discipline et plus encore, à Soke. Alors qu’il a lui même dit ne plus pratiquer/enseigner le ninjutsu et qu’il fallait appeler notre discipline « Bujinkan Budô Taijutsu ».

      Ce sont les principales critiques qui reviennent. Et elles ne semblent pas être la cause de Hatsumi Masaaki…

      Cordialement

      PS : merci, je vais essayer d’en faire quelque chose d’intéressant

    • Tout à fait, Cédric et Thierry, vous avez parfaitement cerné le sujet.
      Nos diplômes sont de Budo Taijutsu et non de Ninjutsu.
      Tout diplôme français de Ninjutsu serait donc un faux…
      Un prof d’espagnol ne peut et surtout de doit pas enseigner l’espagnol en prétendant que c’est de l’allemand ou du russe.
      Ce n’est quand -même pas trop dur à comprendre..
      J’ai un 9ème Dan de Bujinkan Ninpô Taijutsu, mais qui aujourd’hui a un tel diplôme en France?
      Tous mes dan de Ninpo Taijutsu, je les ai eu à la suite de séjours de plusieurs mois au Japon entre 90 et 96;
      Ensuite, l’enseignement a changé et les grades devinrent des grades de Budo Taijutsu.

  9. Débat intéressant. J’ai lu que le terme ninja (et ninjutsu??) est récent dans l’histoire du japon.
    Personnellement je n’ai jamais vu le ninjutsu comme des technique de corps à corps mais bien un art d’infiltration d’espionnage etc. Je fait parti de ceux qui pense que le terme ninja à été trop commercialisé. Le terme ninja semble plus être un outils commercial pour attiré les futur élève, car le plus dur pour un dojo est de se faire voir et d’attiré les élèves… Il y a tellement d’école dites « d’art martial » que pour le commun des mortel c’est du pareil au même. Mais aujourdhui… à l’époque de naruto et autre manga…. es ce bien sérieux d’utilisé le mot ninja??? Ici au Québec on utilise pas (du moins pas directement) le terme ninja ou ninjutsu. On parle de tai jutsu (synonyme de juu-jutsu). On précise que 3 école sur les 9 sont d’origine ninja. Mais une technique ninja est telle vraiment différente d’une autre?
    Un coup de poing reste un coup de poing et une épée reste dangereuse même manié par un débutant…
    Et comme dit mon prof: y’a pas 36 façons de plier un bras. Les clé se ressemble tous d’une école à l’Autre, d’un pays à l’autre. Seul L’enseignement change. Je suppose que quelques technique doivent être exclusive à chacune mais en général??? es ce bien diffèrent? Nul doute que les shinobi pratiquais plusieurs diciplines. Mais si un dojo n’enseigne que (jai bien dit QUE) les technique de corps à corps et maniement d’Arme traditionnel…. (je ne parlerai pas de shuriken qui est interdit au canada) je parlerais plus ici de budo que de ninjutsu. Similaire au école de ko budo.

    Je n’ai que 3 ans de pratique en art martial mais je n’ai pas oublier ma recherche… mon chemin parcouru (shotokan de l’enfance (blasé après un ans, je tournais en rond, yoseikan aikido de minoru sensei 1 an et finalement bujinkan qui étais plus complet et répondais à mes questionnement sur les failles de l’aikido). Pour un étudiant sérieux (ce que je pense être) c’est très difficile de faire le tri de toute ces école dites d' »art martial ». Et en France, vous etes beaucoup plus nombreux donc je supose que le terme ninja est rester pour attiré l’attention et attiré plus d’étudiant…. On va pas se mentir… l’argent reste le moteur du dojo. par d’argent pas de local, pas d’équipement… etc…. bien dommage mais faut vivre avec. J’ai la chance de pouvoir me pratiquer directement chez mon prof car il n’a pas beaucoup d’étudiant. Entrainement extérieur lorsqu’il fait beau ou au sous-sol (dans une petite pièce certe mais c’est intéressant comme environnement). Mais je préfère ca au MC dojo de type militaire…. On est traité comme des humains 😛

    • Bonjour à tous,

      Effectivement Sébastien, le terme ninja est très récent, de même que sa prononciation est plus près de Ninsha d’après Gengetsu Ito dans ses livres de 1917 et 1937. Le vrai nom serait plus Shinobi no Mono qui vient du verbe shinobu (l’idéogramme célèbre du nin). D’ou vient cette prononciation, je crois mais je peux me tromper que c’est la façon de lire le même idéogramme soit en chinois ou en japonais. Une personne maîtrisant le japonais pourrait me corriger sur cette lecture d’idéogramme.
      Maintenant il est vrai qu’il est difficile de donner un nom au pratiquant de Budo Taijutsu. Karaté –> Karatéka, judo –> judoka etc…
      Je dis simplement que je pratique le budo taijutsu.
      Le terme Budoka peut-il s’appliquer ? L’emploi de ce mot demande en engagement profond dans cette art. Soke faisait la route tout les week-end pour se former chez Takamatsu senseï. A l’époque durant trois ans, je partait deux week-end par mois pour rencontrer mon « senseï ». Plus tard, après plusieurs années, je retournai le voir sous forme de stages de plusieurs jours afin d’acquérir de nouvelles connaissances (ne jamais rester sur ses acquis, toujours chercher quelque chose de nouveau dans votre voie).
      Bien sûr, toutes les techniques se ressemblent, seule la philosophie de l’art change. C’est cela en général qui fait que vous restiez dans votre discipline.
      Enfin, comme partout ailleurs, dés qu’une fédération se monte, il y a business, donc commerce et mafia oblige (Karaté, Foot etc..)
      Vaste sujet
      Cordialement

  10. Un budoka serais le meilleur terme à mon avis. Quelqu’un qui étudie les art martial en japonais si je ne me trompe pas ou plutôt la voix de la guerre ou des armes…. bien entendu il n’y a pas que le bujinkan qui étudie ce vaste sujet. Il y a plusieurs autres école de budo. Personnellement je me vois comme un Budoka.

    A propos de NIN SHIA…. SHIA ET JA est le meme caractere…. avec « tenten » en fait c’est Ji + ya écrit JA mais il y a un petit i prononcé entre le j et le a.
    Donc shi + ya ou ji(shi tenten) + ya en hiragana devient, écrit dans notre langue shia ou ja….

    Souvent le tenten apparait en retirant le NO qui relie 2 mots pour former un seul mot si j’ai bien compris mes leçons de japonnais.

    Donc NIN no SHIA(individu en simili chinois) deviens NIN + SHI(tenten donc ji) + YA =NINJA
    Autres exemple: GYAKU NO TSUKI = GYAKUZUKI (TSU tenten = ZU)

    N.B. Touts les mots avec ya yu yo sont d’origine chinoise. Mais prononcé à la japonnaise…. résultat parfois bizarre. Ma professeure de japonnais étant d’origine chinoise me fait entendre les 2 versions et c’est très rigolo! 😛

    • En effet, l’écriture Japonaise vient de l’écriture Chinoise du 6ème Siècle( merci Son Altesse Shotoku Taishi );
      Je pense que l’on devrait dire humblement : » Bujinkan Budoka  » , comme l’on dit d’ailleurs  » Yoseikan Budoka  » ( pour l’Aikibudo de Mochizuki Sensei ).
      Bujinkan Budoka est infiniment plus approprié que  » ninja  » ou  » ninjutsuka  » dans le cadre du Bujinkan Budo Taijutsu « .
      Maintenant, en regardant nos diplômes, on pourrait tout aussi bien dire :  » Bujinkan Budo Taijutsuka  » et là, ce serait  » légal  » ( si un jour vous faites traduire votre diplôme ).

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